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La répression politique au Québec : apprendre à y faire face

La Commission populaire sur la répression politique (CPRP) est un collectif militant autonome qui s’est donné comme mission de « documenter la répression politique exercée au Québec et de sensibiliser divers publics à la question ». Étouffer la dissidence : vingt-cinq ans de répression politique au Québec est un compte-rendu de leur projet. Le livre vient tout juste de paraître chez Lux.

L’ouvrage commence par expliquer la démarche populaire de la CPRP, puis fait un (très) bref survol de la répression politique au Québec depuis le début des années 1990. Ensuite suivent les chapitres sur les différentes formes de répression politique : la répression policière, la répression privée sur les campus, la répression judiciaire, la répression par les discours publics et le profilage politique.

Pourquoi parler d’un tel livre ici? C’est quand même pas mal loin de la littérature. Certes, mais est-ce loin des livres qui peuvent nous faire du bien? Pas pour moi. Laissez-moi vous raconter une tranche de vie pour mieux m’expliquer.

En 2012, j’étais étudiante en cinéma au Cégep de l’Outaouais. Les étudiantes et les étudiants du Cégep de l’Outaouais ont fait la grève presque quatre mois (voir les pages 58 et 70 du livre). Je me suis levée à 5 h 30 tous les jours (okay, moins un ou deux) pour aller à la ligne de piquetage et participer aux diverses activités et actions contestataires. Ce fut une incroyable période d’apprentissage dans ma vie. Mais surtout, c’est la grève qui m’a fait connaître la police et la répression. Je suis des privilégiées pour qui ma rencontre avec les forces de l’ordre n’a pas continué. Je suis aussi de celles dont l’ouvrage parle quand c’est écrit:
 « Pour plusieurs, la grève étudiante de 2012 a été l’occasion de prendre conscience de la répression politique et de son ampleur, en raison des milliers d’arrestations et de plusieurs blessures graves subies par les manifestantes et manifestants » (p. 8).

Ainsi, depuis ma participation à cette grève, je suis curieuse d’en apprendre davantage sur les mouvements sociaux au Québec et sur les mécanismes de répression de l’État. Comme les gens du CPRP, je crois que c’est important de comprendre un phénomène pour savoir comment le contrer, « pour mieux le dénoncer et y résister » (p. 11).

Que cela soit par la couverture médiatique qui reprend mot pour mot la version de la police, par la croissance de la militarisation du corps policier ou par la multiplication d’accusations criminelles faites aux manifestants et manifestantes, selon la CPRP, la répression politique provoque « un effet dissuasif (chilling effect) à participer à des manifestations » (p. 37). Ceci est très inquiétant. Mais, pour moi, le plus inquiétant est soulevé à la fin du livre, cette répression politique a aussi pour effet « la construction d’une opinion publique hostile à la contestation sociale » (p. 119); et ça, ça me semble difficile d’en sortir. Pourtant, ici au Fil rouge, nous savons qu’il reste des luttes féministes à mener et si l’opinion publique continue d’être hostile, n’est-ce pas un sérieux bâton dans les roues du changement social? Étouffer la dissidence soulève d’importantes questions sur notre futur collectif.

La CPRP a permis aux gens de raconter leurs propres expériences, de témoigner leur vécu. Étouffer la dissidence ne prétend pas pour autant représenter la totalité des situations existantes et peu paraître faire un état des lieux un peu trop simpliste pour plusieurs, moi incluse par moments. Reste que le livre fait un état de la question nécessaire : un très bon début de débroussaillage dans un format très facile d’accès.

Enfin, je tiens à noter que « par solidarité, la CPRP cède le revenu des ventes de cet ouvrage à des organisations militant contre la brutalité policière et pour la défense des droits ».


Le fil rouge tient à remercier Lux éditeur pour le service de presse.

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