Littérature étrangère
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Le maître des illusions : Découvrez l’univers inquiétant (mais étrangement fascinant) de Donna Tartt

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Quels auteurs contemporains préférez-vous? Pour les mordus de classiques, vous arrive-t-il de délaisser un instant les œuvres de Dumas ou de Flaubert pour vous plonger l’espace d’un instant dans l’univers de Pennac, Roth, Atwood et compagnie? Pour ma part, lorsque mes proches et moi conversons de nos nouvelles découvertes en la matière, le nom de Donna Tartt revient indéniablement! Par ailleurs, bien que n’ayant jamais rédigé de billets sur l’univers littéraire de cette écrivaine (ce qui relève d’ailleurs presque du sacrilège!), Tartt est assurément l’une de mes auteures contemporaines préférée. C’est quelque peu « groupie », je l’admets, mais elle fut la cause de bien des nuits blanches (j’ai lu les premiers chapitres de The Goldfinch en dessous de la couette jusqu’aux petites heures du matin, tout juste avant un examen de mi-trimestre prévu en matinée…) ,et de moments où, incapable de m’arrêter de lire, je lisais absolument partout (et pas aux moments les plus opportuns!).

Ainsi, après avoir lu une seconde fois son tout premier tome (The Secret History ou Le maître des illusions, en français), quoi de mieux que de partager avec vous mon appréciation sur celui-ci!

Le maître des illusions : la petite histoire 

Richard Papen (qui sera le narrateur du récit) quitte sa Californie natale pour faire son entrée dans un petit collège élitiste, le fictif Hampden College, situé dans l’état du Vermont (à la suite de l’obtention d’une bourse). Ce départ, motivé principalement par un quotidien morose et monotone, est l’occasion parfaite pour Richard d’établir un nouveau départ, et de vivre ainsi la vie qu’il a toujours souhaitée. Quelque temps après son arrivée, il fait la rencontre d’un enseignant en langue classique, Julian Morrow, personnage atypique et haut en couleur, qui offre des cours de grec ancien à un minuscule groupe de cinq étudiants. Attiré par ce groupe hyper sélectif (qui fait l’objet à la fois d’envie, de fascination, de curiosité, de jalousie et même de mépris de la part des autres étudiants d’Hampden), Richard désire plus que tout intégrer le programme offert par Morrow, non seulement pour suivre des cours dans un domaine qu’il apprécie particulièrement, mais également pour connaître davantage ces étudiants marginaux. Après avoir réussi (suite à un échange survenu entre lui et ces derniers, survenu à la bibliothèque), Richard dresse un portrait de son quotidien; il décrit les personnalités, les attitudes et les interactions qu’il entretient avec ses pairs (Camilla, Charles, Bunny, Francis et Henry). Toutefois, un événement tragique (l’un des leurs, Bunny, sera assassiné), provoqué par ses nouveaux amis, viendra chambouler la vie des protagonistes…. (Aucun spoiler ici! L’événement en question est tout de suite décrit dans l’épilogue : le lecteur sait donc immédiatement à quoi s’en tenir.)

Appréciation générale 

Le maître des illusions est à coup sûr un récit qui dérange : nous n’avons qu’à penser à l’épilogue, qui, frappant le lecteur de plein fouet, décrit le meurtre sordide de l’un des étudiants. Ainsi, contrairement à bon nombre de romans policiers ou de suspense, la trame narrative ne se concentrera aucunement sur le qui (qui a tué Bunny?) mais bien le pourquoi. On peut donc qualifier Le maître des illusions de thriller psychologique… mais unique en son genre. Si plusieurs thématiques présentes dans le roman sont similaires à celles retrouvées dans les livres à suspense (la culpabilité, par exemple), elles sont pourtant traitées différemment : la deuxième partie du roman en est un parfait exemple. J’étais certaine que celle-ci tournerait autour des remords de conscience et des sentiments de culpabilité insoutenables de certains des protagonistes; il en est toutefois tout autre…

Certes, si le roman traite principalement de la mort de Bunny et de ce qui s’ensuit, le cœur du récit repose plutôt sur le désenchantement et la désillusion qui frapperont, et ce, de manière différente, les membres de ce groupe d’amis. Ces derniers, se croyant invincibles (élément bien visible par leur attitude hautaine et au-dessus des autres) chuteront un à un de leur piédestal. Le lecteur assiste donc au récit de cette jeunesse désabusée, avec ce curieux sentiment de malaise qui, bien perceptible, s’incruste à mesure que le récit évolue. Bien que dégoûté et exaspéré par les actions de ces curieux (mais fascinants) protagonistes, on s’accroche tout de même, on désire savoir la suite à tout prix. On a l’étrange impression d’observer de loin une scène qui ne nous regarde absolument pas (sentiment provoqué notamment par la narration de Richard Papen) : on continue de lire l’interdit, happés, malgré le sentiment d’étouffement qui nous prend aux tripes. Et c’est là où repose le génie de Donna Tartt.

C’est un roman à lire : pour la description psychologique des personnages, pour l’ambiance qui s’en dégage (qui n’aime pas ces histoires dramatiques mettant en scène des collégiens snobs dans une vieille université du Vermont? Moi j’en redemande encore et encore!), pour la bizarrerie de certaines situations (mais qui, sous la plume de Tartt, font parfaitement du sens), pour la présence de certains sujets, comme les mythes grecs, le rapport à la beauté et à l’art (soulevés principalement dans les cours de Julian Mellow) et bien plus encore.

Un point négatif? Le roman contient certaines longueurs… mais c’est un point que je pardonne sans problème (haha!).

Et vous, avez-vous déjà lu Donna Tartt? Que pensez-vous de son univers littéraire?

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