Au-delà des livres
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Écrire un mémoire: un combat contre soi-même

#mémoiredemaîtrise #rédaction #persévérance #écriture #discipline #lefilrouge #lefilrougelit #bibliothérapie #littérature #livres #lecture #leslivresquifontdubien #au-delàdeslivres

Expliquer aux gens en quoi consiste l’écriture d’un mémoire de maîtrise n’est pas une chose simple. Je ne dis pas qu’ils ne comprennent pas, mais plutôt que j’ai moi-même de la difficulté à cerner les contours d’un tel projet. Il n’y a pas de parcours typique, pas de modèle à suivre, pas plus qu’il n’y a de bonne ou de mauvaise manière de le faire. Pourtant, il semble que ce soit l’affaire de tout le monde, même si au fond, c’est toi qui devra remettre un produit fini, de ton cru, et c’est toi qui sera seul.e devant ton ordinateur. Alors, la plupart des personnes se permettent des remarques comme celles-ci:

« Ben là, c’est comme genre trois travaux de fin de session, c’est pas si pire. »

« Voyons, tu fais quoi de tes journées pour ne pas avoir écrit depuis 1 mois?! »

« T’as juste à te faire un horaire vraiment strict et le respecter. »

« Combien de pages tu as écrites? [Insérer un nombre de pages considérable selon vos capacités] C’EST TOUT??? »

« Ok, faque dans l’fond, ça sert à quoi écrire ça? »

D’autres personnes ont de bonnes intentions. Elles veulent t’encourager et te conseiller, et parfois, ce sont de sages paroles qui sont tout à fait bienvenues. Enfin, pour toutes ces raisons, mais surtout à cause de mon expérience personnelle, j’ai préféré vous raconter pourquoi ces trucs ne fonctionnent pas pour tout le monde!

1- Faites-vous un échéancier.

Les échéanciers, c’est ben beau, mais quand ta grand-mère entre à l’hôpital, tu peux être deux mois sans rédiger. Quand tu organises des projections, il y a des journées de réunion plus longues que prévu. Quand tu aimes ton travail, tu lui accordes plus de temps. Et mille autres choses! J’avoue que dans mon cas, la maîtrise est souvent passée à l’arrière-plan. Et c’est mon choix, je ne jugerai jamais et je ne juge toujours pas celles et ceux qui ont pris une autre décision. Dans mon cas, c’est surtout une question de personnalité: j’aime mon sujet, j’aime faire de la recherche, mais je carbure aux projets et je ne m’imagine pas une seconde n’avoir que mon mémoire à écrire. J’aime me conforter dans l’idée que ça rend mon retard plus légitime, peut-être… Bref, l’idée est d’apprendre à vous discipliner en fonction de votre caractère et de vos aptitudes.

2- Accordez-vous des moments de pause.

Le problème avec ce conseil, c’est que les moments de pause sont souvent fréquents et durent un bon moment (#Netflix)… Enfin, dans mon cas. Mais ça ne veut pas dire que je ne me sens pas coupable chaque seconde de ma vie. Des articles comme celui-ci ou celui-là font que je me sens moins seule. Je ne peux pas non plus affirmer que ces pauses ne sont pas bénéfiques; c’est tout le contraire, en fait. Or, il peut être difficile de doser et je pense que nous ne sommes pas assez objectives vis-à-vis nos besoins! Donc, soyez prudentes.

3- Parlez-en à d’autres personnes, à des collègues.

C’est vrai que des discussions peuvent s’avérer très utiles et enrichissent beaucoup nos réflexions, mais on se compare aux autres bien plus souvent qu’autrement. Rappelez-vous que chacune y va à son rythme et essayez plutôt de tirer des commentaires critiques de ces conversations. Aussi, si vous vous lancez sur ce terrain glissant, soyez patiente et tentez de ne pas vous offenser au moindre commentaire ou à la petite critique! Prenez cela pour des suggestions. Et si vous n’avez pas besoin de le faire, ne le faites pas, ce n’est pas une étape nécessaire à votre travail intellectuel.

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4- Fixez-vous des objectifs.

Je pense que ça peut revenir au même que l’échéancier: il se peut que vous ne les atteigniez pas et soyez déçue. Pour ma part, j’essaie d’y aller un jour à la fois, tout en ayant une vague idée d’où je m’en vais. Par exemple: « Aujourd’hui, je dois écrire une page », « D’ici la fin mai, je dois avoir terminé cette sous-section ». Rien ne vous force à fixer des micro ou des macro objectifs, et même si vous le faites, vous devrez toujours les ajuster, et c’est correct!

