Auteur : Laurence Lacroix

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La course au mouton sauvage, entre le réel et la magie

Je pense avoir manqué un bout. Cela doit faire plus de quatre ans que j’ai La course au mouton sauvage d’Haruki Murakami dans ma bibliothèque, sans y toucher. Avec plus de 35 ans d’ouvrages publiés, ça m’aura pris un bon bout avant de découvrir un auteur que plusieurs adorent, dont plusieurs fileuses (Kim D. vous raconte sa passion murakamienne ici et Raphaëlle B. vous a fait la critique de Kafka sur le rivage ici.) Une première lecture surprenante Il y a quelques semaines, j’ai décidé de me plonger dans le troisième roman de l’auteur datant de 1982 et le premier assumé dans son style littéraire, le réalisme magique. Je ne pense pas avoir déjà lu un roman appartenant à ce style, alors je l’avoue, j’étais parfois surprise par la tournure des événements, mais, je le redis, je suis une débutante par rapport à l’œuvre de Murakami. Avec un certain recul, je me rends compte que j’ai bien aimé ce roman et que je vais probablement continuer de découvrir son oeuvre avec bonheur. Le train était formé de …

Dans l’intimité des Reines

Publiée le 1er janvier 1991, Les Reines de Normand Chaurette est sans le moindre doute une pièce de théâtre surprenante, tant par son style d’écriture particulier, que par l’histoire rocambolesque. Une atmosphère obscure pour une famille obscure  Plongée à l’intérieur d’un palais londonien en 1483, la pièce présente six femmes affolées dans un univers pesant où toutes convoitent le trône d’Angleterre. La reine Elisabeth, les sœurs Anne et Isabelle Warwick, la reine Marguerite, Anne Dexter et la vieille duchesse d’York âgée de quatre-vingt-dix-neuf ans sont représentées toutes plus angoissées et affolées les unes que les autres. Je dois avouer que suivant ma lecture, je reste dans un état dubitatif. Certaines choses m’ont absolument séduite, par contre, l’histoire semblait par moment quelque peu complexe à suivre; peut-être par le style d’écriture s’appropriant le vocabulaire de l’époque, ou la façon dont elle est écrite, ou l’agitation parfois « mêlante » des personnages. Il reste que l’histoire m’a plu, elle me rappelle les pièces de Shakespeare dont j’ai toujours aimé l’écriture. Une famille entre vérité et mensonge Résumant l’histoire, …

Entre fragilité et hostilité : l’intime

Paru en octobre dernier aux Éditions Poètes de brousse, Amélia est le deuxième recueil de poésie de Laurence Lola Veilleux, son premier étant Chasse aux corneilles (2014). Je n’ai pas tendance à choisir un livre seulement par instinct, je m’informe et je m’inspire des lectures des autres (#lefilrougelit), puis je choisis ce que je vais lire. Au Salon du livre de novembre dernier, je me suis laissé guider quasi aveuglément à travers les publications de Poètes de brousse. Amélia a été choisi par sa couverture envoûtante et son titre énigmatique. Qui est Amélia? Amélia est cette fille prise dans les bois, hors du temps, comme la décrit l’auteure du recueil. Elle y habite, elle y apprend à chasser, à pêcher, à dépecer, à faire ce qu’elle doit faire et non ce qu’elle veut faire. À travers les métaphores puissantes, Amélia se dévoile comme mise à nu devant nous, elle est l’animal pris au piège de sa propre vie, celle où l’issue semble inexistante, celle gardée par son père dans un monde qui ne lui appartient …

Ariel, de la poésie envoûtante

Sylvia Plath, ce nom. Ce nom qui, dès qu’il est évoqué, nous envoûte dans la beauté de son art. Ariel est sans doute le recueil de poésie le plus connu de l’auteure et poétesse. On y retrouve ses poèmes les plus populaires. Bien qu’écrit de son vivant, ce recueil a été publié en 1965 à titre posthume, soit deux ans après son suicide en février 1963. Il est évident que Sylvia Plath a su laisser sa marque dans le monde littéraire par une écriture sincère et symbolique. Ted Hughes, son mari, a fait le travail d’assembler et de choisir les poèmes à inclure dans le recueil afin de donner un résultat authentique à l’image de l’auteure tourmentée. En effet, Sylvia Plath, très bonne étudiante, était considérée suicidaire pendant une grande partie de sa vie. Elle aura essayé à maintes reprises de s’enlever la vie, en vain, pour finalement y arriver un triste jour de février. C’est à travers ce recueil et ses œuvres littéraires, comme La Cloche de détresse, un roman autofictionnel, que se développe une …

Du livre au film : Ghost World

Comme vous le savez probablement tous, la semaine passée avait lieu le Salon du livre de Montréal. Mes attentes étaient très hautes et elles ont été comblées, j’ai même déniché la bande dessinée Ghost World que je voulais depuis un moment, en fait depuis que j’avais visionné le film de Terry Zwigoff avec Thora Birch et Scarlett Johansson. C’est donc l’histoire de deux meilleures amies qui viennent tout juste de finir l’école secondaire. Elles sont très différentes des autres jeunes de leur âge et c’est ce qui nous charme dès les premiers instants de lecture. Il y a Enid, une fille un peu rebelle, très ironique qui sacre beaucoup, proche de ses émotions et au look marginal. Et il y a sa meilleure amie, Rebecca qui est physiquement complètement différente de son amie, mais elles partagent relativement les mêmes goûts. Elle est un peu plus sérieuse, mais n’hésite pas à embarquer dans les idées farfelues de son amie, comme poursuivre un couple fataliste ou faire des heures d’autobus pour manger dans un diner aux allures …

