Au-delà des livres
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Écouter des histoires pour mieux les ressentir

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Les derniers mois, j’ai eu quelques moments difficiles. Ni aussi durables et intenses que ce dont parle Julie dans son article, mais tout de même assez lourds pour que, tout comme elle, je remette en question mes habitudes de lecture.

Devant mon incapacité à lire, on m’a conseillé de tenter les livres audio. Mais pour être sincère, ça ne m’intéressait pas follement. En effet, les livres audio, c’est bon pour mes grand-parents, ou pour mon fils, à la limite. Mais quand on est adulte et dans une relative bonne santé, quel intérêt de se faire lire une histoire ?

La fiction sonore

C’est un fait indéniable : je suis plus sensible à l’écrit qu’à l’oral. Si tu te contentes de me lire l’histoire, je ne rentre pas dedans. Encéphalogramme à plat, je serai aussi réceptive qu’une huître (ce qui est tout de même un comble pour moi qui lis tant à voix haute avec le loulou).

Par contre, si tu me joues l’histoire, c’est totalement autre chose. C’est là que la fiction sonore m’a saisie. En effet, la fiction sonore est plus proche du théâtre que du livre : des acteurs jouent les dialogues, des bruitages sont ajoutés pour créer un paysage sonore cohérent qui sert la narration, et parfois un narrateur intervient pour aider à la compréhension.

Pour être honnête, ça me demande plus d’efforts pour être attentive à un récit sonore qu’à son équivalent écrit. Du coup, je suis lente, réécoute parfois plusieurs fois le même passage, et ai besoin du calme parfait pour me consacrer uniquement à mon écoute. Alors, contrairement à ce que certains pourraient penser, je n’écoute pas de littérature en voiture, en métro, ou en faisant une quelconque activité en même temps.

Une autre façon d’aborder le récit

Après quelques semaines d’adaptation, je dois dire que je suis conquise. En fait, je dois reconnaître que je me suis même mise aux livres audio finalement…

J’ai tellement l’habitude de contrôler mon flux de lecture (qui est plutôt rapide d’ailleurs), que j’ai eu beaucoup de mal à lâcher prise sur le déroulement de l’histoire. Par moments, j’enrageais de ne pas pouvoir sauter une page ou deux dans un passage que je trouvais un peu long !

J’ai l’impression d’avoir découvert un nouveau pan de la littérature, au-delà du livre. En fait, écouter le texte lui donne un tout autre éclat et, contrairement à ce que je pensais, ce n’est pas une activité de fainéant qui veut profiter de l’histoire sans se donner la peine de la lire. Par le son, le texte réussit à mieux imposer sa musicalité, son rythme. Par les intonations, l’acteur ou le lecteur peut influencer notre compréhension et notre ressenti des émotions, plus que l’écrivain par ses seuls mots. L’ouïe est un sens qui me paraît plus spontané, plus alerte que la vue. Passer par l’oral permet de se laisser porter, de s’immerger pleinement et de ressentir une ambiance plus naturellement que par l’écrit.

En tout cas, j’ai l’impression d’avoir redécouvert ma langue maternelle, avec toutes ses belles sonorités!

Maintenant, la partie intéressante

Les liens !

Pour ce qui est de la fiction sonore, j’en ai trouvé de très bonnes sur le site de France culture, dont notamment le très drôle Hasta Dente. France Culture produit quelques fictions sonores originales, mais s’adonne aussi aux adaptations sonores de classiques de la littérature. Nous avons particulièrement apprécié leurs versions de nouvelles de Lovecraft.

Mon mari est en fait un grand adepte des récits sous forme sonore; il en écoute énormément. Une de ses fictions préférées, qu’il écoute depuis des années maintenant, est l’inévitable Donjon de Naheulbeuk.

Il y a également l’excellent collectif Audiotopie qui fait de la fiction sonore à Montréal. Leur Hochelaga express m’a envoûtée.

Le son au service de la littérature

Dernièrement, je suis devenue une adepte des livres audio de ICI Radio-Canada et du site Opuscules qui mettent si bien en valeur la littérature québécoise. J’étais subjuguée par Joséphine Bacon lisant Bâtons à messages, Tshissinuatshitakana en innu-aimun. Cela m’a donné l’impression que certaines œuvres ne peuvent s’exprimer pleinement que par la bouche du lecteur, c’est la parole qui leur donne toute leur beauté. Les superbes poèmes des parcours Poésie Go de Montréal et Paris sont aussi disponibles en ligne à présent. C’est une façon idéale de s’initier à toute la beauté et la diversité de la poésie québécoise.

Mais certains auteurs poussent leur création au-delà des mots, non en fournissant une version sonore, mais en créant un univers sonore qui complète leur récit. C’est le cas de Julie Hétu et de son Baie Déception dont Audrey vous a déjà parlé. Il y a également Alain Damasio avec son projet transmédia, Les Furtifs, qui j’espère finira tout de même par voir le jour. En attendant, je vous ai mis un lien en bas pour écouter son excellent Fragments hackés d’un futur qui résiste.

Je finirai en vous conseillant Le voeu de Arleen Thibault : le livre est en fait le texte de son conte et est accompagné d’un CD contenant l’enregistrement du spectacle. Son texte joueur, taquin, enjoué et dynamique fonctionne à merveille à l’écrit. On y décèle toutes les subtilités, la poésie, on l’apprécie pour ses qualités techniques si je puis dire. Mais quand on l’écoute, on rit aux larmes, on s’en va, on a les deux pieds dans l’univers de l’autrice.

Et vous, qu’allez-vous écouter maintenant ?

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