Littérature canadienne
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Le rosier de la Pointe : le destin des roses de Pointe St-Charles

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Il y a de ces livres qui éveillent des émotions fortes même si l’intrigue n’a rien de particulier en apparence. Justement, ce n’est souvent qu’une façade, une clôture qu’il faut franchir afin de découvrir un univers des plus riches qui suscite une curiosité sans bornes. C’est le cas du roman d’Alice Zorn, Le rosier de la Pointe, traduit en français cet automne. Le titre original, Five Roses, rappelle, à juste titre, l’enseigne géante « Farine Five Roses » qu’on peut apercevoir de loin dans le sud-ouest de Montréal. Cette affiche illuminée bien connue a une importance capitale dans le déroulement des évènements de l’histoire et relie le destin de trois femmes. Le genre de récit qui me parle vraiment, mais vraiment beaucoup.

Trois femmes liées les unes aux autres

Le rosier de la Pointe raconte trois histoires : celle de Fara, de Rose et de Maddy. Ces femmes habitent toutes les trois Montréal et, au départ, ne se connaissent pas. Mais au fil de l’histoire, différentes situations vont les amener à se rencontrer et à tisser des liens improbables entre elles. Tout d’abord, il y a la fuite de Thérèse dans les bois. Elle fuit Montréal en emportant avec elle un bébé volé : Rose. On retrouve ensuite la même Rose, 27 ans plus tard, qui retourne à Montréal à la mort de sa « maman » après un long exil dans la forêt. Ensuite, il y a Fara qui emménage dans une maison de Pointe St-Charles. Cette nouvelle demeure, acquise à un prix dérisoire, cache un drame qui ravive des souvenirs troublants dans l’esprit de Fara. Finalement, il y a Maddy qu’on rencontre à la page 127 seulement, employée dans une pâtisserie de marché. En apparence ordinaire, l’histoire de Maddy cache une tragédie : la perte d’un enfant. Un enfant volé et jamais retrouvé. Vous pouvez faire le lien entre Rose et Maddy, c’est rapidement exposé dans le livre. Dès que j’ai lu le résumé du roman, j’ai été curieuse d’en savoir plus, principalement de découvrir si mère et fille allaient se retrouver et surtout, comment ça se passerait. Je garde pour moi l’issue de cette intrigue.

Un livre rempli de surprises

Il faut d’abord parler du format du roman, qui pourrait déplaire à certains, ce qui n’est pas du tout mon cas. Le livre est moins large que la normale et, pour ma part, je trouve que ça donne du panache au livre. Ce format est très prisé par l’éditeur Marchand de feuilles et j’avoue que ça m’influence souvent dans mes achats. Le roman Courtepointe, dont a parlé ici ma collègue Amélie, en est un bon exemple. Outre le format, la page couverture, bien différente de l’édition originale, dégage une certaine noblesse et est vraiment magnifique. Bref, l’objet en soi est une œuvre. Comme je l’ai déjà mentionné, il s’agit d’une traduction de l’anglais, mais on aurait dit que le livre a été écrit en français tellement le texte est fluide. Un excellent travail de la part du traducteur Bertrand Busson. J’aimerais bien d’ailleurs jeter un coup d’œil à l’original pour comparer. J’ai été étonnée de voir ressurgir chez moi un fort sentiment d’appartenance à Montréal lors de ma lecture, même si j’ai quitté la grande ville depuis plusieurs années et que je ne connais que peu le quartier où se déroule principalement l’histoire (Pointe St-Charles). J’ai aussitôt programmé une visite dans les jours qui ont suivi tellement la sensation était forte. J’avais besoin de me reconnecter à mon ancien patelin. La puissance de la lecture…

Des thèmes variés et prenants

L’importance qu’on donne à la famille est au cœur de ce récit. Que ce soit à travers la relation entre Rose et sa « mère » décédée, le souvenir que garde Fara de sa sœur ou encore l’espoir de Maddy de retrouver son enfant, les valeurs familiales sont abordées de toutes les façons possibles. On découvre aussi les différentes façons de vivre le deuil, selon le personnage et la situation. À travers Rose et sa passion pour le métier à tisser, qu’elle ramène en ville pour s’y consacrer, ou encore par Maddy qui laisse tout tomber pour aider son amie Yushi à vivre de sa passion pour la cuisine, l’importance de faire ce qu’on aime dans la vie est beaucoup mise de l’avant tout au long de l’histoire.

La fin ouverte du récit donne espoir que les personnages réussissent à vaincre leurs démons, qu’il s’agisse de la honte, du remords ou encore de la crainte de l’autre, tout simplement. Je peux affirmer avec conviction que cette histoire donnerait naissance à un très bon film. Je lance ça dans l’univers, comme j’ai tendance à le faire chaque fois que je découvre une œuvre aussi imagée, en espérant qu’un(e) artisan(e) du cinéma y voit le même potentiel. On peut rêver… Ce livre donne envie de vivre pleinement et d’apprécier ce qu’on a.

Et vous, quelles œuvres littéraires aimeriez-vous voir au grand écran?

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