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Ces personnages qu’on refuse de laisser partir

J’ai toujours été très imaginative. Les jeux de rôle ont occupé une grande partie de mon enfance. J’avais besoin de peu pour stimuler mon pouvoir créatif. Dès que j’ai su manier l’écriture, je me suis mise à inventer des mondes où les pirates s’affrontaient afin d’acquérir l’île de la Tortue et à monter des pièces de théâtre dans lesquelles j’incluais mes camarades de classe. Vous pouvez donc vous imaginer que mon attachement pour les personnages des romans que je lisais se faisait tout naturellement, parfois même un peu trop. Malgré les années qui ont passé, rien de cela n’a vraiment changé. J’ai pour mon dire que ce sont les protagonistes qui font les récits. Leur contribution à l’intrigue est majeure. Que serait l’univers des sorciers sans Sirius Black, Hermione Granger, Voldemort et Luna Lovegood? Oui oui, je traiterai encore de Harry Potter – vous commencez à me connaître, je crois. Nous n’avons qu’à penser aux œuvres qui portent pour titre le nom ou le pseudonyme de leurs protagonistes: Madame Bovary, Roméo et Juliette, Macbeth, L’étrange …

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Être en désaccord avec la fiction

Il y a quelques semaines, je terminais avec délice le dernier épisode des six saisons de Sex and the City, genre huit ans dans les maritimes. Ouin, il était temps, certaines me diront. Constat :  je l’ai adorée. Préalablement, je m’étais pourtant demandée si je ne me lançais pas dans une de ces séries « de filles » dont le niveau de quétainerie atteignait des sommets astronomiques et qui, de surcroit, me taperait sur les nerfs. Et bien non. J’y ai trouvé peu de défauts ou de choses à redire, je l’ai trouvée amusante et convaincante et je me suis beaucoup attachée aux personnages. Une finale réussie À l’issue du dernier épisode, j’étais satisfaite. J’ai trouvé la finale tout à fait réussie. Genre « all was well » à la manière des derniers mots du septième livre de Harry Potter. Je trouvais que tout se terminait pour le mieux et dans la plus grande des logiques. Mr. Big était enfin capable de dire à Carrie qu’il l’aimait et décidait de se lancer avec elle dans une …

La fiction et les amitiés éternelles

C’était un après-midi de congé comme un autre. Je devais avoir 14 ou 15 ans et j’étais occupée à je ne sais trop quoi, lorsque le téléphone avait sonné. Au bout du fil, l’une de mes meilleures amies, en pleurs, peinait à prononcer le moindre mot. Inquiète, je l’avais encouragée à me parler, à prendre de grandes inspirations… et elle avait fini par bredouiller quelque chose qui ressemblait à : «Ils sont morts! » Là, je ne vous dis pas à quel point mon estomac avait été chaviré, l’angoisse se répandant d’un seul coup à travers mon corps. Ils étaient morts? Qui? Ses parents? Nos amis? QUI? Je lui avais répété ce seul mot en guise de question, frénétiquement, tendue dans l’attente d’une réponse. Après quelques sanglots bruyants, elle avait gémi : «Nick pis Anne!» L’information s’était frayée un chemin dans ma tête… mais il ne s’était rien passé. Rien. Nick? Anne? C’est qui, ça? Perplexe, soudainement plus confuse qu’angoissée, je lui avais posé la question. Encore un moment de silence entrecoupé de sanglots. Puis, …