Littérature étrangère
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L’homme qui aimait les chiens : un roman historique haletant

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Saviez-vous que Trotsky était ami avec Frida Kahlo et Diego Riviera lorsqu’il habitait à Mexico à la fin de ses jours? Ou encore, saviez-vous que George Orwell a été au front aux côtés de républicains lors de la guerre civile espagnole? Voici des faits que j’ai appris en lisant le roman de l’auteur cubain Leonardo Padura, L’homme qui aimait les chiens, paru en 2011. Définitivement, il s’agit de l’un des meilleurs romans basé sur des faits historiques que j’ai eu la chance de lire.

Dans ce roman, Padura démontre à merveille comment les destins d’individus éloignés peuvent se croiser et changer le cours de l’histoire. Le livre aborde tour à tour, dans des chapitres séparés et superposés, la vie de trois hommes, soit celle de Léon Trotsky, celle de l’assassin de ce dernier, Ramon Mercader et celle du narrateur, Ivan Cardenas Maturell, un écrivain cubain. Au fur et à mesure de ma lecture, je comprenais comment le parcours de ces hommes ont convergé et je ne pouvais plus mettre mon livre de côté, si ce n’est que pour aller lire sur les faits historiques rapportées dans le livre.

Voici, plus en détails, les trois hommes dont il est question dans ce roman.

Les années d’exil de Léon Trotsky

Léon Trotsky fut l’un des principaux acteurs de la révolution russe de 1917 aux côtés de Lénine. En 1929, il fut expulsé de l’URSS par Staline. Les chapitres qui concernent Trotsky reviennent sur sa vie d’exilé qui a duré jusqu’à sa mort en 1940. De la Turquie au Mexique en passant par la France et la Norvège, Trotsky essaie tant bien que mal de rester un joueur sur l’échiquier politique alors que, en URSS, Staline mène des purges sans précédents et que le « Trotskysme » est considéré comme un crime. Ces chapitres sont ceux qui s’approchent le plus de la réalité, car la documentation historique sur Trotsky est assez foisonnante.

La transformation de Ramon Mercader

Dans les chapitres qui portent sur Ramon Mercader, le lecteur assiste à la transformation de ce dernier, de son enfance dans une famille bourgeoise de la Catalogne à la fin de ses jours. Celui-ci fut recruté par les soviétiques alors qu’il combattait au côté des républicains dans la guerre civile espagnole en tant que militant communiste. Enrôlé, entraîné et endoctriné, il devint agent secret au sein du NKVD. Sa mission était de mettre fin au jours de Trotsky. Après avoir commis le crime qu’il avait longuement préparé, Mercader fut emprisonné pendant 20 années à Mexico. À sa sortie de prison, il est allé vivre dans l’ombre à Moscou, mais les dernières années de sa vie, il les a vécues à Cuba. Dans ces chapitres, l’auteur a laissé plus de place à la fiction, car nous en connaissons peu au sujet de Mercader.

L’écrivain cubain brimé par le régime cubain

Ivan, le troisième personnage dont il est question, est, contrairement aux deux autres, un personnage fictif. À la fin des années 70, cet écrivain censuré par le régime cubain fait la rencontre d’un hommes accompagné de deux lévriers sur une plage de La Havane. Cet homme lui fait des confidences sur l’histoire de Ramon Mercader et Leon Trotsky. Nous devinons plus tard qu’il s’agit de Ramon Mercader entrain de vivre ses vieux jours en sol cubain. Ivan restera longtemps imprégné par cette histoire qui lui fut relatée.

Un roman qui fera appel à votre curiosité 

Que vous soyez un mordu d’histoire déjà bien au courant des faits ou bien un néophyte, ce livre saura, à mon avis, vous captiver. Les fins connaisseurs essaieront de départager ce qui est vrai et ce qui constitue de la fiction et seront avides de savoir quelles ont été les spéculations de l’auteur. Les moins connaisseurs voudront assurément en savoir davantage sur les événements historiques relatés et soigneusement fouillés par l’auteur. Pour ma part, ce fut cette lecture qui m’a donné envie de lire le livre de George Orwell, Hommage à la Catalogne, dans lequel ce dernier relate comment il a vécu son implication dans la guerre civile espagnole. Padura fait un clin d’œil à Orwell en mettant en scène une rencontre fortuite entre l’écrivain anglais et Mercader à Barcelone.

À mon avis, Padura a su maintenir un juste équilibre entre la réalité et la fiction et c’est ce qui rend cet ouvrage si impressionnant. C’est pour cette raison qu’il ne faut pas passer à côté de cette lecture.

Et vous, y a-t-il des romans historiques qui vous ont profondément captivé et donné envie d’en apprendre plus?

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