Littérature québécoise
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À travers la première parution de Dany Laferrière

Comment faire l’amour avec un Nègre sans se fatiguer est la première œuvre de l’écrivain québécois d’origine haïtienne nommé Dany Laferrière. Ce roman date de 1985, mais plus de trente ans plus tard ce roman est toujours actuel chez les lecteurs québécois, et même internationaux, qui l’ont comparé aux auteurs Charles Bukowski et Henry Miller.

« Bouba a certainement besoin de beaucoup de repos s’il arrive à confondre un Nègre avec Janette Bertrand (Moi, Tarzan… Toi, Jane). Ça fait si longtemps qu’on parle de mutation. L’affaire est donc plus avancée qu’on ne le croyait.» (Page 140)

L’écriture rafraichissante de Laferrière nous englobe tout au long du récit, jusqu’au point où sans même s’en apercevoir, le roman est terminé. Comment faire l’amour avec un Nègre sans se fatiguer, c’est 163 pages qui se lisent beaucoup trop rapidement; heureusement que l’auteur a une bonne banque d’œuvres littéraires à nous offrir à ce jour pour raviver le réconfort de ses mots.

Il y a plusieurs choses que j’aime du roman, mais plus particulièrement les 28 titres de chapitres non conventionnels et atypiques qui permettent un bref clin d’œil à l’ensemble du chapitre à venir et qui contrastent avec l’utilisation plus classique de chiffres romains pour la numération de ceux-ci. (Chapitre VI : Quand la planète sautera, l’explosion nous surprendra dans une discussion métaphysique sur l’origine du désir; Chapitre XXII : Le pénis nègre et la démoralisation de l’Occident)

« Bouba sort d’une cure de sommeil de soixante-douze heures et il s’informe de la santé de notre planète» (Page. 33)

Mais pourquoi ce titre?

Voir le titre du livre sans avoir lu ce qui se cache derrière la première de couverture peut porter à confusion, non ce n’est pas un guide pratique sur Comment faire l’amour avec un Nègre sans se fatiguer. C’est plutôt l’histoire de Bouba et de ‘’Vieux’’, le narrateur, habitant un petit appartement de la rue Saint-Denis. Bouba aime philosopher couché dans son divan entouré de l’œuvre de Freud et du coran, écoutant la musique de Charlie Parker déchiré la nuit. ‘’Vieux’’ rencontrera plusieurs ‘’Mizs’’ (ses conquêtes, comme il les appelle) comme Miz littérature, Miz Hachette, Miz mystic, entre les pauses de son écriture de roman. C’est l’histoire de la vie commune de bohème entre deux amis. Faudra lire le livre dans son entièreté pour bien comprendre d’où vient le titre étonnant.

Bien que le récit soit simple, les mots reflètent plus qu’une histoire fictionnelle d’un quotidien entre deux amis noirs. L’œuvre de Dany Laferrière est une satire et une dénonciation du racisme. Mais la réflexion est douce et nuancée, loin d’être choquante. Il est également intéressant de comparer sa première parution littéraire avec sa toute dernière, Tout ce qu’on ne te dira pas, Mongo. Le style de Dany Laferrière a certainement évolué au plus grand plaisir du public littéraire québécois, qui ne manque jamais une occasion de dévorer ses livres d’une traite, comme on dit. Laferrière mérite bien sa place à l’Académie française comme premier auteur haïtien et canadien/québécois, depuis 2013.

« 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10, je me lève, évite la douche et me lave vigoureusement le visage dans le lavabo. Le contact avec l’eau froide achève de me réveiller. » (Page 25)

Ce livre est un classique des classiques des œuvres québécoises, il a même été porté au grand écran en 1989 par le réalisateur Jacques W. Benoit. Toutefois, personnellement je trouve que le livre est bien meilleur que le film. C’est un livre qui a sa place dans un sac d’école pour les lectures lors des longues promenades de métro, sur une table de chevet près du lit avant de se coucher, tout comme accompagnant un bon café le matin.

Cliquez ici pour voir ce livre directement sur

sans titre

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« Je crois que s’il y a autant d’opinions que de têtes, il y a aussi autant de façons d’aimer qu’il y a de cœurs. » (Anna Karénine, Tolstoï) Je suis une optimiste de la vie, je crois que tout arrive pour une raison et que le meilleur est toujours à venir. Étudiante en écriture de scenario et création littéraire à l’Université de Montréal, les livres ont toujours fait partie de ma vie. Je suis une amoureuse de la nature, lire au sommet d’une montagne est un idéal pour moi, autant que relaxer dans mon bain un bouquin à la main. Mon programme d’étude m’encourage à me surpasser et me fixer des objectifs, comme celui d’écrire un roman avant mes 25 ans. Le cinéma est également une passion pour moi, me réjouissant sans cesse de films de la nouvelle vague française. Mes deux passions sont donc en parfaite symbiose pour une amoureuse de l’art comme moi.

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