Auteur : Karine Ruest-Pilote

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L’homme qui aimait les chiens : un roman historique haletant

Saviez-vous que Trotsky était ami avec Frida Kahlo et Diego Riviera lorsqu’il habitait à Mexico à la fin de ses jours? Ou encore, saviez-vous que George Orwell a été au front aux côtés de républicains lors de la guerre civile espagnole? Voici des faits que j’ai appris en lisant le roman de l’auteur cubain Leonardo Padura, L’homme qui aimait les chiens, paru en 2011. Définitivement, il s’agit de l’un des meilleurs romans basé sur des faits historiques que j’ai eu la chance de lire. Dans ce roman, Padura démontre à merveille comment les destins d’individus éloignés peuvent se croiser et changer le cours de l’histoire. Le livre aborde tour à tour, dans des chapitres séparés et superposés, la vie de trois hommes, soit celle de Léon Trotsky, celle de l’assassin de ce dernier, Ramon Mercader et celle du narrateur, Ivan Cardenas Maturell, un écrivain cubain. Au fur et à mesure de ma lecture, je comprenais comment le parcours de ces hommes ont convergé et je ne pouvais plus mettre mon livre de côté, si ce n’est que pour …

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Entrevue avec une grande aventurière : Catherine Poulain, auteure du roman Le grand marin

Mon premier texte publié sur le blogue Le Fil rouge portait sur le livre Le grand marin de l’auteure française Catherine Poulain. À la fin de mon article, je concluais en souhaitant d’autres romans de la part de cette écrivaine dont c’était la première parution, car il s’agit d’une aventurière dont la vie est remplie d’expériences inusitées. Je me sens très choyée d’avoir eu la chance d’interviewer Catherine Poulain alors qu’elle était de passage au Québec et d’avoir pu la questionner sur sa vie hors du commun. Celle qui a passé plusieurs années de sa vie à pêcher en Alaska est désormais bergère dans les Alpes-de-Haute-Provence. Voici donc les échanges que j’ai eus avec l’écrivaine. Votre roman traite d’une femme qui abandonne tout pour aller pêcher en Alaska, une expérience que vous avez vous-même vécue. Qu’est-ce qui vous a poussée à écrire sur ce sujet assez singulier? J’ai eu de la chance quand même. J’écrivais depuis très longtemps et j’avais plein d’idées d’histoires et voilà j’ai eu la chance de pouvoir proposer un contrat pour …

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Les secrets d’une mère racontés par Fawzia Zouari

Des livres en attente d'être lus dans ma bibliothèque, je n'en manque pas. Malgré tout, je continue à fréquenter les librairies de manière compulsive et à me laisser charmer par certains livres que je m'empresse de lire en faisant fi de l'ordre de lecture que j'avais soigneusement prévu. Le roman Le corps de ma mère de l'auteure d'origine tunisienne Fawzia Zouari est l'un de ces livres qui ont attiré mon attention. Pourtant, cette auteure m'était inconnue. Toutefois, j'avais le goût d'ouvrir mes horizons à la Tunisie et aux femmes qui peuplaient les villages de ce pays avant d'être chamboulées par « la modernité ». Ce fut une belle découverte littéraire qui m'a permis de me plonger dans un univers surprenant. Le roman de Fawzia Zouari est divisé en trois livres. Dans le premier livre, la narratrice raconte comment se sont déroulés les derniers jours de la vie de sa mère, Yamna. Alors que cette dernière est à l'hôpital dans le coma, sa fille, revenue de France dans l'urgence, passe ses journées à son chevet en compagnie des autres …

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Le cœur de Berlin : Le tragique secret d’une famille 

