All posts tagged: Natasha Kanapé Fontaine

Amun, le rassemblement

J’aurais aimé avoir Amun avec moi pour mieux vous en parler, mais je l’ai prêté à mon père. Parce que c’est un peu grâce à lui et à sa sensibilité pour l’autre que j’ai voulu lire ce livre et que j’ai une ouverture envers les peuples autochtones. Une ouverture? Mais pourquoi n’en aurais-je pas? Parce que j’ai été élevée près d’une réserve atikamekw où, dès mon arrivée, on m’a appris à appeler les habitants les Kawish, à les stigmatiser, à les stéréotyper sans prendre le temps d’y comprendre grand-chose. C’est drôle que le fait de vivre près d’une communauté puisse créer non pas un effet de rapprochement, mais plutôt l’effet contraire. Si ce n’était pas de mon père, de son intérêt, de son emploi et du fait qu’il m’ait emmenée au Pow Wow de Wémontachi, l’année de notre déménagement, je n’aurais peut-être pas aujourd’hui cette approche, ce respect et cette certaine compréhension envers les communautés autochtones. Sans, bien sûr, prétendre comprendre leurs réalités, quotidiens ou histoires propres, je remercie mon père pour son ouverture, celle qui m’a portée vers …

Natasha Kanapé Fontaine : la poésie de la revendication

Natasha Kanapé Fontaine est une poète innue. Engagée et articulée, on la retrouve sur tous les fronts : du mouvement Idle no more aux arts de la scène (la pièce Muliats à venir en février), en passant par la Wapikoni mobile. Ses deux recueils de poésie, N’entre pas dans mon âme avec tes chaussures et Manifeste Assi, en ont fait un incontournable de la poésie émergente. Entre militantisme, environnement et identité, son œuvre se découpe tout en finesse, simplement belle. Reconnaître la culture pour ne pas l’écraser Le premier recueil de l’auteure, désormais disponible en version anglaise, est empreint d’une sensualité toute particulière, celle-ci est soudée au territoire dans lequel elle se déploie. Mais si cette poésie est charnelle, elle est aussi celle des non-dits. Les grands espaces blancs marquent les silences, les regards qui se ratent, mais les mains qui se touchent. Du thème amoureux, le recueil dérive doucement vers celui des ancêtres, de l’espace mémoriel et des legs culturels. Un peu comme un appel à laisser la culture pénétrer l’intimité, à composer avec …