Littérature québécoise
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Géolocaliser l’amour : chroniques de l’étendue des possibles amoureux

Au début de l’automne, Simon Boulerice, véritable Xavier Dolan du monde littéraire, lançait Géolocaliser l’amour aux Éditions de ta Mère, un «roman en poèmes» ayant pour thème la quête de l’amour, version moderne.  Car si trouver l’âme soeur a toujours été un casse-tête, ce n’est pas plus facile à l’ère des réseaux sociaux et des applications de rencontres, peu importe ce que nos parents en pensent. 

C’est, à prime abord, un narrateur quelque peu sceptique qui s’inscrit sur différentes applications, cédant à la pression de ses pairs. Il découvre peu à peu un véritable buffet amoureux où l’on retrouve de tout pour tous les goûts. Il se laisse tenter et nous amène avec lui dans ses multiples promenades où il sillonne toute la ville afin de rencontrer ses conquêtes virtuelles.

Notre jeune homme obtient donc un certain succès sur plusieurs aspects… hormis au niveau amoureux. Car notre narrateur est un romantique dans l’âme, et même si il collectionne les aventures d’un, deux ou trois soirs, il aspire à trouver le grand amour.

Le portrait que Simon Boulerice trace des relations de la génération des milléniaux est criant de vérité : entre la crudité des mots échangés devant un écran, les rapides passages à l’acte et le dernier métro, il reste si peu de place pour l’intimité que c’en est étourdissant.

Pour un sensible affamé d’affection qui rêve de vraiment connecter avec quelqu’un (même en étant hors ligne), il est excessivement ardu, de nos jours, de trouver un partenaire qui a le temps de prendre son temps. Surtout quand les gens qui rêvent d’exclusivité, de mariage, de monogamie semblent pratiquement en voie d’extinction ; après tout, pourquoi se contenter d’une seule personne quand nous avons accès au monde entier au bout de notre index?

J’éprouvais beaucoup d’empathie à l’égard du narrateur, vivant à travers lui ces nombreux échanges doux-amers porteurs d’espoir et leurs immanquables conclusions décevantes. Malheureusement, je trouve que le livre avait parfois certaines longueurs, quoique le roman de Boulerice arrive à nous faire ressentir la répétition lancinante des nouvelles rencontres qui, bien que toutes différentes, finissent par toutes se ressembler.

Finalement, je suis reconnaissante envers Simon Boulerice de ne pas avoir conclu son roman avec une fin hollywoodienne du genre «Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants».

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