Le cœur de Berlin, premier roman de l’auteur Élie Maure (nom fictif), est le premier ouvrage publié par la maison d’édition Les Allusifs que j’ai lu. Je peux d’emblée affirmer que j’ai particulièrement apprécié cette lecture, malgré le sujet dur que ce roman aborde, soit les secrets de famille et l’inceste. Le cœur de Berlin raconte l’histoire de Simon, un homme solitaire approchant la cinquantaine qui consacre la majorité de son temps à l’écriture et au vélo. À la suite de la mort de son chien Berlin, Simon ressent le besoin de retrouver sa sœur dont il n’a pas de nouvelles depuis plusieurs années. Dans cette quête pour retrouver sa sœur, Simon se remémore son passé aux côtés des membres de sa famille : son père aujourd’hui décédé, sa mère ainsi que ses deux frères et sa sœur. Avec lui, le lecteur revisite les moments charnières de sa vie familiale et comprend petit à petit d’où provient ce mal-être qui l’habite. Simon revient sur les années de son enfance passées en Algérie ainsi que les moments de son adolescence à l’écart de …

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Être ici est une splendeur : La courte, mais passionnante vie de la peintre Paula M. Becker

Prêtez-vous au jeu suivant : nommez cinq peintres de la seconde moitié du 19e siècle et du début du 20e siècle. Il y a des fortes chances que vous ayez nommé exclusivement des hommes. Si vous refaites le même jeu en vous limitant aux femmes peintres, probablement que vous trouverez l’exercice plus difficile. C’est parce que nous en savons si peu sur les femmes artistes de ces époques que j’ai tant aimé le roman Être ici est une splendeur de Marie Darrieussecq qui porte sur la vie de l’artiste peintre allemande Paula Modersohn-Becker. J’ai bien sûr apprécié ma lecture, mais ce qui m’a réellement plu de ce roman, c’est qu’il m’a fait connaître la vie, l’univers et l’art d’une artiste peintre dont je n’avais jamais entendu parler auparavant. Certes, je ne suis pas une experte en Histoire de l’art, mais cela démontre la difficulté pour les femmes de faire leur place dans l’Histoire. Paula Modersohn-Becker, alors Paula Becker, est née à Dresde en Allemagne en 1876, mais a vécu une bonne partie de sa vie à Worpswede, où vivaient plusieurs artistes allemands …

Suggestions de livres audio gratuits pour expérimenter un nouveau contact avec la littérature

Dans les périodes où je trouve difficile de prendre du temps pour m’arrêter et lire, j’éprouve une certaine angoisse, car pendant que le temps passe, ma liste de livres à lire s’allonge. Pour moi, passer plus de deux jours sans lire emporte le même sentiment de culpabilité que d’écouter une série télé pendant 20 heures consécutives. Récemment, j’ai trouvé un remède pour éviter de me sentir ainsi pendant mes disettes de lecture : les livres audio. Déjà fan des podcasts, c’est en parcourant l’application Ici Première de Radio-Canada que j’ai commencé à écouter des livres audio. Pour ma part, je ne crois pas que le livre audio puisse définitivement remplacer le livre papier, car cela chamboulerait beaucoup trop mes habitudes de lecture. Par contre, j’ai trouvé un double avantage au livre audio qui m’a fait apprécier l’expérience. Il permet de se divertir pendant l’exécution de tâches pas particulièrement intéressantes, comme des tâches ménagères, tout en diminuant sa PAL. Pour faire l’essai du livre audio, je vous conseille la collection de Radio-Canada, car les livres sont accessibles gratuitement. La sélection est plutôt …

L’Art de la joie : Quand l’art emprunte son thème à la littérature

Du 17 février au 14 mai se déroule à Québec Manif d’art 8 — La biennale de Québec. Le thème de l’événement, L’Art de la joie, est emprunté au roman de l’auteure italienne Goliarda Sapienza qui porte ce titre. Amatrice d’art à mes heures, j’ai décidé de profiter de l’occasion pour lire ce roman que je m’étais procuré à vil prix dans une librairie usagée, mais que je n’avais pas encore lu, manquant de courage pour attaquer les 800 pages. L’idée de combiner art et littérature m’a donné la motivation nécessaire pour entamer la lecture de ce roman majeur de la littérature italienne publié en 1998 pour la toute première fois. L’Art de la joie, c’est l’histoire de Modesta née en 1900 dans un petit village de la Sicile en Italie. Au début du roman, elle est une jeune fille et elle vit dans la pauvreté avec sa mère et sa sœur trisomique. Son père est inconnu. Puis, une tragédie survient et elle devient orpheline. Elle est recueillie dans un couvent par des religieuses. Alors destinée à …

