Littérature québécoise
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Embrasser Yasser Arafat – Chroniques palestiniennes d’Anaïs Barbeau-Lavalette : un autre regard sur la Palestine

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Petit bouquin de moins de cent pages, Les chroniques palestiniennes de l’autrice Anaïs Barbeau-Lavalette (pour d’autres articles sur les romans de l’autrice, cliquez ici, ici et ici!) n’est pas une critique politique ou encore un historique complet du conflit qui oppose la Palestine et Israël depuis plusieurs années maintenant. C’est plutôt la Palestine vue à travers les yeux de l’autrice. Son témoignage nous transporte directement dans une Palestine que l’on ne nous montre pas, territoire désertique parsemé d’arbres fruitiers, où une population continue de vivre malgré la guerre qui fait rage. L’autrice a un véritable don pour nous faire sentir les choses, nous les faire voir, et ce, avec des mots couchés sur quelques feuilles de papier. À travers les pages, on peut sentir sa volonté de rendre un récit honnête.

L’image médiatique de la Palestine : critique

En toute franchise, je ne connais pas grand-chose sur le conflit israélo-palestinien. Toutefois, automatiquement, comme si c’était programmé dans ma tête, lorsque j’entends le mot « Palestine » me viennent (malheureusement) à l’esprit, comme probablement plusieurs d’entre vous, des mots tels que guerre, terrorisme, kamikazes, bombes, checkpoints, tensions et j’en passe. C’est ce que l’on voit dans les médias, quoi. Et d’ailleurs, on tente de nous incruster dans la tête, plus souvent qu’autrement selon moi, que les Palestiniens sont les gros méchants de l’histoire. Mais n’avons-nous pas oublié qu’ils sont d’abord et avant tout des humains avec, comme vous et moi, des émotions, des passions et des ambitions, et qu’ils ont à cœur ce territoire disputé? Ne manque-t-il pas, trop souvent, un côté à la médaille?

Même si ce n’est pas avec ce livre que j’en ai nécessairement appris plus sur l’historique du conflit qui oppose Israël et la Palestine, j’en sais toutefois plus sur les difficultés quotidiennes du peuple palestinien, ces difficultés dont on parle peu, qui constituent ce revers de la médaille.

Un autre visage : la résilience

À travers ses mots, Anaïs Barbeau-Lavalette nous fait voir un visage différent du peuple palestinien, un visage qui nous est inconnu. Elle nous raconte leur vie quotidienne et le lot de défis qu’elle comporte. On peut le sentir, ce climat de tensions incrusté dans les phrases, les mots, les pages du petit bouquin, cette violence, cette tristesse et ce désespoir, la douleur d’avoir perdu des êtres chers. On les voit, ces gens blessés et tristes. On ressent aussi toute cette nostalgie d’une Palestine qui n’est pas celle d’aujourd’hui. On le sait que ce n’est pas la joie.

Mais le témoignage de l’autrice vise surtout à nous présenter des jeunes, des familles et des plus âgés rencontrés lors de son séjour. Ces gens dont on parle peu, ou pas du tout. C’est un récit de leur vécu, de leurs points de vue et de leurs émotions. Certains résistent par la vengeance, mais la plupart résistent par leur résilience, soit en continuant, malgré la guerre qui sévit, à vivre au quotidien.

« Si on décernait des prix aux artisans de la vie, j’en donnerais un à Siham. Que ça explose, que ça pleure ou que ça crie, tant pis : la vie, elle se la fabrique jolie. »

Après avoir lu le témoignage de l’autrice, on comprend bien que la Palestine ne se résume pas qu’à ces mots sanglants et violents. La Palestine, c’est aussi de la résilience, beaucoup de résilience.

Un amour pour le territoire

Les chroniques palestiniennes nous montrent que la Palestine est bien plus qu’un conflit. Anaïs Barbeau-Lavalette nous présente des personnes résilientes et qui aiment profondément le territoire. L’autrice porte un autre regard sur un peuple qui est squeezé sur un bout de terre de la planète, coincé entre des checkpoints, des soldats armés et des murs. Malgré cette apparence de prison, les Palestiniens ne se laissent pas marcher sur les pieds. Ils résistent par leur amour pour le territoire.

« (…) Même si je voulais la traîner de force, je ne pourrais pas. Mon âme ne traverse pas le checkpoint. Même si je pouvais déménager loin (…), j’irais seul, vide, je mourrais par en dedans, parce que mon âme est palestinienne et attachée à cette terre. »

Merci Anaïs Barbeau-Lavalette pour ce témoignage touchant et honnête, qui nous sort de notre ignorance. Une ignorance dont je suis tannée.

Et vous, comment la littérature a eu un impact sur la perception que vous aviez d’une problématique?

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