Littérature étrangère
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Mister Pip, beauté sauvage et autres massacres

Je ne sais pas trop pourquoi je n’ai pas attaqué ce roman néo-zélandais à la seconde où il est entré en ma possession. Pourtant à peu près tout était en place pour me lancer : sa couverture attrayante, le prix qu’il a récolté (Commonwealth Writer’s Prize, 2007) et son quatrième de couverture. Les longs mois qui se sont effrités sous l’excuse de ne pas avoir envie de lire en anglais se sont vite remplacés par une lecture attentive et gourmande.

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Mount Maunganui, Nouvelle-Zélande

C’est dans les années 1990, à Bougainville, une petite île du Pacifique, que prend place le drôle de personnage de Mr. Watts que les enfants surnomment Pop eye. Il est d’abord décrit par Matilda 13 ans, la narratrice, comme étant un homme maigrelet portant tous les jours un costume de lin blanc, un chapeau rabougri et parfois affublé d’un nez de clown. Son aspect singulier ainsi que son habitude incompréhensible de transporter sa femme dans un chariot font de lui un véritable mystère ambulant. Dans le contexte de la guerre civile et de blocus, personne ne peut quitter l’île. Mr. Watts, le seul homme blanc de l’île, décide de faire la classe à un groupe de jeunes. Contrastante, la nature est riche et luxuriante et les seules parcelles de civilisation qui semblent avoir touché l’île se retrouvent dans la présence d’une bible. Le professeur, n’ayant pas toutes les connaissances nécessaires à l’éducation de ces enfants, invite des villageois à partager leur savoir et à rejoindre son groupe afin de rencontrer Charles Dickens à travers la lecture qu’il fait de Great expectations.

La beauté de cette histoire réside pour moi dans l’imagination de la narratrice et l’amitié qu’elle développe pour son drôle de professeur, mais surtout pour Mr. Pip, le jeune orphelin, protagoniste du roman de Dickens. C’est sous les yeux attentifs des élèves que l’histoire de ce dernier prend vie et leur tient lieu d’exutoire alors que leur réalité est tachée par la violence de leur quotidien. Matilda raconte avec passion l’urgence de la lecture, l’identification aux personnages, la découverte de nouveaux mots, de lieux et de cultures différentes. L’œuvre est simple, mais fort bien écrite; j’ai relu plusieurs passages à voix haute, sous le charme de la prose de l’auteur qui ne pouvait pas mieux tomber dans ma vie, alors que les livres commençaient à s’empiler et que j’avais grandement besoin de retrouver mon habituelle soif de lire.

Et vous, quel livre vous a déjà redonné envie de lire?

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par

Rat de bibliothèque, gourmande des mots, Léonie a longtemps eu plusieurs cartes de bibliothèque dans son portefeuille parce qu’elle n’avait le droit qu’à 3 livres et 1 bande dessinée par location/biblio. Cette insuffisance lui a donné une soif de lecture inouïe qui à ce jour, n’est toujours pas assouvie. Profondément curieuse et philanthrope, Léonie cultive une passion pour l’art culinaire et les arts de la scène, plus particulièrement le théâtre et l’humour. Éternelle voyageuse, elle revient de Nouvelle-Zélande où elle a vécu après avoir complété ses études en Communication, relations humaines. Elle est fascinée par la poésie des vêtements qui pendouillent sur une corde à linge et par la violence des orages qui déchirent le ciel.

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