Auteur : Gabrielle Doré

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Conte corporel: Le corps des bêtes d’Audrée Wilhelmy

Il était une fois un récit dans lequel il est difficile de plonger. Les phrases débordent, c’est dense, on ne sait pas par quel bout le prendre. Puis, petit à petit, l’univers s’éclaircit, il nous habite et ses personnages nous intriguent. Le corps des bêtes d’Audrée Wilhelmy entre sous notre peau: qu’adviendra-t-il de la famille Borya et de la petite Mie, 12 ans, qui veut que son oncle Osip lui montre «comment on fait le sexe des humains»? De sa mère, Noé, qui demeure dans la cabane, loin d’eux et du phare? Que fera ce clan qui habite à 8 heures du village le plus près? Le corps (brut) des femmes L’histoire est parfois difficile; les deux frères du clan, Osip et Sevastian-Benedikt, «prennent» Noé quand ça leur plaît, comme un objet qui ne sert qu’à satisfaire leur appétit sexuel. De ces relations sans consentement sont nés trois enfants, dont Mie, l’aînée. Noé devient le corps d’une bête, comme ceux qu’emprunte Mie. Car la dimension de conte entre en jeu ici, quand la petite fille nous …

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Nous sommes belles, avec ou sans cheveux : « D’où je me trouve » d’Alexandra Gendron-Deslandes

J’ai la même coupe de cheveux depuis des années. Ma tentative de les faire pousser est aboutie à un retour à la même tête, car pourquoi changer une formule gagnante? Pourtant, j’ai toujours trouvé ça plate, d’avoir la même coupe, et de ce fait, je me suis souvent entendu dire: « Ah, je me raserais tellement les cheveux, ce serait moins compliqué! » Mais après ma lecture du récit D’où je me trouve, ma réflexion a bien changé. Alexandra Gendron-Deslandes avait initialement l’intention de faire un documentaire sur les femmes ayant subi une perte de cheveux, ou celles qui ont pris la décision de se raser la chevelure. C’est après avoir elle-même traversé cette réflexion, puis avoir décidé de passer à l’action, que l’auteure a voulu rencontrer d’autres femmes afin de connaître leurs sentiments, leurs perceptions et leurs questionnements pour, écrit-elle, « sonder comment l’absence de cheveux avait fait événement dans [leur] vie ». Alexandra a ensuite reconstitué ces entretiens sous forme de fragments, par séquence, tel un montage documentaire. Or, ce montage est demeuré papier, est devenu un « documentaire …

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Les Furies de Lauren Groff : la tragédie du mariage

Dans la mythologie romaine, les Furies sont celles chargées d’exécuter les sentences des coupables. Leur nom s’inspire de la fureur qu’elles projettent. Les Furies sont celles qui font respecter l’ordre dans la société, en tourmentant et en persécutant les criminels, les méchants. Lauren Groff a donné ce titre à son roman en écho à la deuxième partie du roman, celle consacrée au personnage de Mathilde, la première étant la partie « Fortune », celle du personnage de Lancelot, dit Lotto. Car, c’est ce que l’on apprendra dans la seconde partie du livre, Mathilde est remplie de colère, et cherchera à venger tout ce qu’elle a vécu dans son enfance. Mais je m’arrête ici : je ne voudrais pas dévoiler trop de détails de ce roman dans lequel se révèlent de lourds secrets, au fil des pages… Partons du début : Lotto a une enfance en or, est dorloté par son père et choyé par l’intelligence et la beauté. Puis, les années passent, son père décède et sa mère va se dévoiler comme une mère castratrice, très peu conciliante, alors que Lotto …

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5 auteures italiennes à découvrir

