Littérature québécoise
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Les murmurantes; Découvrir la Mauricie en 6 novellas fantastiques

 

Le collectif de novellas LES MURMURANTES, paru aux éditions Les six brumes, vous entraînera dans l’atmosphère mystérieuse de la Mauricie et vous fera découvrir les lieux de la région sous leurs aspects les plus sombres et surréels.

Laissez-vous ensorceler par la plume envoûtante des Mauriciens :

LES HEURES INDOLENTES, Ariane Gélinas

Damiane, une adepte de l’exploration urbaine et rurale, s’intéresse au village fantôme de Clova. À son arrivée, elle rencontre un des rares habitants de l’endroit qui lui intime de partir et de revenir quelques mois plus tard puisque le village est fermé à cette période de l’année. Refusant de rebrousser chemin, elle décide obstinément de passer la nuit dans sa tente. N’ayant pas écouté la mise en garde, elle découvre peu à peu quel événement dramatique a poussé les gens à fuir le village et pourquoi, étrangement, 36 résidents n’ont pas quitté l’endroit…

Le contexte d’un village fantôme est assurément un terrain fertile pour la littérature fantastique et l’auteure l’exploite à merveille. L’écriture d’Ariane Gélinas a eu le pouvoir de stimuler mon imagination; j’ai été absorbée par les images sinistres qui se créaient et défilaient facilement dans ma tête. Le mystère entourant l’abandon a su créer en moi un sentiment trouble, tout au long de ma lecture.

LES CHUTES, Mathieu Croisetière

Mathieu se remémore des souvenirs troublants. À l’époque du cégep, il avait l’habitude de traîner dans les bars du coin avec ses amis, mais aussi au vieux couvent et au Parc des Chutes de Sainte-Ursule. Il nous raconte les étranges phénomènes qu’ils ont vécus à l’époque et qui les ont marqués à jamais.

Le fait que le narrateur nous décrit un endroit touristique comme les chutes, nous amenant jusque dans les détails de son histoire, fait en sorte que les événements sont bien ancrés dans le réel, les rendant davantage plausibles… et inquiétants. J’ai accroché à cette lecture en grande partie dû à sa narration efficace et entraînante.

LE CLUB DES 4 CONTRE LES DISCIPLES DE THÉO, Michel Châteauneuf

Dans les années 50, à l’époque où ils font leur cours classique au collège de Trois-Rivières, les jumeaux Jean et Réjean Saint-Jean se lient d’amitié avec Jaques, un garçon plus vieux qui, accompagné de sa copine du collège voisin, les entraîne dans les lieux secrets du bâtiment où ils sont confinés. Curieux de ce que leurs enseignants peuvent manigancer dans ces lieux reclus, ils les espionnent et découvrent que les activités secrètes des religieux sont tout autant étonnantes que choquantes…

J’ai été conquise par le style d’écriture de Michel Châteauneuf, par son vocabulaire riche et ses mots habilement choisis. Le contexte captivant, l’interdit, a su faire travailler mon imaginaire. J’ai adoré ma lecture, excepté la fin qui m’a rebutée; pour le sentiment d’inconfort, on peut dire que c’est réussi!

SILVESTRIS, Raphaëlle B. Adam

Lorsque sa grand-mère décède, Marie-Chloé hérite de la maison familiale, située à Saint-Adelphe. Sa mère étant décédée à sa naissance, son père a aussitôt quitté l’endroit, refusant d’y remettre les pieds. C’est donc en omettant d’aviser ses proches qu’elle se rend seule là-bas. Peu de temps après son arrivée, un nouveau-né disparaît. Lors de la battue organisée pour retrouver l’enfant, Marie-Chloé trouve que la petite communauté s’implique bien peu dans les recherches et manque d’empathie face à un événement aussi tragique… Troublée par les comportements étranges des habitants, elle décide de mener sa propre enquête afin d’élucider les mystères de son village natal.

J’ai lu d’une traite cette histoire intrigante qui surprend par sa finale étonnamment féérique. Deux mondes différents, mais combinés à la perfection. La plume de Raphaëlle B. Adam réussit habilement à transporter le lecteur dans son monde sombre, mystérieux et étrangement enchanteur à la fois.

TEMPS DOUBLE, François Martin

Au cœur des années 90, à La Tuque, un garçon de 10 ans reçoit une vieille montre en cadeau. Son grand-père, qui lui a offerte, lui demande de toujours la garder précieusement et lui explique qu’elle a un usage bien particulier qui peut régler ses problèmes… Simon découvre bien assez tôt qu’il y a un prix à payer, que le processus semble réveiller le mal.

J’ai aimé le contraste entre le début plus enfantin, où l’on croit davantage avoir affaire à l’imaginaire débordant d’un enfant et le côté plus glauque, où spectres menaçants et violence se côtoient.

LE SALOON DES DEUX CRÂNES, Frédérick Durand

Un couple visite de la famille à Saint-Tite, en plein cœur du Festival western. Lors d’une promenade en soirée, ils découvrent un mystérieux saloon où ils décident d’aller prendre un verre. L’univers des cowboys de l’Ouest semble plus que réel… et aussi sinon plus violent qu’un film western! Les deux concubins, chez qui la communication semble venir en option, voient soudainement leurs problèmes s’effacer, remplacés par une autre vie fantasmagorique. Le réveil sera brutal.

J’ai adoré l’idée du contexte du Festival western de Saint-Tite et comment l’auteur a su utiliser la culture western et l’irréalité du festival pour amener le lecteur dans un autre monde. On apprend beaucoup à connaître les personnages avant d’entrer dans le côté surréel de l’histoire, ce qui rend l’histoire très crédible : j’y ai cru!

Ces six novellas nous démontrent que l’imaginaire des Mauriciens, en plus d’être foisonnant, est très diversifié; si le style de chaque auteur.e entre dans le registre de la littérature fantastique, les histoires n’en demeurent pas moins singulières et surprenantes.

LES MURMURANTES, Les six brumes, collection frontière

Collectif sous la direction d’Ariane Gélinas avec la collaboration de Frédérick Durand

Avec des textes de :

Raphaëlle B. Adam, Michel Châteauneuf, Mathieu Croisetière, Frédérick Durand, Ariane Gélinas et François Martin

Illustré par Joanie Gélinas


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Kim se contente de peu mais de beaucoup de livres. Elle se passionne pour les mots; les laids autant que les beaux. La lecture est son activité favorite depuis qu’elle a lu Martine à la foire. Bien qu’elle aime diversifier ses lectures, elle a un penchant pour les romans québécois et les romans qui parlent de gens qui lisent des romans. Elle aime aussi les arts visuels, les visites au musée, le café, le chocolat, son gecko nommé Toytoy en l’honneur d’un panda et sa tortue nommée Vicky en l’honneur d’une Vicky. Grande anxieuse aimant relever des défis en surpassant la peur d’avoir peur, elle aspire à une vie sereine. En plus d’être collaboratrice chez Le fil rouge, elle travaille en tant qu’éducatrice spécialisée dans une garderie, animatrice dans un centre de loisirs et tutrice en alphabétisation au Y des femmes de Montréal. Entre ses engagements et ses lectures, on peut la croiser au gym, dans un cours de bodypump, focussant sur la position de ses genoux. On la décrit comme une fille rêveuse, empathique et créative.

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