All posts tagged: avortement

Je suis féministe : un collectif nécessaire

Le blogue Je suis féministe fait partie de mes favoris depuis plusieurs années. C’est grâce à leurs articles que j’ai réfléchi à des tonnes de sujets, que j’ai remis en question mes croyances et que je suis fière de me dire féministe aujourd’hui. Mes cours de philosophie au cégep et de littérature m’ont aussi donné envie de lire davantage sur le sujet, mais c’est par le blogue Je suis féministe que j’ai trouvé ma place sur le web. Or, en 2008, lorsque le blogue a été créé, c’était ça leur désir, prendre la place qui leur revenait, aux jeunes féministes qui ne se sentaient pas impliquées dans les médias québécois : Nous sommes des jeunes féministes dans la vingtaine et la trentaine. Nous sommes absentes des médias. On ne parle du féminisme qu’en montrant des femmes de l’âge de nos mères qui ont accompli de grandes choses et livré de grands combats. Mais nos combats à nous, qui en parle? On y parle aussi en introduction de la grande noirceur du féminisme québécois, ces deux …

Chronique « Écrire l’indicible »: Témoignage d’un héritage : Annie Ernaux et moi

Cette chronique vous présente des récits qui traitent de sujets difficiles, mais qui se doivent d’être partagés, que ça nous touche de près ou de loin. Parce que l’écriture permet de tout dire. En relisant L’Événement et Les Armoires vides d’Annie Ernaux, je me suis replongée dans ma propre expérience. Celle d’un avortement, alors qu’âgée de 17 ans je suis tombée enceinte et ai fait le choix d’interrompre cette grossesse. C’est aussi toute la question d’héritage du féminisme qui m’a amenée à me questionner et à remettre en perspective cet événement, pour utiliser les termes d’Ernaux. Elle en parle comme quelque chose de difficile, dans les circonstances qui étaient en place lors de la parution de son livre. Effectivement, l’avortement était alors illégal. Je vois en Ernaux, donc, une tentative de dire l’indicible, de rendre compte, non pas une, mais deux fois (de manière autobiographie d’abord, puis sous l’écriture testimoniale ensuite) de cette réalité obscurcie par les récits, mais aussi tenue à l’écart des discours. Pourtant, je ne me suis pas reconnue dans ces livres. Pour …