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La fin du monde est à minuit

« Enfant il a volé une poupée à sa sœur par un tout petit trou dans le pied l’a vidée de sa mousse on l’a retrouvé dans la garde-robe inconsolable la bouche ouverte pleine de bourrure il essayait de se remplir. » (p. 45) J’ai découvert Mireille Gagné en octobre dernier, lors de la dernière édition de la Nuit de la poésie organisée par Québec en toutes lettres. C’était la première fois que j’assistais à l’événement et j’ai été étonnée par le nombre de spectateurs venus assister aux lectures – nombre qui dépassait sûrement la capacité sécuritaire de la salle, d’ailleurs! La poète gruoise (on n’a pas assez souvent l’occasion d’utiliser le gentilé de L’Isle-aux-Grues!) y a lu des extraits de son dernier recueil. Sa lecture a été mon coup de cœur de la soirée et, dès le lendemain, j’ai couru à la librairie me procurer son livre : Minuit moins deux avant la fin du monde. Tic, tac… Tic, tac… Le titre du recueil fait référence à l’horloge de la fin du monde, créée en …

Mademoiselle Samedi Soir

La fin des commencements

J’ai toujours adoré les romans de Heather O’Neill. J’aime comment l’écriture est extrêmement imagée, comment elle fait également appel à l’imaginaire de l’enfance et des contes de fées tout en traitant de sujets on ne peut plus adultes. J’ai récemment assisté à une conférence de Katy Roy sur la bibliothérapie, et j’ai été marquée par l’importance thérapeutique de l’imagerie mentale, et par la façon dont cela vient faire appel à quelque chose de profondément ancré en nous. Avant que nous n’apprenions à parler le langage verbal, lorsque nous étions enfants, nous interprétions le monde à l’aide d’images plutôt que de mots; l’imagerie mentale vient refaire appel à cette connaissance primaire chez nous, et est utilisée dans ce roman comme une béquille pour affronter le quotidien: «Raphaël avait commencé à me bombarder de questions détaillées. Il essayait de couler mon porte-avions.» (p.306) Les romans de Heather O’Neill m’ont toujours fait un bien fou, et je n’avais pas spécifiquement compris pourquoi avant d’assister à cette conférence: c’est que le langage y est tellement imagé que ça ne …

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Les chars meurent aussi de Marie-Renée Lavoie ou l’importance de revenir à l’essentiel

Laurie est habitée par un double malaise. Celle qui vit avec ses parents dans un petit quatre et demi à Québec a honte de leur vie modeste, de leur travail, l’un garagiste et l’autre surveillante à la guérite d’un stationnement d’hôpital, mais elle éprouve aussi une gêne devant tant de déshonneur envers ces êtres bienveillants qui ne désirent que son bonheur et une vie meilleure pour leur enfant: « Je venais tout juste de découvrir, en le formulant pour la toute première fois de ma vie, que je ne voulais pas ça, que je ne voulais pas finir là. […] Que mon idée de ce qu’était un vrai travail ne s’était jamais accordée à cette prison mal payée. Que j’avais établi, à mon insu, une hiérarchie sociale qui plaçait ma mère tout au fond. Que j’avais peur de ce fond comme d’une maladie honteuse. Et que j’avais confusément honte de ma peur. » (p. 51) Un désir de dépassement Laurie se met souvent à rêver, s’imagine ce que serait la vie dans d’autres circonstances que …

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18 000 km sur deux roues et dans 27 pays : Le récit du voyage de Jonathan B. Roy dans ses Histoires à dormir dehors

«Quel besoin est assez puissant pour pousser un jeune homme à quitter son emploi, sa famille et ses amis, à mettre ses possessions en boîte et à partir pédaler de par le monde?» Ces premières lignes du livre Histoires à dormir dehors sont suffisantes pour me mettre l’eau à la bouche. Je dois dire que j’adore lire des récits de voyage et encore plus ceux dont les séjours racontés s’étalent en longueur et en distance, ou qui incluent une dimension sportive, qui est ici celle du vélo. Et je suis servie : le livre raconte l’incroyable périple de Jonathan B. Roy qui, pendant les années 2016 et 2017, parcourt 18 000 km en vélo et traverse 27 pays. Qui est Jonathan B. Roy? Qu’est-ce qui l’a effectivement poussé à partir? Quels sont les obstacles qu’il a rencontrés, les gens qu’il a croisés, les pays qu’il a visités? Le livre Histoires à dormir dehors est le récit de ses aventures, par lui-même et sur un ton personnel investi d’un très beau regard sur le monde. Personnellement, cette lecture m’a charmée, et il y …

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La route du lilas : ce chemin parfumé de la mémoire

Chaque printemps, lorsque me parvient l’odeur du lilas pendant mes nombreuses marches dans les rues de Montréal, il ne suffit que d’un coup d’œil pour que je repère cette petite touffe mauve et m’élance en sa direction. Rien à faire. J’hume, j’inspire, en faisant gonfler mes poumons de tout l’air possible qu’ils peuvent contenir, et je recommence deux-trois fois si ce n’est pas plus, et ce, même si quelqu’un m’accompagne. Pas de gêne, je me dois de respirer son parfum. Celui-ci me fait replonger dans des souvenirs heureux. Très jeune, n’ayant que quelques mois de vie jusqu’à ce que je puisse être autonome, je me faisais garder par une femme remplie de douceur maternelle. Je ne me rappelle que des moments simples de pur bonheur où, mon frère et moi, nous nous amusions à nous lancer le ballon, à courir dans tous les sens, à jouer à des jeux inventés de toutes pièces, à dessiner et à découper des formes dans les magazines qu’elle achetait régulièrement. Dans les périodes de chaleur, elle nous laissait nous …

