Bande dessinée et roman graphique
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Watchmen : le super-héros du roman graphique

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Nous sommes en 1985. Dans un monde parallèle au nôtre, les super-héros font partie du quotidien. Dans ce monde dystopique, la guerre règne en maître. La corruption n’a plus aucune limite tandis que Richard Nixon en est à son cinquième mandat. L’angoisse est à son comble, et même les idoles d’autrefois ne sont plus que l’ombre d’elles-mêmes.

La mort d’un comédien

Cette histoire commence par la mort d’un ancien super-héros. C’est sur le pavé, après une chute de plusieurs étages, que la vie d’Edward Blake prend fin. Fidèle à lui-même, son ancien collègue fait de la découverte du coupable sa mission. Sa paranoïa l’entraîne à croire qu’une conspiration est derrière cet assassinat et que ses semblables et lui-même en sont les prochaines cibles.

C’est dans une ambiance de polar illustré que les personnages se présentent à nous.  Reconnu comme étant un mercenaire sarcastique et violent qui est tout sauf attachant, Edward Blake porte comme un gant le surnom de Comédien. Pour lui, la vie est une blague. De nature indépendante, Rorschach n’a besoin de rien ni personne pour lui permettre d’arriver à ses fins : pour lui, tout est soit noir, soit blanc. Il ne prend pas son rôle à la légère et est le dernier de ses semblables à être encore actif, malgré l’interdiction du gouvernement. Il y a Le Hibou, un geek attachant qui n’a rien à envier aux Batman de ce monde. Il vit dans le passé et est le seul qui semble nostalgique de ce qu’il considère être la belle époque. S’ajoute ensuite Ozymandias, l’homme le plus intelligent de la planète. Arrogant et manipulateur, ses priorités sont l’argent et le pouvoir. Dr. Manhattan, un véritable dieu, voyage à travers l’espace et le temps en quête de réponses. Il se détache de l’humanité et néglige celle-ci au profit de son travail. Sa copine, Sally Jupiter, une rebelle à la tête de cochon, n’a jamais voulu faire partie de ce monde : elle ne l’a fait que pour avoir l’approbation de sa mère. Les Watchmen, tous plus différents les uns que les autres, forment le tout le plus complet qu’un univers littéraire pouvait créer.

Les auteurs, Dave Gibbons et Alan Moore, ont réussi toutes leurs missions, mais principalement celle-ci : raconter notre monde tel qu’il serait si des justiciers en faisaient partie. L’écriture nuancée permet d’inclure à un univers réaliste des personnages surréalistes.

 La nouvelle image du roman graphique

Avant Watchmen, le roman graphique était considéré comme étant inférieur au roman en tant que tel. Dave Gibbons et Alan Moore, les créateurs de ce chef-d’œuvre, avaient d’ailleurs comme objectif de rehausser l’image du roman graphique pour que celui-ci soit reconnu par le milieu littéraire. Ils ont remporté leur pari haut la main, car Watchmen s’est retrouvé dans la liste des 100 meilleurs livres du New York Times. Le roman graphique a donc gagné sa place dans le cœur des lecteurs et continue de gagner en popularité d’année en année. Cet ouvrage est la preuve de tout ce que la bande dessinée peut réaliser en termes de création d’un monde et d’une histoire complexe.

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Mais comment, considérant le contexte dans lequel elle est sortie, une telle œuvre a-t-elle pu créer un pareil engouement? Le médium de la bande dessinée, qui suivait depuis toujours le modèle instable des grilles changeantes et des couleurs primaires, se voit ébranlé par Dave Gibbons. Avec son utilisation exclusive de couleurs secondaires – comme le vert et le violet – et d’une mise en page constante de neuf cases de même format, il a réussi à réinventer quelque chose qui semblait coulé dans le béton. Plusieurs de ces cases se répètent, avec un simple élément changeant dans celles-ci, créant plus de mouvement et rappelant le stop motion – ou animation en volume – que l’on retrouve dans le monde cinématographique. Dave Gibbons a lui-même dit en entrevue que l’aspect le moins intéressant de l’ouvrage est l’histoire, tout le reste étant encore plus fascinant.

Étant moi-même une grande admiratrice du médium de la bande dessinée et du roman graphique, cette œuvre m’a fascinée de la première à la dernière page. Tout est en finesse et en détail, et découvrir cet univers était un réel plaisir. L’histoire est étoffée et réfléchie, les personnages développés avec une grande richesse et les illustrations sont tout simplement sublimes. Il ne reste qu’une seule question à vous poser :

 Si vous ne l’avez pas encore fait, qu’attendez-vous donc pour lire Watchmen?

 

 

 

 

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