Auteur : Charlotte Steingue

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Quand Pierre Lapointe devient conteur

J’ai depuis toujours un amour inconditionnel pour tout ce que crée Pierre Lapointe. Les paroles de ses chansons ainsi que sa musique, réussissent toujours à venir chercher en moi des émotions que j’essaie tant bien que mal de refouler. Je vous laisse ici un petit extrait de ma chanson préférée, Pointant le Nord, question de vous donner un peu l’eau à la bouche pour ceux d’entre vous qui ne le connaitraient pas. « Car il y a une rivière, qui a poussé entre nous Même si la terre toute entière ferme les yeux et s’en fout Et si un jour tu y plonges, moi j’y plongerais avec toi Pour noyer dans la pénombre la grandeur de nos ébats  Et si la terre toute entière se met à rire de nous Nous leur balancerons des pierres pour grafigner nos genoux Mais non jamais, mais oui je sais que je ne parlerais pas Bouche gelée jusqu’à ce que nos deux corps soient enterrés » Le conte réinventé Le tragique destin de Pépito, publié en 2016, m’a tout …

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Le bricolage poétique de Roxane Desjardins

Mon coloc a récemment décidé de se débarrasser de presque tous ses livres. C’est dans un bonheur incrédule que je me suis emparée de tout ce qui me passait sous la main. Parmi mes nouvelles acquisitions : Moi qui marche à tâtons dans ma jeunesse noire de Roxane Desjardins. Ce recueil est arrivé dans ma vie comme un baume sur une plaie ouverte dont je ne soupçonnais pas l’existence. « Comment c’était avant, est-ce que ça m’est vraiment déjà arrivé, d’être confortablement emmitouflée dans les chaudes couvertes de l’enfance. » Enchantement désordonné Visuellement parlant, j’étais déjà conquise. Le recueil est beau, mettant en vedette une illustration à la fois enfantine et étoffée. À l’intérieur, du pêlemêle et du beau. J’avais l’impression, le temps de 93 pages, d’entrer dans l’esprit de Roxane Desjardins et de partager toutes ses blessures, ses joies et ses peines. Le plus bel aspect de ce livre, c’est son ordre incertain, ces choix que nous avons à faire tout au long de notre lecture. C’est que chaque poème a sa construction particulière, qui …

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L’effet Foenkinos

Cette année, j’ai découvert avec une joie de plus en plus enivrante que je pouvais enfin répondre à la fameuse – et si difficile – question : mais qui est donc mon auteur préféré? Chacun de ses livres me charme un peu plus, me rend encore plus en amour avec son œuvre et avec ses mots. L’écriture de David Foenkinos est d’une douceur et d’une justesse renversantes. Son dernier livre, Vers la beauté, ne fait pas exception. Des destins qui s’entremêlent Comme à leur habitude, les personnages de Foenkinos sont fascinants. Antoine Duris est l’homme prospère typique : un bon emploi, une relation stable qui fait des jaloux et une vie qui n’est pas loin d’être parfaite. Sa vie semble basculer quand Louise, sa copine, le laisse sans crier gare et qu’il décide de tout quitter pour devenir gardien au musée d’Orsay. Sa sœur, qui le connait comme le fond de sa poche, n’y croit pas une seconde et part à sa recherche. Camille est une jeune fille remplie d’ambition et de vie qui, du jour au …

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De Bach à Huston

Ça m’a pris 23 ans avant d’ouvrir un livre de Nancy Huston. Ça faisait pourtant plus d’un an que ma meilleure amie me serinait de lire Lignes de faille, qu’elle considérait être un chef-d’œuvre. J’aimerais vous dire que je suis remplie de remords d’avoir attendu si longtemps, mais je suis trop occupée à me délecter du talent de cette autrice, deux fois plutôt qu’une. Après avoir enfin lu la recommandation de mon amie, un pur délice soit dit en passant, je n’ai pas pu résister et j’ai lu un autre de ses livres : Les variations Goldberg.  Je vous le dis tout de suite, je n’en suis pas sortie indemne. Trente têtes valent mieux qu’une Ce roman, le tout premier de Nancy Huston, est sorti en 1981 et continue 37 ans plus tard à faire parler de lui. On y suit Liliane Kulainn qui donne un concert privé dans sa chambre – l’expression musique de chambre prend alors tout son sens. Seules trente personnes ont été invitées, des gens qui ont marqué son passé ou qui …

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Et si Bloody Mary était féministe?

Je me confesse, je suis une mordue de poésie. Sous toutes ses coutures, de tous les genres. Il n’y a pas grand-chose que j’aime plus que de lire un poème et de me sentir connectée à celui-ci, comme s’il avait été écrit pour moi, pour ce que je ressens. J’aime découvrir de nouveaux artistes, de nouveaux vers, mais aussi relire ceux de mes auteurs préférés. C’est pourquoi le recueil de France Théoret, Bloody Mary, n’est jamais bien loin. Celui-ci, publié en 2011, est un amalgame de plusieurs œuvres de l’auteure, parues entre 1977 et 1992. Féminité crue L’image de la femme parfaite, de la femme toujours posée, jolie, épilée et prête à se donner est détruite dans ce recueil, parce qu’elle n’a en fait jamais existé. Cette femme, qu’on nous montre comme étant le modèle idéal dès un jeune âge, n’est qu’une illusion. Un mirage qui veut créer des femmes en séries, toutes pareilles et sans débordements. Sans désir autre que de satisfaire l’homme et de se faire envier par les autres femmes. « Image …

