Littérature étrangère
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La (véritable) richesse de Martin Eden

Martin Eden, Jack London, Littérature américaine, littérature, le fil rouge, le fil rouge lit, les livres qui font du bien, bibliothérapie

J’ai vraiment l’impression de tomber sur des petits trésors cachés quand je rencontre quelqu’un qui a mille et une anecdotes de vie à raconter, un parcours de vie un peu funky. Je trouve les personnes qui ne suivent pas les sentiers battus plus bad ass. Versus quelqu’un de trop sage, de trop rationnel, je trouve ça plate.

Dans le roman Martin Eden, on voit comment ces deux personnalités interagissent ensemble, comment ils se confrontent dans leur idées et surtout, où leur parcours de vie les mèneront. Et ça m’a étrangement beaucoup interpellé.

Publié en 1909, le classique de la littérature américaine écrit par Jack London, romancier et aventurier, persiste encore à travers les époques puisqu’il est rempli de grandes beautés poétiques et d’inspirantes philosophies de vie toujours si actuelles.

***

Début du XXe siècle, États-Unis. Martin Eden, jeune matelot de vingt ans, ne connait rien d’autre que la mer. Au quotidien, cet ouvrier endure les conditions misérables de son dur labeur. Un jour, alors qu’il est invité à partager un souper chez une famille bourgeoise, il tombe sous le charme d’une élégante, riche et noble jeune femme, Ruth. Elle est inatteignable. Un monde les sépare. Elle est éduquée, vient d’un milieu aisé, s’exprime avec une syntaxe parfaite et sa peau est d’une blancheur immaculée, alors qu’il a toujours travaillé de ses bras, est mal rasé et a du mal à arrondir les fins de mois. La beauté, la grâce, la noblesse et l’inaccessibilité de Ruth séduisent Martin et, pour conquérir son cœur, il deviendra écrivain.

Trouver sa vocation

Il entreprend donc de s’éduquer par lui-même. Jour et nuit, il s’informe dans les livres, s’intéresse à la poésie, à l’art, aux sciences, à la philosophie. De son besoin de savoir nait son besoin de noter et de partager ses connaissances. Tout naturellement, l’écriture vient à lui comme une révélation.

«Il serait les yeux qui font voir le monde, les oreilles qui le font entendre, le cœur qui lui donne l’émoi. Il écrirait […]. Voilà la carrière qui lui permettrait de gagner Ruth.»

Il sera écrivain. Il met cœur et âme dans sa nouvelle vocation. Doté d’un cœur sensible à la beauté, à la poésie et à l’amour, il est convaincu qu’il fera succès dans ce domaine et saura en faire un vrai gagne-pain qui le rendra riche et célèbre.

Ouvrier et intellectuel

Avec l’étude, son esprit critique se développe et il commence à fréquenter les débats publics, les joutes oratoires et les salons d’intellectuels où il découvre de vrais connaisseurs et passionnés de philosophie, de science, d’actualité, de politique. Il est ébloui par ces gens ouverts d’esprit dont le savoir est sans limite. Maintenant plus informé et plus intelligent, Martin pense pouvoir se hisser au même niveau que la famille bourgeoise de la belle Ruth. Il est choqué de constater que ces gens sont très fermés d’esprit et moins cultivés que ce qu’il pensait. Lui qui les avait mis sur un piédestal redescend vite de son nuage. Auprès d’eux, ses origines prolétaires lui collent à la peau, on le traite de socialiste. Sa propre famille commence à le renier, car maintenant qu’il sait penser, il défend des idées avant-gardistes qui sont mal perçues dans la société. Il se sent incompris et seul au monde. Sa carrière ne décolle pas comme il voulait car le monde de l’édition est cruel.

Son amour avec Ruth est donc impossible, car l’apparence et la réputation de Martin Eden nuit à la famille. Alors qu’avec du succès et de la reconnaissance tout serait si différent.

Malgré tous ses efforts, Martin ne roule pas sur l’or. Sa richesse est véritablement dans son cœur : il possède la capacité de s’émerveiller, de rêver, de croire, d’ambitionner, d’aller de l’avant. Et surtout, il est assez courageux pour rester lui-même et ne pas se laisser pas marcher sur les pieds. Qu’importe, avec ou sans succès, il reste Martin Eden, l’ouvrier. Son vécu est riche en histoires et en anecdotes et est, selon moi, tellement plus palpitant que s’il possédait toute la fortune du monde.

Cette lecture a eu un puissant effet sur moi. Et je pense qu’elle pourrait en faire autant sur ceux qui sont en train de commencer à tracer leur parcours de vie, ceux en recherche d’inspiration, ceux qui ont peur d’écouter la petite voix de leur coeur ou même simplement ceux qui ont besoin d’évasion.

Et vous, quels sont vos personnages bad ass préférés?

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