Littérature québécoise
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Les grille-pain d’Heather O’Neill

Cela faisait longtemps que j’avais La vie rêvée des grille-pain dans ma bibliothèque, beaucoup trop longtemps. Ce fut un délice de livre, ce recueil de nouvelles de Heather O’Neill, anglophone montréalaise. Le fait qu’elle soit anglophone ne l’empêche pas de nous parler en français avec son doux accent lorsque nous la rencontrons, c’est ce que j’ai pu constater lorsque je l’ai rencontrée au Salon du livre de Montréal. La vie rêvée des grille-pain fut finaliste aux prix Scotiabank Giller, et elle a remporté le prix Paragraphe Hugh MacLennan. Nous pouvons également retrouver trois autres titres de Heather chez la maison d’édition Alto.

Dans ce recueil qui comprend une vingtaine de nouvelles, on découvre divers personnages inspirés de l’univers imaginatif de Heather. On y retrouve de la magie, de la féerie, de la vérité, etc. Lors de ma lecture, j’ai eu beaucoup de plaisir à découvrir la plume de l’autrice. Elle a une écriture envoûtante.

Ces nouvelles se lisent comme des petits contes modernes. Je fus charmée par ses morales qui touchent notre vie de tous les jours et l’actualité (le racisme, la pollution, etc.) On sent dans l’écriture de Heather les observations qu’elle porte sur notre monde. On sent qu’elle le voit capitaliste, individualiste et on ne peut se le cacher, c’est vrai. Cette vérité est écrite avec douceur et sans moralité. Le décor qu’elle semble utiliser pour construire ses œuvres ressemble à Montréal. On y retrouve les parcs, le centre-ville, la population diversifiée, etc.

Des grille-pain qui ont un rêve…

On retrouve diverses nouvelles dans ce recueil, dont l’une de mes préférées au nom original de La vie rêvée des grille-pain. On y retrouve un monde où les robots (ou androïdes) et les humains se côtoient. Les androïdes sont semblables aux humains, sauf qu’ils sont incapables de ressentir le moindre sentiment. Cependant, un jour, 4F6 rencontre BX19 et souhaite explorer des choses qu’elle n’est pas censée désirer. Elle veut un baiser. Chose qu’aucun robot ne désire, car ils ne sont là que pour la productivité. Elle lui demande alors un baiser. Et voilà que le lendemain matin, une chose tombe d’entre ses jambes. J’ai rapidement compris qu’il s’agissait d’un enfant robot. Est-ce que cette petite créature réussira à réunir les deux univers qui se côtoient? À suivre…

« J’avais peur de toutes les idées qu’il y avait dans ma tête. J’étais incapable d’accepter la responsabilité qui vient avec le fait d’être intelligent. Alors je me suis mis à prendre de la dope parce que ça m’engourdissait. Et je me suis détruit juste pour ne pas être extraordinaire. » p.114, L’homme sans cœur

Des personnages et une écriture poétiques

Dans ses contes modernes, Heather touche divers sujets de notre société. Elle y parle de religion avec finesse, elle a même créé un conte inspiré du célèbre ballet Le lac des cygnes où elle a créé un monde de la perfection. Ses contes, en plus d’être très imagés, peuvent se passer dans un décor complètement imaginaire, tout comme il peut nous être connu, par exemple, le Québec. On sent l’amour qu’elle porte à ses origines montréalaises, québécoises. Elle rassure les Québécois-e-s qui ont peur que des anglophones volent notre culture, notre français. Elle nous ouvre les yeux sur notre cohabitation et sur ce qu’on peut apporter l’un à l’autre (francophones et anglophones québécois-e-s). En plus des robots sentimentaux, on retrouve des anges luxueux, des poupées pensantes ou encore des clones rebelles! Elle parle de pauvreté, de guerre, de marginalisation, de problèmes de société, etc.

Une chose dont je suis certaine, c’est que vous allez être charmé par son écriture et ses mots. Elle est une autrice qui mérite d’être connue! Heather décrit le monde qui nous entoure avec une dureté poétique.

Heather compare et fait plusieurs métaphores avec des images qui  sont connues de tous. Ce qui met encore plus de magie dans son écriture. Elle nous fait même réfléchir sur certains sujets tabous, par exemple dans « L’homme sans cœur » où un toxicomane itinérant se retrouve à être un homme significatif pour un jeune garçon qui n’a que sa mère près de lui.

Quel est votre dernier-ière auteur-trice coup de cœur?

Merci aux Éditions Alto pour cette découverte!

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