Littérature québécoise
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Éléonore : les femmes de l’autrice Louise Tremblay-D’Essiambre

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Jamais, au grand jamais, je n’aurais pensé écrire à propos d’un roman de Louise Tremblay-D’Essiambre ici, sur Le fil rouge. La raison est simple : je n’aime pas vraiment les livres de cette autrice. À chaque publication, elle fracasse des records, ce sont toujours des best-sellers, ce qui n’est vraiment pas le genre de littérature qui m’interpelle habituellement. Mais je dois avouer que j’ai été intriguée lorsque j’ai lu à la hâte la 4e de couverture du livre Éléonore, une femme de cœur, à sa sortie.

Le monde des années 1920

Premier tome de la série Histoires de femmes, le roman raconte l’histoire d’une  adolescente de treize ans, Marion Couturier, qui est forcée de quitter son foyer afin de travailler dans un manoir et, ainsi, rapporter de l’argent pour subvenir aux besoins de ses parents et de ses (nombreux) frères et sœurs. Alors que Marion vient d’une famille pauvre et sans grande éducation, elle devra apprendre les bonnes manières, et les règles du manoir et de la hiérarchie. Mais Marion est une jeune fille curieuse et allumée qui saura relever les défis qui se présentent à elle.

Une lecture inattendue

On peut trouver l’histoire un peu cliché, j’en conviens, mais il y a un petit quelque chose dans l’écriture et dans le récit qui donne envie d’adopter Marion, de la prendre sous son aile, comme le fait Éléonore, la cuisinière du manoir. Parce que malgré le titre qui met en évidence Éléonore, ce n’est pas elle le personnage central. Son arrivée dans l’histoire constitue plutôt une rencontre charnière dans la vie de la jeune Marion. C’est ce que j’en ai déduit, à tout le moins. J’avais quelques réticences avant d’entamer ma lecture, mais j’ai été conquise dès le début, avant même que l’histoire ne commence, avec une toute petite phrase qui dit :

«Je m’appelle Marion. Marion Couturier. Mais dans ma famille, tout le monde m’appelle Marie. Je déteste quand on m’appelle Marie. C’est Marion, mon nom. Marion Couturier.»

p. 15

J’ai aimé l’entêtement et la force de caractère de cette adolescente qui évolue à une époque (le début du 20e siècle) où les femmes ne sont pas souvent invitées à donner leur avis sur ce qu’elles veulent. La famille de Marion est très pauvre et peu éduquée; aller à l’école n’est pas une priorité, il faut plutôt travailler pour nourrir tout le monde (8 enfants, en plus des parents). Le père boit beaucoup, le frère aîné est un peu fainéant, la mère accumule grossesse après grossesse. La vie n’est pas rose chez les Couturier. Lorsqu’elle devient aide-cuisinière au manoir de la famille O’Gallagher, Marion découvre un monde auquel elle n’aurait jamais pensé avoir accès. Certes, il y a la hiérarchie à respecter et les classes sociales à garder en tête, et on travaille dur au quotidien, mais la vie est remplie d’opportunités et plus vaste que ce que Marion avait imaginé.

Découvrir le monde

Étant une grande amatrice de la série télévisée Downton Abbey, j’ai beaucoup apprécié ma lecture, retrouvant à l’occasion plusieurs similitudes entre les deux récits. Mais l’attention est surtout portée sur la vie dans la cuisine du manoir et sur la famille de Marion. On côtoie un peu la famille O’Gallagher, qui emploie Marion, mais c’est surtout la relation entre Éléonore, la cuisinière, et Marion qui est mise de l’avant. Éléonore contribue en quelque sorte à l’épanouissement de Marion, lui faisant découvrir toutes les possibilités qu’offre le monde. La rencontre avec une famille singulière va également bouleverser l’univers de Marion, lui faire prendre conscience qu’elle peut être libre et vivre autrement.

Puisqu’il s’agit du premier tome d’une série (dont j’ignore le nombre total de volumes), la fin n’est qu’un temps d’arrêt dans l’évolution de la jeune Marion et on a bien hâte de connaître la suite. Le 2e tome est déjà en librairie et je vais certainement y jeter un coup d’œil avant longtemps. C’est le genre de récit qu’on lit dans un joli coin lecture aménagé près d’une fenêtre ensoleillée, avec une courtepointe posée sur les genoux, sans oublier un bon thé fumant posé tout près. Une belle lecture qui coule et qui laisse un goût de miel sur la langue.

Et vous, quelles lectures vous réconfortent le plus?

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