Littérature jeunesse
Comment 1

Dessine-moi un mouton

Antoine de Saint-Exupéry, étoile, bibliothérapie, deuxième degré, fleur, Folio, Folio junior, Le fil rouge, Le fil rouge lit, Le petit prince, lecture, Les livres qui font du bien, littérature, littérature jeunesse, livres, planètes, premier degré, voyage

C’est quelque peu angoissant d’écrire un article sur le livre le plus traduit au monde après la Bible – en 300 langues pour être exacte – d’autant plus que rares sont ceux qui ne l’ont pas lu au moins une fois. Mais alors, me direz-vous, pourquoi m’embarquer là-dedans ? C’est que, il y a quelques mois de cela, j’ai eu une discussion endiablée avec mon coloc sur les différents degrés d’interprétation que chacun peut avoir d’un même livre. J’ai tout de suite pensé au Petit Prince d’Antoine de Saint-Exupéry, qui est reconnu comme étant un conte écrit pour les enfants, mais destiné aux adultes.

Avec les années, on gagne en maturité, tout en perdant l’enfant en nous, celui qui voit ce qui est réellement devant lui, qui accepte l’impossible et dont l’imagination surpasse la raison. C’est d’ailleurs pour cela qu’un enfant qui lit ce livre n’y verra qu’un personnage éclectique qui fait des rencontres toujours plus spéciales les unes que les autres. L’adulte, lui, rend à ce livre son côté sérieux, prêtant à ces lignes très simples une intention très complexe. C’est ce qu’on appelle aussi le premier et le deuxième degré.

 À travers mes yeux d’enfant : le premier degré

C’était une de mes histoires préférées quand j’étais petite. Je trouvais le Petit Prince drôle avec son grand manteau vert et ses pattes d’éléphant. J’adorais le suivre dans ses aventures toutes plus folles les unes que les autres, et tout cela pour une fleur. Je me rappelle même avoir voulu en apprivoiser une moi aussi, ce qui fut un échec monumental qui me brisa le cœur – pas facile la vie quand on a 6 ans. Le Petit Prince, vivant sur une étoile avec une fleur vaniteuse et fière qu’il aime de tout son cœur, trois volcans et des couchers de soleil à n’en plus finir, décida un jour de quitter sa maison pour explorer la galaxie. Il rencontre lors de ce voyage des personnes étranges, mais qui lui en apprennent beaucoup sur leurs planètes respectives. Il atterrit finalement sur la Terre, où il restera un an. Sur cette planète, il en apprendra un peu plus sur sa fleur chérie et sera enfin prêt à repartir d’où il vient.

Je me rappelle avoir été émerveillée par toute cette histoire. Je le trouvais courageux de laisser sa planète et sa fleur pour explorer ce qui l’entoure. J’avais envie d’aller lui rendre visite sur son étoile et de moi aussi visiter l’allumeur de réverbère, le géographe, et le roi, qui étaient mes personnages préférés. J’ai décidé de le relire, voir l’interprétation que j’en ferais maintenant, et j’ai compris qu’il m’était maintenant impossible de le lire à travers mes yeux d’enfants.

 « Mais les yeux sont aveugles. Il faut chercher avec le cœur. »

 À travers mes yeux d’adulte : le deuxième degré

Le petit prince, c’est l’enfant en nous tous. C’est la première réflexion que je me suis faite en le commençant, et c’est celle qui m’a suivie tout au long de ma lecture. Chacun de nous a un petit prince, qu’on observe au loin à travers toutes les étoiles, et qu’on essaie parfois de retrouver même s’il est inatteignable. Dans les toutes premières pages, le Petit Prince explique qu’il faut faire attention aux Baobabs, des arbres qui, si on les laisse pousser, prennent toute la place et font exploser la planète. Qu’il faut, dès qu’ils commencent à pousser, les arracher et les empêcher de grandir, comme les problèmes que nous avons tous. Ces pensées noires que nous avons tendance à laisser aller et qui finissent bien souvent par prendre toute la place et par avoir des conséquences irréversibles.

Et que dire de sa fameuse fleur et de ses quatre épines qu’elle pense vont la protéger contre les tigres de ce monde. Elle se crée ce masque de vanité et de distance pour ne pas être blessée, pour s’assurer de finir dans une cloche de verre, même si cela l’empêche de profiter du vent sur ses pétales et des chenilles qui se transforment en jolis papillons. N’est-ce pas ce que nous faisons, nous créer des masques remplis d’épines parce qu’il ne faut surtout pas que quelqu’un se rende compte que nous ne sommes pas parfaits?

Je vais m’arrêter ici, pour tous ceux d’entre vous qui n’ont pas encore eu la chance de lire ce petit bijou de la littérature. Si jamais c’est le cas, je vous conseille vivement de le mettre au-dessus de votre pile de livres à lire. Je vous le promets, vous ne le regretterez pas.

 Et vous, quelle a été votre interprétation de cette célèbre histoire ?

Advertisements

Un commentaire

Laisser un commentaire

Entrer les renseignements ci-dessous ou cliquer sur une icône pour ouvrir une session :

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l’aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s