Littérature étrangère
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Tout ce qui se dissimule dans Nos silences

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Les femmes, en raison de leur genre, subissent la guerre de manière toute particulière. C’est ce que l’auteure Wahiba Khiari raconte, en libérant son propre vécu, dans Nos silences.

Ce court roman, paru en 2018 aux Éditions XYZ après avoir été publié en Tunisie il y a quelques années, entrelace fiction et autofiction pour faire le récit de la guerre civile algérienne du point de vue des femmes. En composant un roman à deux voix, l’auteure brise le silence des femmes happées par le conflit armé.

S’y alternent donc le récit d’une enseignante d’anglais ayant fui le conflit et les violences à leurs débuts et celui de son étudiante plongée dans l’épouvante de ce qui sera baptisé la «décennie noire». La première, tenaillée par les remords et l’impuissance, n’arrive pas à se défaire de l’idée que son élève traverse le pire là-bas.

 «Je suis loin, mais pas elle. Ils l’ont eue, j’en suis douloureusement convaincue. Des années qu’elle m’habite comme une deuxième possibilité de moi-même.»

Par l’écriture, elle la fait exister et elle fait exister l’histoire de toutes les femmes ciblées par des violences spécifiques à leur genre qui se déploient avec une brutalité inouïe en temps de guerre.

Écouter leurs voix

L’ouvrage est court ‒ à peine 90 pages ‒ mais ce qu’il raconte hante longtemps. Bien après en avoir terminé la lecture me parvenait encore, en écho, le récit de ces femmes dont l’histoire n’a été que très peu entendue jusqu’à aujourd’hui. Les décisions politiques qui ont suivi la guerre ont empêché les femmes d’être publiquement entendues quant aux violences terribles dont elles ont été victimes et à justice de leur être rendue. Sans compter le traumatisme, la honte et les tabous auxquels ont dû faire face les survivantes.

«Écrire, c’est aussi entailler la chair pour tatouer l’indélébile mémoire.»

Dans ce contexte, la narratrice se donne le projet de faire entendre la voix des femmes qui ont vécu, de près ou de loin, la guerre civile algérienne. Elle se livre ainsi à un exercice de libération de la mémoire pour conjurer sa culpabilité d’avoir eu accès à l’étrange tranquillité d’une vie exempte des horreurs qui se sont déroulées dans son pays d’origine. Malgré cette sensation persistante, elle parvient à révéler le vécu des femmes en temps de guerre pour éviter qu’il ne tombe à jamais dans l’oubli.

La nécessité de se souvenir

Dans ce contexte, Nos silences est une œuvre douloureuse mais nécessaire. Vie et mort se frôlent continuellement par la juxtaposition, au fil des pages du livre, de deux expériences radicalement différentes de la guerre. Pourtant, ces deux histoires de survie n’en sont finalement qu’une seule : celle de la survie de la mémoire de ces femmes dont le corps et l’existence même ont été instrumentalisés pour triompher du conflit.

Et vous, quelles sont les œuvres qui vous ont fait connaître un aspect méconnu de l’histoire des femmes?

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