Comme je l’ai déjà mentionné auparavant (ici!), lorsque je pars en voyage, j’aime beaucoup lire des romans des auteur.e.s de ma destination. C’est donc avec grand plaisir que je me suis plongée dans la littérature italienne, lorsque mon copain et moi organisions notre voyage dans ce magnifique pays! Je l’avais déjà envisagé alors que je commençais la lecture de la trilogie d’Elena Ferrante (dont je vous parlerai dans quelques lignes), que j’ai adorée. Cette auteure a donc fait naître en moi l’envie de découvrir d’autres femmes auteures d’Italie. Il ne me restait qu’à acheter un billet d’avion pour Naples, et quelques jours plus tard, je me lançais dans cette littérature, qui m’était alors tout à fait inconnue. J’avoue ne pas avoir eu la chance d’en explorer une panoplie, mais assez pour vous proposer quelques suggestions de livres que j’ai beaucoup aimés. La trilogie de L’Amie prodigieuse d’Elena Ferrante Ces romans de Ferrante s’inscrivent dans mon top 5 à vie, rien de moins! La justesse et la sincérité avec lesquelles elle dépeint ce qu’est l’amitié entre Elena …

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« Ukraine à fragmentation », ou des morceaux de guerre

À en croire les critiques, Ukraine à fragmentation est LE livre qu’il fallait avoir lu pour comprendre le conflit ukrainien. Je n’en avais entendu parler que brièvement, pourtant, mais assez pour me dire qu’il était temps que je me mette aux faits de cette guerre. Jusqu’alors, la Crimée, Viktor Ianoukovitch et la place Maïdan n’étaient que langage lointain, termes qui ne m’appartenaient pas. Désormais, je ne comprends pas pourquoi, justement, personne ne sait de quoi il s’agit… Là réside le tour de force de l’auteur et journaliste, Frédérick Lavoie : le conflit est expliqué de manière claire, mais surtout, humaine. C’est qu’il l’explique à Artyom Bobrychev, petit garçon de 8 ans, mort collatéral de cette guerre. Petit homme dont il a lui-même entendu parler alors qu’il était sur les lieux du conflit, en 2015. « Je vais t’expliquer pourquoi le 18 janvier 2015 à 8 h 10 du matin, au 5, rue Ilinskaïa à Donetsk, ta vie a pu t’être interrompue à quatre ans, quatre mois et quatorze jours par une erreur de trajectoire d’une roquette Grad sans que cela altère le moins du monde le cours …

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La poésie de Kate Tempest: recevoir le chaos en plein cœur

Entre slam et poésie, politique et poétique, Kate Tempest nous ébranle, nous émeut, nous secoue, nous bouleverse. Elle crée une tempête d’émotions, en bref (pardonnez-moi le mauvais jeu de mots). C’est ce que j’ai découvert lorsque j’ai assisté à son spectacle en avril dernier. Un moment grandiose, alors que la foule se délectait de ses paroles, en symbiose avec elle. Pourtant, je ne savais alors rien de cette artiste, une amie m’ayant simplement fortement recommandé d’assister au concert. Pourtant, alors que je n’avais aucune attente, j’ai été hautement stupéfaite de l’expérience musicale et poétique que j’ai vécue: la sincérité et l’intensité du spectacle Let Them Eat Chaos m’est parvenue directement dans les tripes; un coup de foudre, un vrai! Le spectacle, d’une très grande qualité, soit dit en passant, s’inscrivait dans la tournée de Tempest pour son dernier album Let Them Eat Chaos, qu’elle interprète d’un bout à l’autre, en reprenant à peine son souffle. Pas de rappel, pas de diversions : l’album complet, du début à la fin, comme une seule et même chanson. …

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Écrire un mémoire: un combat contre soi-même

Expliquer aux gens en quoi consiste l’écriture d’un mémoire de maîtrise n’est pas une chose simple. Je ne dis pas qu’ils ne comprennent pas, mais plutôt que j’ai moi-même de la difficulté à cerner les contours d’un tel projet. Il n’y a pas de parcours typique, pas de modèle à suivre, pas plus qu’il n’y a de bonne ou de mauvaise manière de le faire. Pourtant, il semble que ce soit l’affaire de tout le monde, même si au fond, c’est toi qui devra remettre un produit fini, de ton cru, et c’est toi qui sera seul.e devant ton ordinateur. Alors, la plupart des personnes se permettent des remarques comme celles-ci: « Ben là, c’est comme genre trois travaux de fin de session, c’est pas si pire. » « Voyons, tu fais quoi de tes journées pour ne pas avoir écrit depuis 1 mois?! » « T’as juste à te faire un horaire vraiment strict et le respecter. » « Combien de pages tu as écrites? [Insérer un nombre de pages considérable selon vos capacités] C’EST TOUT??? » « Ok, faque dans l’fond, ça sert …

