Littérature étrangère
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Une bouteille dans la mer de Gaza: les courriels de l’espoir

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Une bouteille dans la mer de Gaza de Valérie Zenatti est un récit d’une sensibilité à fleur de peau, dépeignant deux personnages mus par un désir de réconciliation malgré l’adversité.  L’auteure y brosse, à travers les yeux de deux jeunes adultes, un portrait du conflit israélo-palestinien, décrivant, par leur correspondance électronique, leur tentative de nouer une relation, de bâtir la paix entre eux deux. C’est en constatant l’ampleur du conflit séparant les personnages que le récit apparaît dans toute sa force, alors que Tal et Naïm nouent une amitié, envers et contre tous.

Une histoire qui défie les frontières

Une bouteille dans la mer de Gaza, c’est l’histoire de Tal Lévine vivant à Jérusalem qui, à la suite d’un attentat au café au coin de sa rue, décide d’écrire une lettre à un destinataire inconnu dans l’espoir d’établir un dialogue avec quelqu’un hors de son pays. Elle demande alors à son frère Eytan, qui effectue à ce moment-là son service militaire dans la bande de Gaza, de jeter à la mer la bouteille dans laquelle elle a mis ses écrits, espérant une réponse à sa missive.

«Mais si cette lettre a la chance de te trouver, si tu as la patience de me lire jusqu’au bout, si tu penses comme moi que nous devons apprendre à nous connaître, pour mille bonnes raisons, à commencer par nos vies que nous voulons construire dans la paix parce que nous sommes jeunes, alors réponds-moi.» (p. 23).

Une bouteille dans la mer de Gaza, c’est aussi l’histoire de Naïm, jeune Palestinien, qui tombe sur cette lettre d’une Israélienne animée par un désir de paix.  C’est à ses risques et périls qu’il choisit de lui écrire un premier courriel anonyme à l’adresse qu’elle a laissé dans la bouteille, se moquant tout d’abord de sa naïveté et de sa crédulité dans son désir de paix.

«Mademoiselle «bouteille pleine d’espoir dans un océan de haine», je t’informe que je suis un garçon, eh oui, quand on envoie une bouteille à la mer, il faut s’attendre à tout, y compris à ce que ce ne soit pas le destinataire de ses rêves qui la reçoive.» (p. 27).

C’est alors le début d’un échange de courriels entre Tal et Naïm, entre une adolescente de Jérusalem et un jeune homme vivant dans la bande de Gaza. Chacun tente de comprendre celui de l’autre côté de l’écran, de l’autre côté des barrières, pour finalement s’attacher peu à peu l’un à l’autre. Ils s’échangent leurs réflexions sur ce conflit qui dure depuis près de soixante-dix ans, s’inquiétant des répercussions que celui-ci a sur la vie de l’autre, souhaitant tous les deux s’en évader.  Alors si la paix ne vient pas pour eux, ils partiront à la chasse à la liberté.

«Alors, j’ai pris la seule décision qui vaille.  Je me suis juré de partir d’ici.  De quitter cet endroit maudit pour vivre dans un monde libre, dans un monde où aucun coup de feu ne m’empêcherait d’être avec qui je voulais être, là où je voulais.» (p. 165).

Ce récit de guerre qui parle de paix

Roman envoûtant tant par son style épisodique que par la force de son propos, Une bouteille dans la mer de Gaza est un roman qui ne laisse pas indifférent. Ses deux personnages, Naïm et Tal sont d’une fragilité touchante, deux âmes malmenées par la guerre et qui se débattent pour s’en sortir.  Les émotions de ces deux jeunes adultes , forcés de vieillir trop vite et fatigués par des tensions permanentes, sont couchées sur le papier avec délicatesse et exactitude.  L’auteure forge deux individus à la fois similaires et dissemblables, qui s’amalgament à merveille dans cette histoire à cheval entre deux mondes.  Le quotidien, tant de l’un que de l’autre, est raconté avec simplicité, cherchant à rendre le plus fidèlement possible le ressenti du Palestinien et de l’Israélienne face à cette violence quasi-omniprésente.

En outre, on ne peut être que touché, comme je l’ai moi-même été, par la tentative de paix représentée dans ce récit, surtout quand l’on connaît la situation actuelle au Moyen-Orient.  Chaque personnage voit dans l’autre une lueur d’espoir alors qu’il déconstruit ses préjugés par rapport à son homologue et que naît entre eux une amitié toute particulière.  Puisque, une fois que leurs jugements ont disparu et qu’ils renoncent à être sur la défensive, ils se retrouvent face à face et se voient tous deux comme des êtres habités par un même épuisement pour la guerre et un même espoir de s’en défaire.  Ils se voient l’un dans l’autre, ils se comprennent et se reflètent.

Bref, Une bouteille dans la mer de Gaza de Valérie Zenatti est un roman touchant qui parle de guerre, de paix, et de tout ce qu’il y a entre les deux.  Une bouteille dans la mer de Gaza, c’est une série de courriels réunissant tous les espoirs de deux jeunes troublés par la guerre.

Et vous, quel est le dernier roman abordant un conflit contemporain vous ayant touché par son propos?

Pour d’autres suggestions de livres de Valérie Zenatti, allez lire l’article de Marion Gingras-Gagné sur le roman Les âmes sœurs en cliquant ici!

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