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Ces personnages qu’on refuse de laisser partir

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J’ai toujours été très imaginative. Les jeux de rôle ont occupé une grande partie de mon enfance. J’avais besoin de peu pour stimuler mon pouvoir créatif. Dès que j’ai su manier l’écriture, je me suis mise à inventer des mondes où les pirates s’affrontaient afin d’acquérir l’île de la Tortue et à monter des pièces de théâtre dans lesquelles j’incluais mes camarades de classe. Vous pouvez donc vous imaginer que mon attachement pour les personnages des romans que je lisais se faisait tout naturellement, parfois même un peu trop. Malgré les années qui ont passé, rien de cela n’a vraiment changé.

J’ai pour mon dire que ce sont les protagonistes qui font les récits. Leur contribution à l’intrigue est majeure. Que serait l’univers des sorciers sans Sirius Black, Hermione Granger, Voldemort et Luna Lovegood? Oui oui, je traiterai encore de Harry Potter – vous commencez à me connaître, je crois. Nous n’avons qu’à penser aux œuvres qui portent pour titre le nom ou le pseudonyme de leurs protagonistes: Madame Bovary, Roméo et Juliette, Macbeth, L’étrange histoire de Benjamin Button, Dr Jekyll et M. Hyde, etc. Parmi cette pléthore d’individus fictifs, certains nous quittent lorsqu’on ferme le livre; d’autres le font en cours de lecture, notamment en raison d’une mort précipitée. Dans les deux cas, il m’arrive encore aujourd’hui de refuser de voir un personnage disparaître de mon existence.

Évidemment, les personnages de l’univers d’Harry Potter furent les premiers. En commençant par Buck, l’hippogriffe d’Hagrid. Sa prétendue mort est responsable de ma première larme de lecture. C’était tellement injuste pour une jeune fille de douze ans d’assister à cette exécution en étant complètement impuissante. Je ne voulais plus poursuivre. Sauf qu’il me restait tous les autres. Je leur devais au moins cela. Finalement, j’ai bien fait de ne pas me résigner, car l’intelligence d’Hermione permet de sauver la pauvre créature. Il est aisé pour moi d’affirmer que les sorciers de la série écrite par J. K. Rowling ont été les plus difficiles à laisser partir. En fait, en y pensant bien, je crois qu’ils ne m’ont jamais réellement quittée, probablement parce qu’ils ont contribué à me forger en tant que personne, et elle est là, à mon avis, toute la beauté de la littérature.

C’est qu’à bien des égards, les créations humaines, ou autres, de nos romanciers préférés sont bien plus attachantes que le commun des mortels. La comparaison est dure, mais vraie. Qu’aurais-je donné pour que Lyra Belacqua soit ma meilleure amie, pour aller secourir les jeunes naufragés de Sa Majesté des Mouches ou pour serrer le petit Oscar dans mes bras? Car bien qu’ils soient plus grands que nature, ils demeurent, dans la plupart des cas, plutôt réalistes. Ils ont des qualités tout comme des défauts, et c’est ce qui fait qu’on s’y attache, puisqu’on s’y identifie.

Personnellement, j’apprécie autant aimer détester un protagoniste que de tomber complètement sous le charme de l’un d’eux. Les personnages bien écrits peuvent se retrouver dans tous les camps. On peut comprendre un des héros sans excuser ses gestes. On peut en aimer un autre sans raison particulière. On peut défendre un type en particulier, car il reflète notre personnalité. Ces réactions et ces comportements que l’on adopte durant notre parcours littéraire, on ne les a pas aisément face à l’autre dans la réalité. Ils serviraient à nous enseigner une sorte de mieux vivre-ensemble.

Il est donc vrai de dire que nous avons des raisons valables de ne pas vouloir laisser partir ces êtres fictifs qui peuplent nos vies de lecteurs. Ils contribuent à tellement en ne faisant qu’exister entre les lignes. Après tout, la littérature est une fenêtre sur le monde dans lequel nous évoluons, et les protagonistes qui s’y cachent ne sont que les miroirs de gens que nous pourrions croiser en nous rendant au parc avec un bon bouquin sous le bras.

Et vous, quel personnage avez-vous décidé de garder avec vous pour toujours?

Crédit photo: Michaël Corbeil

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Mais qu’importe l’éternité de la damnation à qui a trouvé dans une seconde l’infini de la jouissance?» (Charles Baudelaire, Le Spleen de Paris) Les vers de Baudelaire auront été la source de son épanouissement en tant que bizarroïde de ce monde. La poésie, Marika la vit au quotidien à travers tous les petits plaisirs qui s’offrent à elle. Une grimace partagée avec une fillette dans le métro, la fabrication d’un cerf-volant dans un atelier strictement réservé aux enfants, un musicien de rue interprétant une chanson qui l’avait particulièrement émue par le passé, lui suffisent pour barbouiller le papier des ses pensées les plus intimes. Chaque jour est une nouvelle épopée pour la jeune padawan qu’elle est. Entre deux lectures au parc du coin, un concert au Métropolis et une soirée au Cinéma du Parc pour voir le dernier Wes Anderson, elle est une petite chose pleines d’idées et de tatouages, qui se déplace rapidement en longboard à travers les ruelles de Montréal. Malgré ses airs de gamine, elle se passionne pour la laideur humaine. Elle est à la recherche de la beauté dans tout ce qu’il y a de plus hideux. Elle se joint au Fil Rouge afin de vous plonger dans son univers qui passe des leçons de Star Wars aux crayons de Miron en faisant un détour par la voix rauque de Tom Waits et le petit dernier des Coen. Derrière son écran, elle vous prépare son prochain jet, accompagnée de son grand félin roux, d’une dizaine de romans sur les genoux et d’un trop plein de culture à répandre

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