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Tout ce qui se dissimule dans Nos silences

Les femmes, en raison de leur genre, subissent la guerre de manière toute particulière. C’est ce que l’auteure Wahiba Khiari raconte, en libérant son propre vécu, dans Nos silences. Ce court roman, paru en 2018 aux Éditions XYZ après avoir été publié en Tunisie il y a quelques années, entrelace fiction et autofiction pour faire le récit de la guerre civile algérienne du point de vue des femmes. En composant un roman à deux voix, l’auteure brise le silence des femmes happées par le conflit armé. S’y alternent donc le récit d’une enseignante d’anglais ayant fui le conflit et les violences à leurs débuts et celui de son étudiante plongée dans l’épouvante de ce qui sera baptisé la «décennie noire». La première, tenaillée par les remords et l’impuissance, n’arrive pas à se défaire de l’idée que son élève traverse le pire là-bas.  «Je suis loin, mais pas elle. Ils l’ont eue, j’en suis douloureusement convaincue. Des années qu’elle m’habite comme une deuxième possibilité de moi-même.» Par l’écriture, elle la fait exister et elle fait exister …

Mister Pip, beauté sauvage et autres massacres

Je ne sais pas trop pourquoi je n’ai pas attaqué ce roman néo-zélandais à la seconde où il est entré en ma possession. Pourtant à peu près tout était en place pour me lancer : sa couverture attrayante, le prix qu’il a récolté (Commonwealth Writer’s Prize, 2007) et son quatrième de couverture. Les longs mois qui se sont effrités sous l’excuse de ne pas avoir envie de lire en anglais se sont vite remplacés par une lecture attentive et gourmande. C’est dans les années 1990, à Bougainville, une petite île du Pacifique, que prend place le drôle de personnage de Mr. Watts que les enfants surnomment Pop eye. Il est d’abord décrit par Matilda 13 ans, la narratrice, comme étant un homme maigrelet portant tous les jours un costume de lin blanc, un chapeau rabougri et parfois affublé d’un nez de clown. Son aspect singulier ainsi que son habitude incompréhensible de transporter sa femme dans un chariot font de lui un véritable mystère ambulant. Dans le contexte de la guerre civile et de blocus, personne ne …

Le meilleur reste à venir; l’éveil d’une militante

Enitan et Sheri sont deux jeunes filles en rupture contre l’ordre et le désordre d’un Nigeria à peine sorti de la guerre du Biafra, un pays où se succèdent coups d’Etat militaires et régimes dictatoriaux. Deux jeunes filles puis deux femmes qui, du début des années 1970 au milieu des années 1990, veulent échapper à l’enfermement d’une société oppressive et machiste. Sheri, belle et effrontée mais blessée à jamais, choisira l’exubérance et la provocation. Enitan tentera de trouver son chemin entre la dérive mystique de sa mère, l’emprisonnement de son père, sa carrière de juriste et le mariage lui imposant, en tant que femme, contraintes et contradictions. J’ai entamé Le meilleur reste à venir de Sefi Atta parce que j’avais envie de découvrir de nouveaux auteurs et que la littérature de l’Afrique de l’Ouest me semblait riche et vaste. Je n’avais jamais vraiment lu de littérature nigériane, si ce n’est de Nous sommes tous des féministes de Chimamanda Ngozi Adichie. Martine a lu Autour de ton cou, alors que Marion a lu Americanah et toutes deux ont …