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Montréal sur papier: la ville expliquée par 24 créateurs

Les Carnets de Montréal ajoutent une autre dimension à la ville. Je comparerais cela à une expérience de réalité augmentée, mais à la place de chercher des Pokémon à travers les rues, les parcs et les bâtiments, la lecture du livre nous permet plutôt « d’attraper » les trésors culturels et historiques de la métropole. On marche même côte à côte avec des créateurs montréalais pour découvrir leurs repères, leurs sources d’inspiration et leur regard sur la ville. Pas besoin de téléphone intelligent pour vivre l’expérience: un esprit curieux suffit.

J’ai assisté au lancement du livre, le 20 octobre dernier, qui avait lieu dans la magnifique verrière du pavillon Jean-Noël Desmarais du Musée des Beaux-Arts de Montréal. J’ai eu la chance d’y rencontrer l’éditrice, Julia Duchastel, des éditions du Passage, et l’auteure  Catherine Pont-Humbert. Cette dernière, d’origine française, est tombée amoureuse de Montréal lorsqu’elle est venue y étudier la littérature, dans les années 1980. Cette journaliste a, depuis sa première visite, entretenu un rapport étroit avec la métropole et ses artistes. « Je la connais bien, comme on connait une personne que l’on fréquente depuis 30 ans », m’a-t-elle confié. Pour la préparation de l’ouvrage, elle a demandé à 24 grands créateurs de lui faire visiter un de leurs lieux de prédilection et de lui expliquer la relation qu’ils ont avec la ville.

Redécouvrir les lieux connus

On retrouve donc dans le livre des photos et des cartes géographiques, mais aussi 24 textes qui se veulent 24 portraits différents de la métropole. La ville est racontée par ses auteurs, ses musiciens, ses comédiens, ses chorégraphes, ses photographes et ses architectes. Mon texte préféré est le tout premier: le Montréal de Dany Laferrière. N’est-il pas fascinant de découvrir que l’avenir de ce romancier s’est dessiné dans le square St-Louis, ce parc situé à quelques pas de son premier appartement? Que c’est sur l’un de ses bancs, le même où il s’est assis près de 40 ans plus tard avec Catherine Pont-Humbert, qu’il a décidé de devenir auteur? Que c’est aussi dans le square St-Louis que Laferrière s’est initié à la culture québécoise, notamment grâce aux femmes qu’il y a rencontrées? Les Montréalaises semblent d’ailleurs avoir beaucoup influencé la vie de l’auteur :

« Ainsi, les Montréalaises lui ont enlevé le goût de faire l’amour avant de parler. […] Il ne serait peut-être jamais devenu écrivain si on ne lui avait pas enseigné à différer son plaisir, à gouter cette attente qui devient une sorte de joie. Montréal et les femmes lui ont appris la notion du temps et le luxe suprême : prendre son temps. »

Le square me semble beaucoup moins triste depuis que j’ai appris tout cela.

Grâce à Carnets de Montréal, on découvre aussi autrement la piscine du parc Jarry avec la dramaturge Évelyne de la Chenelière, le Bagel Fairmount avec l’auteure Kim Thuy ou encore l’avenue de Gaspé avec la musicienne et chanteuse Ariane Moffat. Les discussions sur les lieux glissent vers des réflexions à propos des liens qui se tissent entre la ville et la langue, la mode, la religion ou même le corps.

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Le parc Lafontaine (photo tirée des Carnets de Montréal). Crédit: Alex Tran

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Fruiterie du Mile-End (photo tirée des Carnets de Montréal) . Crédit: Alex Tran

Montréal-Paris: allers-retours 

Dans le livre, Montréal est presque un personnage. On y décrit son physique, son histoire, on trace les traits de sa personnalité. Elle est souvent comparée à Paris :

« À Montréal, on est seul, mais du coup, on peut aussi échapper aux regards, tandis qu’à Paris, il y a toujours des regards et des miroirs. On est en représentation. Il y a une mise en scène du quotidien. À Montréal, on peut disparaitre et être anonyme, on peut s’absenter de l’autre et de soi-même. On peut juste être là, c’est une sensation agréable. »

D’ailleurs, le livre semble être d’abord pensé pour des lecteurs qui connaissent peu la métropole ou même le Québec, car on y retrouve quelques notes explicatives, rappelant ce que sont « les carrés rouges» ou les Îles-de-la-Madeleine. La prochaine fois que j’aurai un cadeau à faire à un ami étranger, je crois bien que j’y glisserai les Carnets de Montréal.

Mais je crois que le livre peut tout autant plaire à un « Montréalais de longue date », avec ses anecdotes qui ajoutent une perspective culturelle à la ville. On y apprend pourquoi le Bixi a été conçu en forme de boomerang (ou en forme d’île de Montréal, c’est selon) ou pourquoi les chaises de la place Roy (coin Roy et St-André) ne sont pas conçues pour s’assoir. La lecture de Carnets de Montréal m’a surtout permis de me faire une liste assez longue d’endroits à découvrir ou à redécouvrir avec une perspective nouvelle, celle de ses créateurs…

Le fil rouge tient à remercier Les éditions du passage et Dyllan Labonté de Alain Labonté Communications  pour le service de presse.


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