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Dessine-moi un mouton

C’est quelque peu angoissant d’écrire un article sur le livre le plus traduit au monde après la Bible – en 300 langues pour être exacte – d’autant plus que rares sont ceux qui ne l’ont pas lu au moins une fois. Mais alors, me direz-vous, pourquoi m’embarquer là-dedans ? C’est que, il y a quelques mois de cela, j’ai eu une discussion endiablée avec mon coloc sur les différents degrés d’interprétation que chacun peut avoir d’un même livre. J’ai tout de suite pensé au Petit Prince d’Antoine de Saint-Exupéry, qui est reconnu comme étant un conte écrit pour les enfants, mais destiné aux adultes. Avec les années, on gagne en maturité, tout en perdant l’enfant en nous, celui qui voit ce qui est réellement devant lui, qui accepte l’impossible et dont l’imagination surpasse la raison. C’est d’ailleurs pour cela qu’un enfant qui lit ce livre n’y verra qu’un personnage éclectique qui fait des rencontres toujours plus spéciales les unes que les autres. L’adulte, lui, rend à ce livre son côté sérieux, prêtant à ces lignes très simples une …

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C’est pas toi, c’est eux

Faire sentir quelqu’un infiniment petit pour se sentir infiniment grand. C’est ce qu’on a tous fait, de façon volontaire ou non, à un moment ou à un autre de nos vies. Il y a trois ans de ça, je suis tombée sur ce tout petit livre, écrit pour des adolescents, mais que tout le monde devrait lire. Un petit livre rempli de puissance, de rage, de trahison, de peur et finalement, d’abandon. Eux, de Patrick Isabelle, saura vous déranger et vous déstabiliser, que vous soyez un adolescent, un adulte dans la fleur de l’âge ou à la retraite. Je parle en connaissance de cause parce que même si je l’ai lu il y a longtemps déjà, ce livre me hante encore. Je me revois, tournant la dernière page dans un autobus bondé, la larme à l’œil, me demandant comment un livre pouvait m’avoir tant touchée. « J’ai vu la peur dans ses yeux. Ça m’a fait du bien. Alors j’ai tiré. » Je vous rassure, je ne viens pas de vous donner un extrait de …

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Une enfance en nid de poule

Quand j’ai enfin ouvert Vogue la valise, j’ai été surprise de voir que, malgré mes hautes attentes, le bédéiste Siris les surpassait toutes. À chaque page, je me posais de nouvelles questions sur ma perception de la vie et de la société qui m’entoure. Sur mon enfance et les souvenirs qui y sont rattachés. Pour certains, les bons souvenirs dépassent de loin les mauvais. Pour d’autres, il y en a plus de mauvais que de bons. Et il y a ceux pour qui ces souvenirs sont si rares qu’ils sont souvent engloutis par tout ce qui fait mal et tout ce qui brise l’âme. L’auteur a su illustrer la réalité des enfants mal-aimés, laissés de côté et les répercussions que cela peut avoir sur leur vie. Une valise lourde de sens L’histoire commence avec Renzo, un alcoolique semi-attachant, qui enchaîne les bouteilles d’alcool aussi vite qu’il perd ses emplois. Il rencontre Luce, une femme douce et résiliente, qui deviendra sa femme et la mère de ses cinq enfants : Louis, Josée, Chantal, Claudine et finalement, La Poule. …

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L’amour selon Nicole Krauss

L’histoire de l’amour est un de ces livres qui ne sort pas du lot au premier regard. Une couverture simple, un titre qui semble cliché, rien ne donne envie de le choisir plus qu’un autre. Je ne me rappelle même pas l’avoir acheté, et pourtant, il y a quelques semaines de cela, à la recherche de ma prochaine lecture, je suis tombée sur lui. Ce livre que j’allais refermer quelques jours plus tard, la larme à l’œil et un sentiment de vide m’envahissant. Un vide non seulement parce que jamais plus je ne pourrai le redécouvrir pour la première fois, mais aussi parce que c’est une histoire infiniment triste, mais remplie d’optimisme et d’espoir. C’est un livre coup-de-poing, mais qui le fait tout en douceur. J’ai été chamboulée par la facilité avec laquelle Nicole Krauss nous rend ces deux histoires, celle de ses personnages, mais aussi celle que ses personnages ont créée. Une deuxième histoire qui, elle aussi, est remplie de douceur et qui, grâce à des extraits insérés ici et là, a su apaiser …

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Sur les traces de Charlotte

Les plus perspicaces d’entre vous auront remarqué que ce livre porte mon nom. C’est d’ailleurs ce qui m’a attirée à lui. Il me narguait du bas de ma (trop grosse) pile de livres à lire et a miraculeusement fini entre mes mains, vainqueur contre tous ces autres ouvrages qui attendent depuis déjà trop longtemps. Charlotte, de David Foenkinos, est un livre simple et tragique, mais aussi un livre d’une douceur incroyable, malgré les sujets lourds dont il traite. L’obsession d’un auteur pour une artiste Huit ans. David Foenkinos a passé huit ans de sa vie à penser à Charlotte Salomon, l’artiste peintre qui mourut à l’âge de vingt-six ans alors qu’elle était enceinte. Huit ans à retracer ses moindres pas, et à essayer de comprendre une femme qui était tout sauf simple. Huit ans qui se terminent par ce livre, cadeau qu’il nous offre et qui nous permet de connaître cette femme que la vie a laissé tomber. C’est que, dès les premières pages, Charlotte est un prénom qui est lourd de sens. Comment s’en …