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J’arrête la pilule : une enquête troublante

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C’est avant tout par curiosité personnelle que je me suis mise à me questionner sur la pilule contraceptive, que je prenais depuis très longtemps, ayant commencé à 13 ans. Mon dermatologue de l’époque m’avait prescrit la pilule contraceptive pour améliorer mon acné, ce qui a évidemment marché, tellement que j’ai pris la pilule pendant 50 % de ma vie, eh oui, pendant 13 ans! Réalisant l’ampleur de cette période, j’ai décidé à 26 ans d’arrêter tout simplement. J’en avais marre d’avoir peur des effets secondaires, et j’étais de plus en plus curieuse de voir l’effet que cela pouvait faire sur moi, l’ayant pris depuis ma puberté. Ce n’est pas sans craintes que j’ai arrêté, au contraire. Mais maintenant, 10 mois plus tard, je confirme que ce fut une excellente décision. Voilà pourquoi le titre de cet essai, J’arrête la pilule – écrit par Sabrina Debusquat – m’a tout de suite donné envie de m’y plonger, question d’en savoir plus sur ce désir grandissant d’arrêter la pilule qui vivait en moi. Et aussi, j’étais curieuse de lire ce que cette journaliste avait à m’apprendre, elle qui avait enquêté sur la création de la pilule et sur les effets de celle-ci chez tant d’utilisatrices.

La création de la pilule

Un des éléments m’ayant le plus surprise lors de ma lecture est le contexte de la création de la pilule. La pensée populaire m’a laissée croire que la création de la pilule était étroitement liée au féminisme et à cette volonté des femmes de reprendre contrôle sur leur corps. Or, c’est tout faux. La pilule a été créée, entre autres, par Margaret Sanger, et en analysant bien les motivations derrière cette création, on dénote de l’eugénisme. J’ai d’ailleurs appris ce mot lors de ma lecture. Il s’agit en fait de vouloir améliorer l’humain en laissant seulement les « classes supérieures » se reproduire. On est loin d’une création qui voulait redonner le contrôle de leurs sexualités et de leurs corps aux femmes.

Il faut néanmoins prendre conscience de l’importance de la pilule sur des générations de femmes. Ayant réellement changé la vie de nombreuses femmes à l’époque, je ne nie aucunement les bienfaits celle-ci (et l’autrice non plus). Or, la journaliste nous amène à comprendre que la pilule ne règle en rien les inégalités entre les hommes et les femmes. Au contraire, la charge contraceptive revient aux femmes. C’est ce qui amène l’autrice à prendre conscience du nombre grandissant de femmes qui remettaient l’utilisation de la pilule en question. Est-ce vraiment si « libérateur », de prendre la pilule? D’un point de vue féministe, la question se pose. Et la journaliste nous apprend qu’au niveau de la santé, elle se pose aussi.

Et la santé dans tout ça?

L’étude menée par Sabrina Debusquat aborde les problèmes qui surviennent à la suite de l’utilisation de la pilule, qui est un perturbateur endocrinien rempli d’hormones de synthèse. Il est juste de se questionner sur les effets que celles-ci peuvent avoir sur le corps humain. De trop nombreuses femmes ont subi des effets dits «secondaires » de la pilule contraceptive; certaines en sont même décédées. Maladies cardiovasculaires, dépression, baisse de libido, migraine; voilà une partie des effets dits secondaires par les professionnels de la santé. Or, à mon sens – et à celui de nombreuses femmes – il n’y a rien de secondaire dans ces soucis; ils sont graves et c’est important de revoir l’utilisation de la pilule chez les femmes qui en souffrent.

Effectivement, un des éléments qui m’a le plus touchée personnellement est le lien médical. L’autrice démontre que les femmes se tournent de moins en moins vers le monde médical pour gérer leur contraception. Cela est attribuable à un manque d’options souvent vécu par plusieurs ou à un lien de confiance inexistant (nombreuses sont les femmes ayant reçu comme réponse à leurs symptômes que cela n’était que dans leur « tête » ou « pas si grave », ce qui est révoltant!). Loin de moi l’idée de dire qu’il ne faut pas consulter – au contraire – les professionnels de la santé (ils ne sont pas tous pareils), mais il est temps de repenser le lien de confiance.

Ne cachons pas que l’industrie de la pilule en reste une qui est lucrative. Il faudrait réellement que la priorité soit la santé des patientes avant les retombées financières. À mon sens, Sabrina Debusquat ne passe pas un message dangereux à ses lectrices en nommant ces problématiques; elle ne dit pas de ne pas consulter, elle soulève un problème vécu par de plus en plus de femmes. Il serait bon que la pilule ne soit pas la norme, qu’elle ne soit pas prescrite en automatisme, qu’on sente une écoute de la part du personnel médical, que les études qui prouvent les dangers de la pilule chez certaines femmes soient prises au sérieux et non camouflées par peur de perte de rentabilité.

J’avouerai avoir trouvé le ton de la journaliste quelque fois un peu trop paniquant et angoissant. Le début de l’essai m’a plongée dans une angoisse troublante et un peu trop alarmante. Je comprends la motivation, mais je crois toutefois que le but n’est pas de faire peur, mais d’éduquer, de sensibiliser.

En terminant, l’autrice nous donne des options plus naturelles pour gérer sa contraception, ce qui est rassurant après avoir lu cet essai.

Au final, cette lecture m’a appris bien des faits concernant la pilule, même si je crois qu’il est nécessaire de lire ce livre en gardant en tête l’idée de s’informer. Chaque personne est différente, et c’est du cas par cas. La pilule est un moyen contraceptif important; jamais je ne mettrai en doute son utilité et efficacité. Toutefois, je pense – et l’autrice du livre aussi – que la question se pose : doit-on repenser la contraception?

Je tiens à mentionner que cette lecture reste seulement un essai informatif. Pour plus d’information, n’hésitez pas à consulter un.e professionnel.le de la santé et à lui mentionner vos craintes et/ou vos problèmes. 


Le fil rouge tient à remercier Flammarion pour le service de presse.

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2 Comments

  1. Valérie Valois says

    J’ai une question, je ne sais pas si tu aurais la réponse mais est-il possible que la pillule agrave mon eczéma? J’en fait beaucoup depuis toujours mais est-ce que ça pourrait tout de même faire partie des effets secondaires?

    Aimé par 1 personne

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