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Le cabaret désobéissant de Québec en toutes lettres

Encore une fois cette année, le festival de littérature Québec en toutes lettres a réussi à proposer aux habitants de la ville de Québec une programmation diversifiée et originale. Animations pour enfants, conférences, animations de rue, performances théâtrales, poésie, arts visuels et plusieurs autres choses étaient au menu. Bref, il y en avait pour tous les goûts. L’expérience du Cabaret désobéissant Pour ma part, j’ai décidé d’assister au spectacle intitulé Cabaret désobéissant qui était présenté dans la programmation comme «une soirée irrévérencieuse réunissant une brochette d’artistes littéraires et musicaux autour du thème de la désobéissance». Cette phrase était suffisante pour piquer ma curiosité. En fait, le thème avait été inspiré par la désobéissance des signataires du Refus global, en cette année où l’on souligne les 50 ans de ce manifeste. Ce soir-là, la scène de l’Impérial avait pris des allures de salon habité par des artistes et des musiciens. Les deux animatrices, Frédérique Bradet et Sophie Thibeault, veillaient à la présentation des artistes et à l’enchaînement des numéros. En tout, ce sont dix artistes qui ont …

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La douceur et la précarité de l’amour

On dit que l’été est la saison des amours. Peut-être pour ses longues nuits qui ne se terminent jamais ou pour ce laisser-aller collectif. On en oublie même le temps. Les jours deviennent des secondes et nos yeux restent toujours ouverts devant le bonheur de chaque personne qui croise notre chemin. On s’éternise au parc, on renoue avec un vieil ami ou bien on accepte de prendre un verre ou deux avec un inconnu. Tout est léger, frivole et frais. On s’émerveille et on se laisse aller au gré de cette saison volatile jusqu’au moment où la réalité reprendra son cours de route. Ou pas. Bien qu’il y ait le coup de foudre, il y a aussi ce type d’amour qui exige de nous une désinvolture totale. Car rien n’est plus dur que de s’affirmer, de se laisser aller et de décider de prendre le risque de voir son coeur se briser ou celui d’une personne qu’on aime déjà plus qu’elle ne le croit. Mea culpa ; j’ai un petit faible pour l’été et les …

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Mes 5 questions posées à Stéphanie Boulay, porte-parole pour les Correspondances d’Eastman, mais pas seulement!

Les Correspondances d’Eastman, le plus grand festival littéraire en Amérique du Nord, sont revenues pour une 16e édition du 9 au 12 août dernier. Cet événement a pour but d’offrir au public un accès bien privilégié aux coulisses de la littérature, et c’est Stéphanie Boulay qui a eu l’honneur cette année d’en être la porte-parole. J’en ai alors profité pour lui poser quelques questions! Depuis ton premier roman À l’abri des hommes et des choses qui est paru en 2016, tu ne cesses d’avoir des projets artistiques! Ton livre jeunesse Anatole qui ne séchait jamais sortira le 4 octobre 2018 et un EP solo verra le jour à l’automne prochain, un projet parallèle au duo folk (Les sœurs Boulay) que tu formes avec ta sœur, Mélanie Boulay, depuis 2012. Tu es à la fois chanteuse, musicienne et autrice (et même chroniqueuse!). Occupée comme tu es, pourquoi as-tu accepté d’être porte-parole pour la 16e édition des Correspondances d’Eastman? J’aimerais aussi connaître ta réaction quand on te l’a proposé. Au départ, j’ai pensé que j’étais indigne de prendre ce rôle …

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Ma première animation de club de lecture

Lorsqu’on m’a proposé d’animer le club de lecture du Fil Rouge pour le printemps et l’été 2018, j’étais très enthousiasmée par ce nouveau défi qui me permettrait d’unir mes habiletés en animation et mon amour de la lecture. C’est donc le samedi 26 mai que j’ai animé mon tout premier club de lecture au Chichi Café de Longueuil! Nous étions cinq amatrices de livres et de bon café rassemblées autour de l’oeuvre de Marie-Renée Lavoie, La petite et le vieux. La petite et le vieux La petite, c’est Hélène, une gamine de huit ans qui a le coeur sur la main et une tête débordante d’imagination. Elle porte une admiration sans borne à Lady Oscar, un personnage de dessin animé qu’elle suit religieusement. Le roman est écrit selon sa perspective, avec une grande tendresse et une certaine naïveté d’enfant qui nous touche droit au coeur. Elle est définitivement courageuse, débrouillarde et très mature pour son âge. Le vieux, c’est Roger, le nouveau voisin d’Hélène et sa famille. Il est vulgaire, parfois impoli, mais au fond de lui, il veut …

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Club de lecture de la Ville de Québec : Remèdes pour la faim

Depuis l’automne dernier, j’ai la chance d’animer les séances du club de lecture du Fil rouge dans la ville de Québec. Pour notre dernière rencontre de la session d’hiver, notre choix s’est arrêté sur Remèdes pour la faim, un récit autobiographique écrit par Deni Y. Béchard.  Avant chaque rencontre, je suis toujours un peu fébrile de connaître l’appréciation du livre choisi par les participantes bien que je dois dire que les échanges sont toujours captivants, et ce, même quand la lecture du mois ne fait pas l’unanimité. Dans le cas de Remèdes pour la faim, j’étais encore plus préoccupée de l’appréciation du livre, car il s’agit d’une brique de presque 600 pages sans grands rebondissements et la dernière chose que je souhaite est que la lecture devienne une corvée pour les participantes. C’est donc avec ce petit stress en tête que je me suis rendue au lieu de la dernière rencontre. Or, ce stress a vite disparu, car tout le monde a réussi à terminer le livre avant la rencontre et la plupart des participantes ont beaucoup aimé leur lecture. …