Poésie et théâtre
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Ciels Transitoires, une poésie salvatrice

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Ciels Transitoires est un recueil de poésie écrit par Clara Brunet-Turcotte, paru chez la maison d’édition Poètes de Brousses. Il m’a tout de suite intéressée par sa première de couverture (oui je sais, on ne doit pas uniquement se fier à celle-ci, mais quand elle est aussi belle, c’est difficile de ne pas se laisser influencer), d’ailleurs, cette œuvre est signée Sam Ectoplasm. C’est le deuxième ouvrage que je découvre de cette maison d’édition qui se consacre à la poésie québécoise contemporaine, le premier étant Amélia de Laurence Veilleux, et je suis à nouveau conquise. Ciels Transitoires est un petit bijou de poésie libre et est superbement écrit.

Le titre

Transitoire est ce qui ne dure pas, les bonheurs, mais surtout les malheurs. Chacun développe sa propre interprétation en poésie. Pour moi, la poésie est subjective, on peut soit essayer d’imaginer ce que l’auteur.e pouvait penser ou bien créer notre propre interprétation selon nos besoins ou envies. Pour moi, Ciels Transitoires signifie ce qui ne dure pas. C’est un livre qui m’est tombé dans les mains à un bon moment, ce qui m’a permis d’apprécier énormément ma lecture.

la forêt repousse vite

je croque des sapins

toujours plus hauts

la résine colle à mes dents

 

le lac à la Truite se déverse en moi

je suis un marécage rectangulaire (p. 10)

 

Le corps

Séparé en trois parties, Ciels Transitoires englobe : Chambre à l’est, L’aiguille dans l’œuf et Angora. Sur le site de la maison d’édition, on retrouve cette phrase dans le résumé alléchant du recueil : « Aussi changeants que la lumière, les corps qu’ils nous révèlent oscillent entre le bruit et l’idée de la mort, tour à tour trop réels et immatériels, rongés par l’ombre qu’ils projettent. » Cette phrase est l’âme de l’ouvrage. L’auteure écrit sur le passé, sur les envies, elle crie, elle s’adoucit, tout ça en même temps, pour faire un portrait de ce qui est vrai. Cette poésie, c’est les choses qu’on pense, mais qu’on ne veut pas dire. C’est moderne, c’est Montréal, c’est féminin et surtout, c’est beau.

C’est un recueil où les émotions surgissent à travers chaque strophe, chaque vers et chaque pied. Pour moi, c’est une lecture salvatrice, une écriture aussi peut-être pour l’auteure.

 

tours les rideaux sont tirés

on s’est passé le mot sur Facebook

les citadins attendent maintenant

le prochain épisode

ou la fin du monde

tout simplement

 

une jeune fille se moque

je suis neutralisée

mon ventre gonfle

perdu ma clé

j’attends mon tour

dans un labyrinthe (p. 26-27)

Finalement, ce recueil me fait penser à celui de Daphné B., Bluetiful. Donc si vous avez eu un coup de cœur pour ce recueil, vous en aurez probablement un énorme pour celui-ci également.

Êtes-vous déjà tombé sur un livre pile au moment où vous en aviez besoin?

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