Réflexions littéraires
Comment 1

375e de Montréal : Verdun, là où tout a commencé…

Dans le cadre du 375e de Montréal, notre collaboratrice Clara a eu la superbe idée de faire une série d’articles hommage à quelques quartiers de Montréal, vous pouvez lire l’article qui explique cette nouvelle série.

Je me suis portée volontaire pour parler de Verdun, pourquoi? Parce que bien avant le #verdunluv, j’y étais attachée. J’ai passé les 17 premières années de ma vie sur la deuxième avenue, près de Wellington. Un coin qui était, au milieu des années 90, discutable.

Avant les cafés troisième vague, la meilleure librairie (Librairie de Verdun!) et les restaurants innovateurs, Verdun c’était des locaux qui se louaient et se vidaient de saison en saison, c’était une période difficile, c’était la ville prise en exemple pour faire des blagues de pauvreté, c’est aussi la ville que j’ai déguisée en nommant à mes amis banlieusards que je rencontrais à mon camping : Montréal.

Je ne suis pourtant plus gênée de dire que j’ai été élevée à Verdun. Je suis Même fière.

Mes premiers souvenirs y sont, et aussi mon premier véritable amour, celui des livres.

Tout a commencé dans une bibliothèque un peu grise et terne dans une école primaire un peu défavorisée, le bibliothécaire, cet amoureux, ce passionné, ce farfelu, ce grand enfant m’a fait découvrir la beauté des mots, des histoires et de l’imaginaire. Il s’assoyait sur son petit bureau, éteignant les lumières, et nous lisions Bilbo le Hobbit avec tellement d’émotions et de fascination que l’on se sentait voyager l’espace de quelques minutes. C’était une immersion des plus puissante, belle et tendre qui m’a fait aimer les livres et surtout, aller à la bibliothèque. C’était mon lieu d’évasion et j’étais ce genre d’enfant qui sautait de joie quand le bibliothécaire disait Silence, on lit! J’aimais ces petits moments de calme où je pouvais me plonger dans des bandes dessinées, parce que c’était aussi son gaga, les BD.

Il les aimait et en organisait même un concours. Cet homme, qui dans mes souvenirs enfantins, avec une chevelure digne des plus grands physiciens, m’a donné et transmis l’amour des livres et ça, c’est loin d’être anodin et tout cela s’est passé bien doucement dans une bibliothèque mal garnie de Verdun.

Bibli-art, cet espace de création et d’imagination

unknown
Le deuxième endroit où je me suis le plus sentie à ma place fut dans mes cours de biblioart. Dans le sous-sol de la bibliothèque de Verdun, ma cousine Karina (fileuse aussi!) et moi allions, le coeur rempli de bonheur, rejoindre des petits artistes, comme nous, pour créer et nous amuser. Le cours biblioart, c’était un merveilleux mélange d’art plastique, de livres, de musique, de création, tout simplement. Ma professeure, Danielle si je me souviens bien, commençait chaque rencontre en nous lisant des livres qui allaient avoir un lien avec l’activité qui suivait. C’est ainsi que vers 8 ans j’ai rencontré Andy Warhol et je chantais du Michel Fugain.

Ce cours, quand j’y repense, a très probablement modifié une bonne partie de ma vie, de celle que je suis devenue, de cet amour du papier, des livres, des mots, de la création. Ce sont ces dimanches matins qui m’ont fait voir une autre facette de celle que je pouvais être: moi-même, mais surtout celle qui rêve, qui crée, qui imagine. 

Bonne fête Verdun. Merci pour cette enfance de jeux de ruelle, de cache-cache au bord de l’eau, de délicieuse crème molle de chez Boboule, de ces dizaines d’enfants qui couraient dans ma rue et avec qui je me liais d’amitié. Merci pour cet imaginaire, pour cet amour des livres, de la création, de l’imaginaire. Merci d’avoir façonné celle que je suis et maintenant je n’ai plus honte de le dire, je viens de Verdun et bien avant le charmant #verdunluv.

les coffrets le fil rouge, boites à abonnement, les livres qui font du bien,

Advertisements
This entry was posted in: Réflexions littéraires

par

Lectrice invétérée, Martine est bachelière en études littéraires et la cofondatrice du Fil rouge. Créative et inspirée, elle a l’ambition de faire du Fil rouge un lieu de rassemblement qui incite les lectrices à prendre du temps pour elles par le biais de la lecture. Féministe, elle s’intéresse aux paradoxes entourant les mythes de beauté et la place des femmes en littérature. Elle tentera, avec ses projets pour Le fil rouge, de décomplexer et de dédramatiser le fait d’être une jeune adulte dans une société où tout le monde se doit de paraitre et non d’être. Vivre sa vie simplement et entourée de bouquins, c’est un peu son but. L’authenticité et l’imperfection, voilà ce qui lui plait.

Un commentaire

Laisser un commentaire

Entrer les renseignements ci-dessous ou cliquer sur une icône pour ouvrir une session :

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l’aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s