Auteur : Florence Morin-Martel

Naomi Fontaine et Virginia Pésémapéo Bordeleau : la pluralité des voix autochtones en littérature

« J’ignore si demain me gardera intacte Je dis que l’espoir de se laisser être Éloigne le désespoir » (Joséphine Bacon, Un thé dans la toundra, Montréal,Mémoire d’encrier, 2013.) La vie sur la réserve. La vie dans la nature. L’espoir des enfants. Le désespoir des parents. Les blessures, la déception du réel, mais aussi le rire, l’humilité, le besoin de continuer. L’érotisme qui, au fond, n’est qu’une partie intégrante d’un temps cyclique. À ma première lecture de Kuessipan de Naomi Fontaine et de L’amant du lac de Virginia Pésémapéo Bordeleau, ce sont notamment ces mots qui me sont venus en tête. Toutes deux publiées chez Mémoire d’encrier, maison d’édition qui se définit par le seul critère de l’authenticité des voix, ces deux auteures ayant des origines autochtones ont su aiguiser ma curiosité et me faire plonger davantage dans l’univers des littératures des Premières nations. L’emploi du pluriel n’est pas une erreur, il représente la polyphonie des mondes littéraires autochtones. Quand sexualité et nature s’entremêlent L’amant du lac, premier roman érotique écrit par une Autochtone du Québec, met …

L’univers littéraire de la série Gilmore Girls ou comment ajouter 339 livres à sa liste de lecture

Cet automne, je suis tombée dans la série Gilmore Girls. Et quand je dis tombée, je ne parle pas seulement d’une écoute assidue, je parle du fait que j’abrégeais mes activités sociales afin de pouvoir retrouver mes amies virtuelles Lorelai et Rory. J’ai trouvé la série si bien écrite et les personnages si attachants que j’ai tout fait pour retarder l’heure fatidique du dernier épisode… mais c’est tout de même arrivé. Et depuis ce temps-là, il y a comme un p’tit vide en dedans de moi quand je m’aventure sur Netflix. Maintenant que je vous ai décrit mon amour pour cette série, j’en viens à mon propos principal: les Gilmore Girls donnent envie de lire encore et encore. En visionnant les sept saisons à 22 ans, j’ai réalisé que j’étais passée à côté de bien des choses lorsque je l’écoutais à 10 ans, à Vrak.tv. Il se trouve que les références littéraires, cinématographiques et musicales abondent. La première réplique de l’épisode qui ouvre la saison 1 donne d’ailleurs le ton, Lorelai fait une blague à propos …

Les Balkans sont le coeur de l’Europe

« Le temps passe en thés brûlants, en propos rares, en cigarettes, puis l’aube se lève, s’étend, les cailles et les perdrix s’en mêlant… et on s’empresse de couler cet instant souverain comme un corps mort au fond de sa mémoire, où on ira le rechercher un jour. On s’étire, on fait quelques pas pesant moins d’un kilo, et le mot «bonheur» paraît bien maigre et particulier pour décrire ce qui vous arrive. Finalement, ce qui constitue l’ossature de l’existence, ce n’est ni la famille, ni la carrière, ni ce que d’autres diront ou penseront de vous, mais quelques instants de cette nature, soulevés par une lévitation plus sereine encore que celle de l’amour, et que la vie nous distribue avec une parcimonie à la mesure de notre faible cœur. » Nicolas Bouvier, L’usage du monde. J’ai découvert Nicolas Bouvier dans le cadre d’une séance de littérature et géographie. À la lecture de cet auteur, je me souviens clairement m’être félicitée d’avoir choisi le cours. Depuis ce temps-là, Bouvier revient constamment dans mes discussions et mes conseils …