Littérature québécoise
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Un journal de création pour mieux saisir les départs

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Un tout petit livre qui raconte pourtant de bien grandes histoires.

Tout doit partir de Johanne Fournier se lit avec lenteur, délectation et douceur. Il laisse place aux changements des saisons, au charme lourd et puissant d’un fleuve qui devient le phare d’un deuil. Il s’agit d’une oeuvre collage, collage entre le journal, la création, la poésie et le cinéma.

Johanne Fournier est une cinéaste, c’est la première fois qu’elle prend le crayon et elle le fait nettement bien. Elle dira en entrevue que ce livre est le film qu’elle n’a pas fait concernant le décès de son père.

Le temps qui file et les saisons qui bercent…

Il y a quelque chose de très franc dans ce récit, on sent dès les premières pages l’authenticité de la voix qui nous raconte, de nombreuses façons et moments, la vie de son père. Essayant de faire du sens de cette perte, de ce deuil qu’elle se doit d’apprivoiser comme nouveau quotidien, Johanne Fournier fait preuve d’une grande vulnérabilité et parallèlement, elle nous dévoile ses racines.

Les saisons passent dans ce court roman et nous bercent, on les voit défiler sur nos yeux entourés de cette nature si pure, si forte, fidèle et chère à l’auteure. Sous un décor Gaspésien, l’auteure nous fait saisir le passage du temps, comme le cheminent d’un deuil qui s’accompagne de la création. L’écriture l’accompagne au fil de ses étapes et c’est ce qui en a fait un bel amalgame de textes qui devient un peu une bouée de sauvetage pour l’auteure, mais peut-être aussi pour nous, les lectrices et lecteurs.

« Tout doit partir avec le temps. Les êtres chers comme les amours, les illusions comme les objets. »

J’ai toujours été fascinée par le temps qui passe, par ces souvenirs qu’on conserve des époques vécues, par cette façon bien à nous – qui aide à vivre, à survivre parfois – qu’on a de raconter nos histoires, de leur donner du sens, une chronologie, des étapes. C’est un peu ce que cette lecture m’a fait ressentir, ce besoin de faire un sens d’un départ qui n’en a pas au fond, car quoi de plus  incompréhensible et douloureux que le départ de ceux qu’on aime ? Elle arrive à donner un sens à la vie, et ce, en pleine période de deuil entremêlée de perte.

C’est une lecture douce, poétique, tendre, qui fait mal, tout en faisant du bien. Le décor gaspésien, bien que je n’aie jamais eu la chance de le voir (à remédier!), m’a semblé être primordial dans cette quête d’écriture et j’ai eu l’impression d’y voyager par le pouvoir de ces mots.

Avez-vous déjà lu un livre qui aborde le thème du deuil de manière si juste ?


Le Fil Rouge remercie les éditions Leméac pour le service de presse.

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