Chroniques d'une anxieuse
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Chroniques d’une anxieuse: un amour d’anxieux

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Cet été, quand je t’ai avoué que j’étais anxieuse, j’ai eu peur que tu partes en courant. Mais tu m’as seulement regardée, l’air un peu surpris, en me disant : «moi aussi».

C’était la première fois que je rencontrais un gars comme toi. J’avais l’impression que tu me comprenais vraiment.

Et j’ai su, à ce moment-là, que je souhaitais que tu fasses partie de ma vie.

Tu étais un anxieux comme moi. Tu te questionnais sans cesse, tu angoissais parce que le bar où tu voulais m’offrir un verre était fermé et tu voulais que tout soit parfait. Et ça me faisait rire parce que j’avais l’impression de me voir agir. Comme si, à mes côtés, se trouvait une espèce de version masculine de moi-même.

Durant nos premières dates, on restait souvent en silence, côte à côte. Moi je me disais dans ma tête : «allez dis quelque chose, vite! N’importe quoi!», mais, pour être honnête avec toi, j’avais juste envie de t’embrasser comme une adolescente de quatorze ans. Et je voyais bien que, toi aussi dans ta tête, ça tournait à cent mille à l’heure.

Mais ça ne me faisait pas peur parce que, de toute façon, j’étais pareille.

Quand je te serrais la main un peu trop fort parce que j’étais tendue ou lorsque je tremblais en buvant mon café à moitié renversé, tu ne me trouvais pas bizarre, tu ne me jugeais pas. Tu avais plutôt l’air de saisir ce qui se passait en moi.

Comme la fois où on est allés au Marché aux puces Saint-Michel. Cette fois où je me suis piquée par inadvertance avec un objet (très, très) louche, pointu et souillé, en fouillant dans un énorme coffre. Catastrophe. Mon doigt s’était mis à saigner. Et la première chose qui m’était venue à l’esprit était que j’avais sûrement contractée une grave maladie. J’étais atteinte du Sida (évidemment). Je me voyais déjà sur mon lit de mort, intubée pis incinérée. Mais, toi, tu n’avais pas l’air de me trouver insensée, folle ou complètement tarée. Tu disais, au contraire, les mots justes pour me calmer.

Ouais. La vie d’anxieux c’est pas toujours évident.

Chacun notre tour on feel bizarre. Parfois c’est toi, parfois c’est moi. Chacun notre tour on a l’impression qu’on n’y arrivera jamais, que c’est trop difficile, que la vie met trop d’embûches sur notre chemin.

Mais, chacun notre tour, on sait exactement quoi dire, quoi faire pour que l’autre se sente un peu mieux, un peu plus rassuré. On sait précisément comment apaiser ses angoisses et ses tourments. Comment leur redonner espoir.

C’est comme ça. Tu t’inquiètes pour moi. Et, moi, je m’inquiète parce que tu t’inquiètes. Pis on passe des soirées entières à s’inquiéter mutuellement, de l’un et de l’autre, parce qu’on ne peut faire autrement.

Et si ça ne va pas. Tu le sens. Même si je n’ai rien dit, tu as tout compris.

Et comprendre quelqu’un à ce point là ça vaut plus que tout l’or du monde, plus que le ciel, plus que n’importe quoi.

C’est notre amour, à nous.

Notre amour d’anxieux.

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Anxieuse à temps plein et insomniaque à temps partiel, Alexandra se nourrit à grands coups de mots, de phrases et de livres qui font rêver. L’écriture lui a toujours servi d’exutoire avec lequel elle pouvait coucher sur papier ses folies et ses nombreux tourments. Elle adore tout particulièrement se perdre dans les couloirs infinis des bibliothèques, mais également dans les corridors de l’Université de Montréal où elle fait un baccalauréat en Littérature comparée et cinéma. Elle se passionne pour les films cultes, les traversées autour du globe, les arts, la musique, la photographie, bref, elle s’intéresse à tout et veut tout savoir! Son but ultime : vaincre ses peurs et aller à la conquête du bonheur!

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