5- Faites des rencontres avec votre directrice ou directeur de maîtrise.

Pendant la rédaction de son mémoire, mon copain rencontrait son directeur à chaque semaine, pendant deux ans et demi. En trois ans, j’ai vu ma directrice trois fois, et échangé quelques courriels (#noshame). Je la remercie, d’ailleurs, car je me force pour chacun de nos échanges à poser les bonnes questions, ou à proposer des versions abouties de mon travail. C’est comme si c’était super précieux et que je devais tirer le maximum de ces dialogues. Je ne ressens aucune pression et suis parfaitement autonome, donc cette relation me convient, mais ce ne serait sans doute pas la même chose pour ma voisine. Je vous conseille donc d’en discuter dès le départ avec votre directrice ou directeur!

Conclusion

Je ne comprends pas pourquoi on se met autant de pression. Une amie (allô Soline!) m’a dit un jour: tsé, au fond, ils veulent juste voir si tu es capable de faire une analyse littéraire. Et je suis capable, c’est ce que j’ai fait tout au long de mon bac. Je me demande vraiment, vraiment ce qui sous-tend ce stress continu, que j’ai vécu pendant bientôt trois ans. La seule personne à qui j’ai à prouver quelque chose, c’est à moi-même (et à mes parents, qui se moquent de moi parce que justement, je m’en fais beaucoup trop avec ça et je veux leur montrer que je suis capable d’y arriver sans y laisser ma peau!!!).

J’arrive à la fin, dans pas si longtemps. J’ai glandé pas mal. Je me dis: « Wow, ça fait trois ans que tu travailles là-dessus et tu vas butcher la fin parce qu’il ne te reste plus de temps!?! » Ben oui. Des fois c’est de même. Mais aussi, et surtout, je pense que ça fait assez longtemps que c’est dans ma tête, que ça mijote, que j’ai lu tout ce que je pouvais, et qu’il est temps que ça sorte. Et ça va sortir comme ça va sortir. Ça va venir de moi, que j’aie pris 1 mois ou 6 ans pour l’écrire. Ce sont mes idées qui vont être écrites sur ces pages-là. Et ça, il y a de quoi être fière.

Dans l’fond, y’a pas de trucs miracles. C’est un loooooong chemin, semé d’embûches, de découragement et de déprime, mais aussi semé d’éclairs de génie et de blitz de rédaction pendant lesquels t’as l’impression d’être sur un gros high. C’est l’incarnation de la persévérance. C’est comme une fausse liste que je vous ai donnée là, parce qu’il n’y a que vous qui devez juger de ce dont vous avez besoin, et à quel rythme. Ben oui, y’en a qui ont écrit en 1 an et demi. Et il y a moi, qui l’a écrite en 3 ans (et encore, ce n’est pas fait!). Et qu’est-ce que ça a changé? E-rien pentoute. Au contraire: j’ai fait plusieurs voyages, j’ai trouvé un emploi génial, j’ai bâti un projet féministe dont je suis extrêmement fière, j’ai participé à des colloques, j’ai été auprès de ma grand-mère à la fin de sa vie… Bref, je n’ai aucun regret. L’important, c’est ça, et c’est le seul vrai conseil que j’ai à vous donner : écoutez-vous et faites-vous confiance!

Et vous, comment se passe votre rédaction?

Moi, je retourne écrire…

P.S.: Il y a de bonnes ressources, tout de même, je ne suis pas de si mauvaise foi! Entre autres ici et ici.

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Un commentaire

  1. Marion Gingras-Gagné says

    Merci Gabrielle pour cet article! 🙂
    Il faut travailler fort, s’organiser selon nos propres besoins et méthodes, et arrêter (surtout!) de se comparer aux autres. C’est dur. En plus qu’on ressent sans cesse le besoin de se justifier (dans mon cas) pour l’avancement, le temps, l’organisation, la session de prolongation, même si on est super actifs dans d’autres pans de notre vie. Se justifier aux autres, mais aussi à soi-même. Écrire un mémoire, ce n’est pas juste « écrire » un mémoire, et ça comprend tellement de lectures, de réflexions, et du temps. Ça ne se compte pas seulement en nombre de pages, sinon on aurait déjà fini…

    Profite bien de ton été de rédaction! J’espère que ça ira pour le mieux. 🙂

    Aimé par 1 personne

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