Le monde du livre
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Les fileuses au Festival International de Littérature ; bilan de nos expériences

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L’une et l’autre 

Martine :

J’ai passé une agréable soirée en compagnie de Gabrielle et de ces deux femmes exceptionnelles : Delphine de Vigan et La Grande Sophie. Étant une grande admiratrice de l’œuvre de De Vigan, j’allais à l’événement avec beaucoup d’attentes. J’ai aimé la façon dont les textes de De Vigan répondaient à la musique de La Grande Sophie et vice versa. Il y avait une belle énergie dans la salle, on sentait l’amour et l’attention que les gens portaient aux mots prononcés et aux mélodies. C’était un moment délicieux, touchant, dans lequel j’ai senti toute la profondeur et la qualité des œuvres respectives de ces deux grandes artistes. J’ai été fort heureuse d’assister à ce moment unique à Montréal.

Gabrielle :

Le spectacle L’une et l’autre m’a agréablement surprise. Si, au départ, il me semblait que ce serait difficile d’allier les univers respectifs des deux auteures, au contraire, elles s’arrimaient et se répondaient parfaitement, l’une et l’autre! C’était un spectacle touchant, autant grâce aux extraits poignants lus par De Vigan qu’aux paroles sublimes de La Grande Sophie. Un spectacle où était mis à l’honneur la complicité qui unit les deux femmes, mais surtout, surtout, leurs magnifiques mots.


Larguer les amours

Martine : C’est en entendant les excellentes comédiennes Marie-Thérèse Fortin, Gabrielle Lessard et Marika Lhoumeau réciter les textes du collectif Larguer les amours que j’ai le plus décelé l’humour qui vit dans les pages de ce magnifique recueil. J’avais beaucoup aimé ma lecture, mais je dois dire que de voir ces textes prendre vie devant moi m’a fait retomber sous le charme de certains. La salle riait à gorge déployée, on se reconnaissait parfois dans les situations des auteures et ça faisait du bien.

Je garde un souvenir fort positif de cette soirée-là. J’ai beaucoup ri et réfléchi à ces ruptures qui font si mal, mais qui pourtant deviennent des piliers de ce que nous sommes profondément. Larguer les amours est un recueil qui mérite d’être davantage lu, et ce, par l’universalité de son propos. Félicitations aussi à Salomé Leclerc, artiste merveilleuse, qui a si bien accompagné les actrices.

Marjorie : J’avais lu Larguer les amours, quelques temps après une rupture. Le parfait «timing» pour ce type de lecture, non ? J’en ferai d’ailleurs bientôt la critique. J’avais bien aimé tout l’espoir qui se dégageait des nouvelles. Pas l’espoir d’un nouveau quelqu’un, d’un nouvel amour mais simplement l’espoir avec un grand E, celui qui te fait croire que ça va bien aller et qui te fait voir le beau dans ce qui fait mal. C’est surtout ce qui, pour moi, était ressorti de ma lecture.

De transporter quelques-unes de ces nouvelles sur scène, lues par trois comédiennes hors pair – et la magnifique musique de Salomé Leclerc – fut une expérience qui éleva chacun des textes choisis à un tout autre niveau. J’y percevais mieux les subtilités qui m’avait échappées lors de ma lecture initiale. La voix de chacune des femmes, mélangée  au ton de chacun des textes donna des jeux  intéressants, touchants et, par moment, très, très drôles. Il fallait y être pour entendre les trois comédiennes lire la nouvelle Canuk Blanc, de Marie-Sissi Labrèche; c’était simplement succulent.

Je n’ai pas assisté souvent à des lectures de textes, mais j’ai vraiment aimé mon expérience. C’est une merveilleuse façon de redécouvrir – ou découvrir- une œuvre sous un angle nouveau.


Chronique d’un cœur vintage 

Marjorie & Alexandra : Chroniques d’un cœur vintage, ces sont les écrits d’Émilie Bibeau lus dans une petite salle intime de la Place des Arts, un lundi soir de septembre. Ce sont des mots qui percutent et qui viennent nous toucher droit au cœur, qu’il soit un gros coeur mou vintage comme celui de Bibeau et le nôtre, ou pas.

