Littérature québécoise
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Patrick Sénécal en trois actes

Récemment, je me suis plongée dans l’univers tordu, étrange et intense de Patrick Sénécal. Je n’ai jamais été attirée par l’horreur, que ce soit dans les films ou dans les séries télévisées, mais pourquoi ne pas laisser la chance aux livres? Patrick Sénécal est reconnu pour ses œuvres tordues, dont quelques-unes ont eu la chance d’être adaptées au grand écran. Je me suis donc tournée vers cet auteur de Drummondville, surnommé le Stephan King québécois, pour ma première incursion dans le monde des romans d’horreur.

J’aimerais vous présenter non pas un, mais plutôt trois romans qui représentent selon moi trois niveaux différents d’intensité pour mieux entreprendre cet univers.

Premier acte : Malphas 

J’ai commencé par Malphas 1. Le cas des casiers carnassiers, premier roman d’une série de quatre. Publié en 2011, ce bouquin de 311 pages nous présente Julien Sakozy, nouvel enseignant de littérature au Cégep Malphas, un établissement perdu et oublié au fond du Québec. Plusieurs rencontres et événements particuliers feront de sa première session quelque chose d’inoubliable. J’ai principalement aimé les personnages de cette intrigue, car ils auront tous un rôle à jouer dans l’histoire et parfois d’une manière totalement inattendue. Oui, ils sont parfois tirés par les cheveux ou remplis de clichés, mais ils sont à mon avis forts bien travaillés. L’histoire, selon moi, ne représente pas toute la richesse que peut nous offrir Patrick Sénécal. Ce n’est pas assez captivant pour m’empêcher de dormir, mais suffisant pour produire quatre tomes, que je n’ai pas lus pour l’instant.

C’est un bon premier contact avec l’univers parfois déjanté de l’auteur, m’ayant même encouragée à en lire d’avantage!

Deuxième acte : Faims

J’ai ensuite trouvé Faims, une brique de 700 pages publiée en 2015 aux éditions Alire. Ce roman m’a complètement fascinée et émerveillée. J’ai d’abord été attirée par la couverture, puis j’ai découvert un vrai coup de cœur!

L’histoire se déroule dans une ville fictive de la Montérégie, Kadpidi, située près de Sorel-Tracy. Un cirque nomade, le Humanus Circus, s’installe et présente un spectacle pour adulte seulement qui se veut percutant, troublant et dérangeant. Quelques jours plus tard, un meurtre sordide ébranle la communauté. Le personnage principal s’appelle Joël et incarne le policier chargé d’enquêter sur le crime. L’enquête l’amènera beaucoup plus loin que prévu… L’écriture est directe, crue et terriblement captivante. La fin m’a tellement surprise que j’ai dû relire certains passages pour être certaine d’avoir bien lu! L’intrigue est bien balancée entre l’enquête policière, l’érotisme et l’horreur pour lesquels Patrick Sénécal est reconnu.

Troisième acte : Hell.com

Pour finir, je me suis laissée tenter par Hell.com, publié en 2010. 559 pages d’horreur pure. Pour ceux qui cherchent du sang, des tripes, de la violence (parfois gratuite) et du sexe, vous serez comblés. Les autres, comme moi, termineront de peine et de misère ce roman.

Chaque page était comme un accident de voiture : le genre de choses que l’on ne veut pas voir, mais que l’on regarde quand même par curiosité. Daniel Saul, homme riche agent immobilier de Montréal, est en quête de pouvoir. Il se fait approcher par un ancien ami du primaire pour s’inscrire au site Web Hell.com, un site illégal qui offre un éventail inimaginable de services (à condition de payer bien sûr!). Tout ce que vous pouvez imaginer s’y retrouve : échangisme, BDSM, mais aussi achat d’esclaves, vidéos de torture en direct, viol, tabassage d’itinérants et même meurtre sur commande. J’en ai eu des haut-le-cœur, je lisais plusieurs passages en diagonale et j’ai finalement décidé de ne pas achever ma lecture. La descente aux enfers de Daniel représente bien les sentiments que j’ai ressentis en lisant : au début c’est intrigant, c’est un univers qui repousse assurément les limites, et plus je continue, moins je me suis sentie à l’aise. Daniel, lui, a continué alors que j’ai préféré refermer ce livre et me changer les idées autour d’une bonne tasse de thé! Je dirais que ce roman est plutôt réservé aux lecteurs avertis, qui cherchent des sensations fortes et qui n’ont certainement pas peur du sang.

Il paraît que Patrick Sénécal écoute du heavy metal en écrivant. Maintenant que j’ai lu quelques-unes de ses œuvres, je ne saurais douter de cette affirmation! J’ai trouvé que de lire ce genre d’histoire est tout à fait différent des films ou des séries télé du même genre. Le lecteur peut avoir un aperçu plus intime de la pensée des personnages, tout en se laissant immerger dans un univers alternatif. Patrick Sénécal écrit sur le Québec, mais avec beaucoup de libertés, ce qui nous permet d’avoir des références concrètes tout en nous transportant ailleurs. Parfois, je crois que les scènes sont plus intenses que ce qui peut être fait à l’écran. Les mots laissent place à une certaine imagination et liberté, alors que les images sont sans équivoque. Ça a du bon, car les limites de l’imagination peuvent être repoussées, mais il faut avoir les reins solides!

 

Et vous? Que pensez-vous de ce genre de roman? Êtes-vous sensibles ou dérangés par la violence, ou croyez-vous qu’il s’agisse d’un divertissement comme un autre?

les coffrets le fil rouge, boites à abonnement, les livres qui font du bien,

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