L’hôtel de la conscience effrénée

Villégiature : Séjour à la campagne, à la mer, etc., pendant la belle saison, pour se reposer, prendre des vacances. C’est aussi le titre du deuxième roman d’Alice Michaud-Lapointe, auteure que j’apprécie énormément et dont j’avais fait la critique de son premier roman, Titres de transport. Villégiature reste semblable à la source, dans ce roman, soit le nom. Mais il perd tout son sens quand les personnages se retrouvent dans un hôtel où leur conscience et leur psyché sont mises à l’épreuve. « Nous savons pourquoi vous êtes ici. À vrai dire, nous savons déjà tout de vous. Nous savons ce que vous avez fait. Les gestes que vous n’avez pas encore posés. Ceux qui vous ont échappé. » Ce livre rappelle le premier travail de l’auteure où elle crée de nouveau une mosaïque de personnages, chaque chapitre évolue autour d’un personnage et met en oeuvre sa propre histoire. Une seule histoire revient plusieurs fois, permettant de la faire évoluer en crescendo dans un pur mystère envoûtant. C’est un excellent contraste qui est créé entre …

Le livre où tous se noient

J’ai déniché ce petit roman entre deux plus gros dans une grande bibliothèque de bois franc dans une librairie usagée. Le titre, Concerto pour petite noyée, m’a rapidement interpellée et la couverture représentant un beau poisson blanc crée un paradoxe entre le titre et la pureté que dégage cet animal de la mer. Et que dire de la poésie qui naît du titre, elle donne juste envie de lire tout le reste et de s’envelopper de ses mots. Concerto pour petite noyée est le cinquième roman d’Annie Loiselle, il est sorti en 2015 aux éditions Stanké. Le roman est une mosaïque de personnages, on y rencontre différents personnages colorés, mais qui partagent tous quelque chose de commun, le désespoir. Ce sont différents récits qui s’emboîtent merveilleusement, partageant les différents tracas des personnages, tout en laissant reposer l’histoire, passant d’un récit à l’autre. Malgré le désespoir des histoires, on s’attache aux personnages qui sont tous reliés, rendant la création d’une mosaïque encore plus puissante et on espère le mieux pour ceux-ci. Les personnages Agnès est une …

Lectures d’horreur pour se préparer à l’Halloween

Le mois d’octobre est un peu comme le mois de décembre pour moi. Malgré l’impopularité de la fête de nos jours, j’adore l’Halloween. J’aime décorer mon appartement dès l’arrivée de l’automne, acheter des citrouilles, écouter les classiques de films d’horreur et aussi évidemment, lire des livres à thématique d’horreur. Il n’y a rien comme une lecture un peu creepy pour se mettre dans l’ambiance de la fête et de l’automne en général. Je vous propose donc quelques histoires dont j’ai apprécié la lecture. Le chat noir d’Edgar Allan Poe Le chat noir est une petite nouvelle parue en 1843. C’est l’histoire d’un homme qui adore les animaux, mais avec le temps son tempérament change et sa dépendance à l’alcool augmente, il développe un caractère agressif et commence à détester ses animaux et à les maltraiter. Un jour, il tue son chat d’une façon plutôt atroce. Peu de temps après ce meurtre, d’étranges évènements se produisent. C’est une nouvelle mélangeant la réincarnation, la vengeance, et bien sûr, pour une bonne histoire d’horreur, un fantôme. « Une …

Sous la cloche

Au cours du lancement des coffrets littéraires du Fil rouge, il y a avait un panel sur la littérature avec des auteures québécoises; lors de cette soirée, j’ai appris l’existence d’une auteure américaine, Sylvia Plath. Unanimement, cette auteure, plus précisément son roman The bell jar, La cloche de détresse en français, était un incontournable, en plus d’être un livre bouleversant, mais éblouissant. C’est l’histoire d’Esther Greenwood, elle a dix-neuf ans et passe un séjour à New York, car elle a gagné un concours de poésie organisé parc un magazine populaire. Elle se retrouve donc dans cette grande ville toujours en action avec douze autres filles et participe à des soirées, des événements de mode, etc. Sous une toile de fond des années cinquante, Esther perd intérêt pour les activités préalablement organisées, pour s’inventer ses propres aventures à travers la ville agitée, des bonnes comme des moins bonnes. À son retour de New York, elle retrouve la petite ville de banlieue monotone où elle a grandi, il faut dire qu’Esther a toujours eu une vie mouvementée, …

Mon amour pour Anna Karénine

J’ai découvert Anna Karénine au secondaire en écoutant une série télé où une citation de l’auteur y était mentionnée, mais quand j’ai vu cette grosse brique de littérature russe trainer sur l’étagère de la librairie, j’ai vite perdu espoir en me disant : « Quand je serai plus grande. » Et bien je suis plus grande maintenant, et malgré que j’aie terminé cette lecture il y a plus d’un an, ce livre m’a marquée à un tel point que tout est encore clair dans ma tête. C’est probablement l’un des meilleurs livres que j’ai lus de toute ma vie, et c’est à ce moment que mon amour pour Tolstoï a commencé. L’histoire de Tolstoï est habilement construite dans ce roman. Malgré le titre qui porte le même nom que la protagoniste principale, on pénètre l’univers de trois couples de la haute société de Petersburg : Kitty et Lévine, Daria et Oblonski et finalement Anna, Alexis et Vronski. Les trois histoires se partagent parallèlement les 858 pages, si bien qu’il est difficile de passer d’une histoire à l’autre …