Émilie Bibeau – on ne la connait pas beaucoup, faute de ne pas avoir de télévision depuis 6 ans – est vraiment venue nous toucher, non seulement par ses textes, mais aussi par sa présence et ce qu’elle dégageait. Chacune de ses chroniques et les interventions qui les liaient étaient à la fois vulnérables, drôles et vraies. Elle parlait d’amour, certes, mais aussi beaucoup de littérature, de philosophie et de la vie, celle qui englobe tous les autres sujets.

L’entièreté du spectacle était construit sur le quotidien, sur les petits moments qui font les grands, sur l’émerveillement des petites choses et sur ces jours plus difficiles où sortir de chez soi semble un exploit qu’on ne saurait accomplir – alors que des fois, c’est ok .

Bref, à la fin du spectacle, nous nous sommes regardées, nous avons souri, les deux mains sur le cœur. Nous n’avions rien à dire sur le moment, nous voulions simplement nous imprégner de toute la beauté et la douce force qui émanait du spectacle.

Et puis là, on espère grandement que les Chroniques d’un coeur vintage deviendront un livre. On a espoir ! Nous serons premières en ligne pour l’acheter !

En attendant, Les libraires proposent la liste des 5 livres mentionnés par Émilie Bibeau dans son spectacle. Ça donne même le goût de lire Cioran, pour vrai !



Nirlitt

Andréanne :

J’ai lu ton livre au cœur de la canicule dévorante de septembre. Je voulais avoir découvert ton œuvre avant de me rendre à ta lecture, un mercredi soir où la ville croulait sous les températures étrangement hautes et l’humidité oppressante.

Tu m’as fait pleurer avec tes mots désertiques, tes mots-souffrances, tes mots-beauté, aussi. C’est rare que je prends le temps de savourer les phrases comme un met délicat qu’on laisserait fondre sur la langue pour en profiter plus longtemps. Les tiennes, j’ai choisi de les laisser fondre. Je les ai goûtées longuement. Je les ai aimées, surtout. Avec leur dureté et leur douceur, leurs bords qui piquent, qui tremblent, qui font couler les yeux. Ton livre, j’avais envie de le porter sur mon cœur et de le tendre à ceux qui le méritent. Comme un cadeau. Comme une offrande.

Comme une vérité qu’on ne cache plus.

Nirlitt.
Les oies.

Un soir de fin de canicule, vous étiez quatre pour nous raconter le Grand Nord. Pour nous raconter Saluuit. Et tes mots, si c’est possible, sont venus me percuter encore plus. Je me suis demandé comment c’était possible. La poésie s’était-elle infiltrée entre les lignes, la poésie devenait-elle exponentielle ? On aurait dit que la beauté des phrases prenait encore plus de place alors que tu les lançais, maintenant. Alors que tu les interprétais, que tu les vivais devant nous. Alors que tu racontais tes mots, entrecoupés de la musique et des chants de gorge.

Tu nous tendais tes mots, et parfois, tu t’arrêtais. Tu n’étais pas venue seule, tu avais des gens avec toi. Un homme à la musique et deux femmes du Nord t’accompagnaient pour lier leur voix à tes écrits.

Elles s’avancent sur la scène, se regardant les yeux fermés, l’une devant l’autre, en tenant leur micro d’une main et le coude de leur voisine d’en face. Leur chant rauque prend toute la place. Puis, elles rient, doucement. C’est la fin, elles te tendent à nouveau le relais.

Vous continuez ces échanges durant une heure, peut-être plus. J’ai la chair de poule. La musique qui t’accompagne et ta performance me bouleversent. Je ne suis pas la seule: un homme, devant moi, essuie ses larmes au moment où les lumières s’allument pour signifier la fin de votre lecture.

On applaudit, on se lève.

Vous quittez la scène sans bruit.

Il n’y a pas de rappel, pas de paroles échangées.

Je vous observe vous étreindre dans les coulisses.

On se relance dans cette chaleur étouffante en ayant l’impression d’avoir quitté la ville, pour un temps. D’avoir parcouru les kilomètres qui nous ont plongés au cœur de Saluuit, de ses territoires à couper le souffle et de sa violence qui brise la gorge.

Merci.


Le Fil Rouge tient à remercier le Festival International de Littérature pour les invitations. Grâce à vous, nous avons passé des moments formidables. Félicitations pour ce que vous faites, votre festival est nécessaire.

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