All posts tagged: littérature française

Portrait d’un être fictif: Le cas de Fanfan

Ma progéniture féminine portera ce nom. L’inspiration ne vient pas de ce fameux personnage de Fanfan La Tulipe. Il s’agit plutôt de la Fanfan d’Alexandre Jardin. J’ai fait sa connaissance dans ma classe de quatrième secondaire. Il y avait cette petite bibliothèque dans laquelle nous devions choisir quatre livres à lire pour l’année en cours. Lire ne m’a jamais posé problème. Je pense que vous commencez à le comprendre. Or, les choix qui nous étaient proposés ne me rejoignaient pas et les romans dits à l’eau de rose pullulaient les quelques étagères qui nous étaient dédiés. J’ai tout de même laissé mes préjugés de côté et j’ai choisi le livre à la couverture la plus kitsch de la bibliothèque. Les choix qui nous paraissent les plus insensés se révèlent être parfois les plus importants. Le personnage principal de ce roman n’est pas Fanfan. Il s’agit plutôt d’Alexandre Crusoé, l’homme qui en tombe amoureux. D’ailleurs, ai-je le droit de parler d’amour? N’est-il pas plus question de passion dans ces 250 pages? Du moins, à mon égard, …

Chronique « Écrire l’indicible » – Une semaine de vacances de Christine Angot : écrire (et lire) l’inceste

Cette chronique vous présente des récits qui traitent de sujets difficiles, mais qui se doivent d’être partagés, que ça nous touche de près ou de loin. Parce que l’écriture permet de tout dire. Christine Angot est un monstre littéraire. Par monstre, j’entends le statut qu’elle a dans le milieu littéraire français, mais j’entends aussi le sentiment de peur, voire de dégoût qu’elle crée chez ses lectrices, parce qu’elle les amène toujours là où elles aimeraient mieux ne pas aller. Elle écrit d’abord L’Inceste, qu’elle publie en 1999 et qui obtient un succès immense. Il apparaît tout de même inimaginable qu’un livre qui raconte l’histoire incestueuse entre un père et sa fille (que l’on devine être Angot elle-même) gagne une place aussi importante dans le lectorat français… Une semaine de vacances paraît en 2012 et reprend la même thématique, mais d’une toute autre manière. Dans ce roman, l’écrivaine use d’une écriture clinique; le récit est d’une froideur limpide, comme si elle se mettait à distance, alors qu’elle sait que les lectrices en seront incapables. C’est qu’Angot …