Littérature québécoise
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Lire et acheter avec discernement

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Il y a déjà un bon moment qu’une problématique bien précise déclenche en moi des questions morales auxquelles je tente de répondre de façon avisée. Or, malgré mes nombreuses discussions sur le sujet et les multiples divergences d’opinions sur celui-ci, je ne connais toujours pas mon propre point de vue sur la chose. Mon questionnement repose sur la distanciation entre l’auteur et son oeuvre. En d’autres termes, pouvons-nous détacher l’auteur ou l’artiste de sa création? Devons-nous continuer de consommer une oeuvre même si nous ne respectons pas l’artisan derrière le projet en raison de ses comportements ou de ses valeurs? En somme, devrions-nous continuer d’acheter le travail d’un créateur pour notre plaisir personnel en mettant de côté les débats éthiques ou faudrait-il plutôt cesser d’encourager l’oeuvre en la boycottant?

Le mouvement #metoo, qui a d’abord vu le jour dans le monde cinématographique, aura grandement contribué à nourrir ma réflexion sur le propos. Cela dit, une situation spécifique au sein de l’univers littéraire est véritablement parvenue à ébranler mes convictions sur le sujet. Voici la courte histoire. Je suis une grande admiratrice de la série de bandes dessinées Rat Queens de laquelle je vous ai déjà parlé dans un article sur le Fil Rouge. Je me fais plus précise: il s’agit de ma série de BD favorite. Jusque-là tout est parfait dans le meilleur des mondes. Cependant, j’apprends sur le tard que le dessinateur et cocréateur de l’oeuvre, Roc Upchurch, est accusé et reconnu coupable de violences conjugales sur sa femme. Kurtis J. Wiebe, autre fondateur des quatre aventurières irrévérencieuses, écarte son collègue du projet. Il demeure que Roc Upchurch conserve ses droits d’auteurs et donc, qu’il continue de recevoir une part des bénéfices engendrés par la vente des volumes de Rat Queens qui n’arrête pas de rouler sa bosse, et ce, malgré un avenir incertain à la suite de la publication du troisième tome.

Désormais, que me reste-t-il comme solutions? D’emblée, Kurtis J. Wiebe n’a pas hésité une seconde en éjectant son partenaire dès les accusations déposées. Je ne peux donc pas lui en vouloir. Aurait-il pu faire plus? Peut-être. Comment? Était-ce de son devoir d’arrêter la série? Aurait-il dû mettre à mort le projet des Rat Queens? Laissez-moi en douter. De mon côté, que puis-je faire? Arrêter de consommer l’oeuvre? Arrêter de l’acheter tout simplement? L’emprunter à la bibliothèque seulement? Il reste que la bibliothèque a payé pour obtenir la bande dessinée. Le tout me semble sans issues.

Dès lors, je me dois de choisir entre mon amour pour les Rat Queens ou le respect de mes convictions. Choix déchirant. Est-ce un choix obligatoire? Laissez-moi en douter. Selon moi, il est possible de ne pas faire fi des événements troubles entourant les créateurs de l’oeuvre en s’informant, par exemple, et en soulignant les enjeux moraux qui en découlent. De fait, cet article prouve ma bienveillance et mon niveau de conscience en ce qui a trait à ma propre consommation. Bref, il faut en parler et dénoncer ce qui va à l’encontre de nos valeurs fondamentales. Il suffit de ne pas se mettre la tête dans le sable et de reconnaître ce qui doit l’être. Bien souvent, une équipe complète est responsable du travail derrière l’oeuvre et il serait dommage de les priver de leur art en fonction d’un seul individu et de ses déviances. Après, chaque cas doit être pesé individuellement en prenant compte des paramètres qui lui sont propres et du contexte l’entourant. Il nous appartient donc de demeurer des consommateurs avertis et alertes.

Et vous, que pensez-vous de cette problématique?

Crédit photo : Michaël Corbeil

 

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Mais qu’importe l’éternité de la damnation à qui a trouvé dans une seconde l’infini de la jouissance?» (Charles Baudelaire, Le Spleen de Paris) Les vers de Baudelaire auront été la source de son épanouissement en tant que bizarroïde de ce monde. La poésie, Marika la vit au quotidien à travers tous les petits plaisirs qui s’offrent à elle. Une grimace partagée avec une fillette dans le métro, la fabrication d’un cerf-volant dans un atelier strictement réservé aux enfants, un musicien de rue interprétant une chanson qui l’avait particulièrement émue par le passé, lui suffisent pour barbouiller le papier des ses pensées les plus intimes. Chaque jour est une nouvelle épopée pour la jeune padawan qu’elle est. Entre deux lectures au parc du coin, un concert au Métropolis et une soirée au Cinéma du Parc pour voir le dernier Wes Anderson, elle est une petite chose pleines d’idées et de tatouages, qui se déplace rapidement en longboard à travers les ruelles de Montréal. Malgré ses airs de gamine, elle se passionne pour la laideur humaine. Elle est à la recherche de la beauté dans tout ce qu’il y a de plus hideux. Elle se joint au Fil Rouge afin de vous plonger dans son univers qui passe des leçons de Star Wars aux crayons de Miron en faisant un détour par la voix rauque de Tom Waits et le petit dernier des Coen. Derrière son écran, elle vous prépare son prochain jet, accompagnée de son grand félin roux, d’une dizaine de romans sur les genoux et d’un trop plein de culture à répandre

Un commentaire

  1. J’ai été confrontée à cette réflexion vis-à-vis de Bertrand Cantat. J’adore Noir Désir et je condamne ce pourquoi la justice l’a condamné, justement. Après un contenu peut être à des années lumières des actes et des convictions personnelles d’auteurs/artistes. Tout dépend des contenus en fait et peut-être du niveau d’implication de l’auteur dans de sales affaires aussi… ^^’ En gros, je fais au cas par cas.

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