Littérature québécoise
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Darlène; une femme et une oeuvre multiples

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C’est grâce à la musique d’Hubert Lenoir que je me suis intéressée à Darlène, le premier roman de Noémie D. Leclerc. Les paroles et l’air de la chanson Fille de personne II, souvent entendus à la radio, se sont déposés avec force dans mon esprit et comme un véritable ver d’oreille, je les fredonnais sans cesse : « Je suis venu te dire que tu peux changer. J’ai vu un avenir de femme libérée. Tu portais le cuir et la tête rasée. J’ai vu ton avenir. »  La mélodie pop accrocheuse, des notes assumées de saxophone et le message fort de ces paroles ont piqué ma curiosité et j’ai tout de suite été emballée à l’idée de découvrir dans le roman de Noémie D. Leclerc qui était cette femme à l’avenir libéré.

À la rencontre de Darlène

« […] par un beau dimanche après-midi au vingt et unième mois d’août de sa vie ordinaire, Darlène est une jeune femme sans projet, découragée par chacun des cinq cent douze programmes de l’Université Laval, assise sur la banquette d’un Normandin. »

C’est une histoire de découragement qui nous est racontée, celle d’une quête de sens et de liberté aussi. C’est un récit d’émancipation sur fond d’amour naissant et de souvenirs de jeunesse qui nous présente Darlène, une jeune femme à l’aube de la vingtaine qui souhaite s’émanciper de sa famille, de son quartier et d’un avenir prometteur qui ne la fait toutefois pas rêver. Jusqu’ici, rien de bien original, c’est une histoire maintes fois racontée. Et pourtant! Je me suis laissée toucher par Darlène, par sa fougue, son caractère révolté et sa touche de marginalité ainsi que par l’écriture vraie et sans filtres de Noémie D. Leclerc. Une écriture que j’ai trouvée déconcertante. Au départ, les interventions du narrateur me dérangeaient, comme s’il m’éloignait du personnage. Je trouvais que les dialogues étaient un peu creux et qu’ils ne servaient pas vraiment l’histoire. Le rythme me semblait lent, le niveau de langue agaçant et les digressions envahissantes. Ce n’est qu’au bout de quelques chapitres que j’ai apprivoisé et vraiment apprécié l’écriture de Noémie.

Il faut dire que le banal et le simple y côtoient le grand, le beau et le vrai. Tout est à sa place et a sa raison d’être. Le texte forme un tout qui, cité par bribes, se dilue et perd de sa force. Les passages que j’ai trouvés les plus poignants se construisent au fil des pages, et ce n’est pas leur rendre justice que de les citer hors contexte. Je vous invite grandement à lire le texte dans son ensemble pour en saisir toute l’essence. C’est vraiment une écriture sans prétention qui raconte une histoire comme elle vient, avec ses moments forts et faibles, avec ses images plus lyriques et ses plongées dans la platitude d’un quotidien plus que réaliste ancré dans la banlieue de Québec. On sent que l’autrice flirte avec l’autofiction et qu’elle est inspirée par ce qui l’entoure et ses propres réflexions. Je sais bien que l’adjectif authentique est galvaudé, mais c’est quand même celui-là que je choisis pour décrire l’écriture de Noémie D. Leclerc. C’est un premier roman que je trouve audacieux et riche tant pour sa forme que pour le processus créatif qui l’a vu naître.

Darlène sous tous les angles

Darlène, c’est une histoire, un livre, un album ; c’est une rencontre entre deux esprits créatifs amis et amoureux. C’est Noémie D. Leclerc et Hubert Lenoir qui ont bâti ce qu’ils appellent un opéra rock moderne racontant les tribulations de jeunes adultes dans un monde qui ne leur convient pas. On sent bien que le roman et les chansons se nourrissent l’un et l’autre, qu’il y a un vrai dialogue, une complémentarité. C’est une œuvre multiple que l’on peut apprécier dans son ensemble, en partie, ou pas du tout, mais dont la démarche créative mérite qu’on s’y attarde. Je les trouve tout simplement audacieux, décomplexés et totalement rafraîchissants.

Au final, c’est tout le projet Darlène qui m’a charmée. Il m’a donné envie de découvrir de jeunes talents, d’ici et d’ailleurs, qui ont la témérité de faire entendre leur voix pour nous toucher et nous faire réfléchir.

Et vous, quels jeunes auteurs avez-vous découverts récemment?

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