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Le rouge vif de la rhubarbe: la détermination d’une adolescente islandaise

Lorsque je voyage, j’aime beaucoup lire des auteur.e.s du pays de la destination en question. J’ai l’impression de baigner dans leur culture, de me mettre au diapason du peuple qui m’accueillera sur son territoire, de m’imprégner des lieux que je visiterai. Récemment, j’ai voyagé en Allemagne et j’avais lu Une femme à Berlin, en plus de voir la pièce de théâtre. Quand je suis partie en Islande l’an dernier, j’ai lu un roman policier d’Arnuldur Indridasson et Rosa Candida d’Auður Ava Ólafsdóttir, que j’avais beaucoup aimé. C’est donc avec enthousiasme que j’ai appris que cette dernière visiterait Montréal en mars! Fidèle à mon habitude, je n’ai pas réservé de place suffisamment d’avance pour l’entendre parler de son travail d’écrivaine, mais aussi, j’imagine, de sa belle Islande. Quelle déception! Je suis toutefois mitigée quant à son rapport au féminisme, elle qui donne une grande place aux personnages masculins et à la valorisation de la paternité dans certains de ses romans, comme Rosa Candida… Et son prochain roman s’annonce comme un questionnement sur la virilité. Elle affirme …

Ma grand-mère lectrice, mon modèle

Alors que je referme les dernières pages de La Femme qui fuit, ma grand-mère maternelle entre à l’hôpital, suite à une vilaine chute. S’enchaînent ensuite les infections, les complications, la médication. Elle sera transférée dans une chambre à elle, après un petit tour aux soins intensifs. Elle prend du mieux, heureusement pour nous, ma famille et moi. Mais elle nous a fait si peur. Au moment d’écrire ces lignes, je suis à son chevet et la regarde dormir. Je me remémore ma lecture du roman de Barbeau-Lavalette, puis je me dis que la vie est drôlement faite, quand même. La lecture de La femme qui fuit m’a profondément interpellée, bouleversée : si Anaïs Barbeau-Lavalette tente de recoller sa grand-mère à l’aide des mots, des souvenirs d’elle, celle qui a abandonné sa mère et son oncle alors qu’ils étaient encore enfants, moi, petite-fille de deux grands-mamans, me suis sentie complètement à l’opposé. Mes grands-mères sont loin d’avoir fui; j’ai été choyée, enfant, de les voir à chacun de mes anniversaires et de passer des journées à être …

De l’effet pénible de la répétition: « Une femme à Berlin » de Marta Hillers… et Brigitte Haentjens

C’est la fin de la Deuxième guerre mondiale, à Berlin, en 1945. La guerre est remportée par les Alliés. Les Soviétiques ont la tâche, alors, de libérer Berlin de la dictature nazie. La ville est envahie par les soldats de Staline et le corps féminin est lui aussi un territoire à occuper. Les femmes doivent dès lors inventer leur résistance, et pour éviter le pire, elles choisissent de « coucher pour manger ». C’est ce que raconte le texte de Marta Hillers, Une femme à Berlin. Ce qui se passe dans la cave où elles se réfugiaient. Dans leur monde, les viols sont répétés, routiniers, habituels. Lors de la publication du texte, l’auteure est anonyme. Il faut repenser à l’Allemagne post-nazie : le peuple traumatisé tait toute l’ampleur des crimes commis, se cache derrière la honte, refoule toute la douleur des conséquences de cette guerre. Ce n’est qu’à sa mort, en 2001, que l’identité de Marta Hillers est révélée, celle qui a écrit cette « autre » guerre, celle des femmes. Les femmes ayant vécu ces atrocités peuvent désormais cesser de …