Petit pays : l’histoire tragique du Burundi vu à hauteur d’enfant

J’ai toujours privilégié les romans qui s’éloignent de ma réalité et qui me permettent d’apprendre tout en demeurant captivants et touchants. Petit pays, le premier roman du rappeur franco-rwandais Gaël Faye, y est arrivé haut la main. Je comprends pourquoi le Goncourt des lycéens a été attribué à Gaël Faye et pourquoi ce roman a reçu un accueil critique enthousiaste. Il s’agit d’un grand coup cœur. Gabriel, le narrateur du roman, se remémore son enfance à Bujumbura, capitale du Burundi, au début des années 90. Ce fils d’un Français et d’une réfugiée rwandaise est désormais en exil en France et rendu à l’âge adulte. Il revient sur les jours heureux qu’il a vécu dans ce Burundi qu’il croyait « disparu ». Pendant les premières pages, Gabriel a dix ans et il est peu à l’affût de la situation politique qui prévaut autour de lui ainsi que des tensions existantes entre les Hutus et les Tutsis. Le lecteur découvre alors « les saveurs, les couleurs et la musique » du Burundi de ces années-là à travers les yeux de cet enfant, comme l’a indiqué l’auteur en entrevue à RFI. Gabriel …

Voici venir les rêveurs : un autre roman à lire sur les promesses brisées du rêve américain

Dernièrement, j’ai lu plusieurs romans d’auteurs d’origine africaine qui abordent le sujet de l’immigration. Pour faire changement, j’avais décidé que les prochains romans d’auteurs africains que je lirais se dérouleraient en Afrique. Pour cette raison, j’ai longuement hésité avant d’entamer la lecture de Voici venir les rêveurs, le premier roman de l’auteure d’origine camerounaise vivant aux États-Unis, Imbolo Mbue. Puis, je me suis laissée convaincre par les critiques élogieuses qui m’ont été rapportées. Oui, les thèmes du déracinement et de la fragilité du rêve américain sont vieux comme le monde, mais somme toute, je trouve qu’Imbolo Mbue a su les revisiter à sa manière et j’ai bien apprécié ma lecture. L’histoire du roman se déroule au cours des années 2007 et 2008 alors que la crise des subprimes éclate et que Barack Obama est élu président des États-Unis. Jende Jango, un camerounais, a quitté son pays natal pour vivre aux États-Unis et y faire venir sa femme et son fils. Lorsque ceux-ci arrivent à New-York et se joignent à lui, ils sont remplis d’espoir quant à leur …

Les blessures d’un fantôme racontées par Ying Chen

Ying Cheng a déjà fait paraître plus d’une dizaine d’ouvrages, mais au moment de lire Blessures, son dernier roman, je n’avais lu aucun de ceux-ci. Maintenant que j’ai fait connaissance avec l’œuvre de Ying Chen, j’ai l’intention de lire davantage de ses romans, car j’ai trouvé ma lecture agréable, et son style et son approche uniques. Blessures aborde la vie d’un médecin né en Occident qui se rend soigner des blessés dans une guerre révolutionnaire à l’autre bout du monde. L’auteure nous raconte les errements du fantôme de celui-ci plusieurs années après sa mort alors qu’il retourne sur les lieux où, dans des conditions rudimentaires, il soignait des blessés sur le front. Bien que son nom ne soit jamais mentionné, la vie de l’homme dont il est question ressemble à celle de Norman Bethune. Pour ceux qui ne connaissent pas Norman Bethune, il s’agit d’un chirurgien canadien qui, en 1938, se rend en Chine alors que la guerre sino-japonaise est en cours. Dans une région rurale reculée de ce pays, il forme des soignants, opère des blessés et …