Naomi Fontaine et Virginia Pésémapéo Bordeleau : la pluralité des voix autochtones en littérature
« J’ignore si demain me gardera intacte Je dis que l’espoir de se laisser être Éloigne le désespoir » (Joséphine Bacon, Un thé dans la toundra, Montréal,Mémoire d’encrier, 2013.) La vie sur la réserve. La vie dans la nature. L’espoir des enfants. Le désespoir des parents. Les blessures, la déception du réel, mais aussi le rire, l’humilité, le besoin de continuer. L’érotisme qui, au fond, n’est qu’une partie intégrante d’un temps cyclique. À ma première lecture de Kuessipan de Naomi Fontaine et de L’amant du lac de Virginia Pésémapéo Bordeleau, ce sont notamment ces mots qui me sont venus en tête. Toutes deux publiées chez Mémoire d’encrier, maison d’édition qui se définit par le seul critère de l’authenticité des voix, ces deux auteures ayant des origines autochtones ont su aiguiser ma curiosité et me faire plonger davantage dans l’univers des littératures des Premières nations. L’emploi du pluriel n’est pas une erreur, il représente la polyphonie des mondes littéraires autochtones. Quand sexualité et nature s’entremêlent L’amant du lac, premier roman érotique écrit par une Autochtone du Québec, met …



