Bande dessinée et roman graphique
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Introduction à la règle de Bechdel

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Bechdel, ce nom vous sonne une cloche ? C’est peut-être bien parce que Martine vous a parlé de Alison Bechdel et de ses bandes dessinées Fun home et C’est toi ma maman, il y a de cela quelques jours. Cette fois-ci, c’est pour une autre raison que j’en parle : le test de Bechdel .

C’est un test à saveur féministe qui a pour but de déterminer la présence et l’importance (de cette présence) des femmes dans les œuvres cinématographiques. N’importe qui peut facilement se prêter au jeu à la maison. Rien de plus simple, il suffit de se poser trois questions en écoutant un film quelconque :

Premièrement : est-ce qu’il y a au moins deux personnages de sexe féminin portant un nom dans l’histoire.

Deuxièmement : est-ce que ces deux femmes interagissent ensemble ?
Troisièmement : est-ce qu’elles parlent d’autres choses que d’hommes.

Ce test cherche surtout à montrer l’absurdité de plusieurs productions cinématographiques et de leurs standards lorsque vient le temps de portrayer la femme. Par contre, il est évident que ce n’est pas un test ni exhaustif, ni scientifique. Il n’en reste cependant pas moins étonnant de voir le nombre de films qui ne passent pas ce test.

Pensez y bien deux secondes, combien de vos films romantiques favoris mettent en scène une jeune protagoniste qui tombe follement en amour avec un jeune homme (vampire ou non) et qui semble devenir l’épisphère de sa vie, sans que ne soit introduit au scénario des amies ou un contact avec d’autres femmes ayant un rôle tout aussi important dans le film. Si une autre femme est présente, ce n’est souvent que pour parler de l’homme en question.

Combien des vos films d’action fétiches proposent un scénario où la femme ne sert que d’image et de trophée, sans pour autant avoir d’histoire ou de profondeur.

Combien de fois un personnage féminin n »’est dans un film que pour redonner vie à l’homme (phénomène de la « manic pixie girl ») sans pour autant avoir une identité propre ou une histoire bien à elle.

Il y a des cas où, même en mettant en scène plusieurs femmes, le film ne passe pas le test. Tel est le cas de The other woman, mettant en scène Cameron Diaz, Leslie Mann et Kate Upton. J’avais déjà le test de bechdel en tête en écoutant ce film et il faut dire qu’avec trois femmes pour combler les rôles principaux, j’avais espoir ! Par contre, bien que l’œuvre passe à main levée les deux premières questions, il échoue grandement à la troisième, soit à savoir si les protagonistes femmes parlent d’autres choses que d’hommes.

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D’un autre coté, on retrouve aussi des comédies mettant en vedette plusieurs femmes dans leurs rôles principaux : comme le film Life happens, qui passe toutes les étapes du test en ne focalisant pas sur les hommes (bien qu’ils soient aussi partie prenante de l’histoire), mais sur les femmes et les épreuves et mésaventures qu’apporte la vie. Bien que ce film n’est tout de même pas un exemple parfait, la réalisatrice était néanmoins consciente du problème de l’image de la femme au cinéma et a voulu apporter sa petite part de solution.

Il existe maintes listes de films sur le test de Bechdel (qui est, en quelque sorte, devenu un phénomène culturel en soi). Ce dernier ne détermine en aucun cas si un film est bon ou non, ni même si un film est sexiste ou non, mais conscientise seulement le public à la présence de la femme au cinéma. Regardez bien la prochaine fois que vous écouterez un film et pausez vous donc ces trois simples questions, le résultat pourrait peut-être vous surprendre.

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Curieuse depuis toujours, Marjorie s’intéresse à un peu tout, avec un penchant marqué pour les mots, le féminisme, les phénomènes de culture populaire et les mystères de la vie. Elle est bachelière en littérature et cofondatrice du Fil rouge, à travers duquel elle tente de faire son petit bout de chemin, lire le plus possible et surtout, apprendre et connecter avec les autres. Naviguant tant bien que mal à travers la vingtaine, elle trouve ses assises dans la lecture et l’écriture, cherchant toujours à comprendre un peu mieux les contradictions qui rendent la vie intéressante. Elle croit que la littérature fait partie de ces choses qui peuvent changer une vie, la rendre un peu plus douce et mettre un baume là où il faut.

3 Comments

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  3. 1. « Bien que » réclame impérieusement le subjonctif.
    2. « Conscientiser » est un inutile néologisme. « Sensibiliser » irait tout aussi bien.
    3. Je puis témoigner que les femmes, ensemble, ne parlent jamais que d’hommes, et principalement de leurs pères,
    4. de même que les hommes ont du mal à s’écarter du seul sujet vraiment essentiel en ce monde.

    Ce film-ci ne passe pas le test, c’est sûr, mais c’est un des meilleurs que j’aie vus ces dernières années, en dépit de ses nombreuses faiblesses :

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