Au-delà des livres
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Une fois, Einstein a dit…

E= MC², c’est bien une des seules choses, dûe à son caractère iconique, que je connais sur Albert Einstein. J’ai n’ai pas l’intention de faire l’éloge de ma grande incompétence face aux sciences, pas plus que celle de mon ignorance. Outre ses maintes réussites en tant que physicien, il aurait aussi dit, selon les interwebs, «Je n’ai aucun talent spécial. Je ne suis que passionnément curieux»

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Cette phrase m’a réconfortée dans bien des moments de ma vie et continue de le faire à ce jour. Je l’ai parfois utilisée comme excuse, faute d’avoir mieux à dire, jusqu’à ce que je me rende compte qu’il n’y avait pas de honte à y avoir. Honte de quoi? Honte de ne pas avoir de passion bien définie. Passion, c’est un bien grand mot à mes yeux, un mot précieux qu’on n’étiquette pas sur tout ce qui nous intéresse ou pique notre curiosité. Loin de moi l’arrogance de dire que je me passionne pour, disons, la photographie, alors que je ne sors mon appareil photo qu’en voyage et qu’il fait tout le boulot pour moi.

Par contre, il y a beaucoup de trucs qui m’intéressent et quand je m’intéresse à quelque chose, je n’y vais pas avec le dos de la cuillère, ni à demi-mesure. Cette attitude, qui chambranle un peu sur la ligne entre intérêt et fixation, je tiens ça de mon père. Mon père aux milles et un intérêts, un grand curieux que j’ai vu faire des recherches exhaustives sur des tonnes de sujets, passer des soirées à écouter des vidéos sur certains instruments de musique, regarder des plans de yourtes, ou bien lire sur les avions. Des fois ça passait, des fois ça restait, des fois ça part et ça revient. Avec le temps, je me rends compte que je suis pareille et, bien qu’en surface il n’y ait rien de mal à ça, j’ai souvent associé mon attitude à un vide, à un manque de passion, à une espèce de quête éternelle ou je ne sais trop, et l’attitude des gens face à cela n’a jamais vraiment aidé non plus.

Le truc avec mon père, nos intérêts (que je n’appellerai plus fixations parce que je trouve ça trop péjoratif) et moi, c’est qu’on en parle, on en parle beaucoup, souvent et, des fois, tout le temps.

Avant, je ne voyais pas le fait d’en parler comme un problème (ça n’en est pas vraiment un), mais je me rends de plus en plus compte que les gens me le reproche parfois. Que ce soit un petit commentaire sur la fréquence de mes mentions ou une implication sur le fait que je n’en parle plus, c’est souvent l’avis des autres qui a donné à mes intérêts une impression d’invalidité.

Voyez-vous, ce n’est pas parce que mes intérêts viennent par vagues, passes, blocs (au choix), qu’ils frappent fort et s’essoufflent parfois, ce n’est pas parce qu’ils sont quelques fois plus silencieux ou très bruyants qu’ils sont moins valides, moins vrais ou bien moins importants que quelqu’un qui est fasciné par la science depuis qu’il a 8 ans, par exemple.

Dans la vie, il y a bien des cases, des boîtes dans lesquelles on nous dit qu’il faut rentrer ou bien dans lesquelles on s’y force nous même et, parfois, j’ai l’impression que la façon dont j’envisage et aborde les trucs qui m’intéressent ne cadre pas dans LA définition. La définition en majuscule, la PASSION, comme si on devait se restreindre, mettre tous ses oeufs dans le même panier ou peut-être dans deux, des fois.

Peut-être que j’exagère, peut-être que j’en mets trop, mais quand je me mets à penser à tous ces gens qui disent «branche-toi donc» ou toute la pression des choix, la critique faite à ceux qui changent souvent de métier, de sphère de travail, le côté péjoratif qu’on attribue aux gens «girouettes», je me dis alors qu’être passionnément curieux, pour reprendre les termes de Einstein (de la traduction en fait), n’est pas vu comme une simple exploration, ni comme une curiosité, mais comme une instabilité, comme une incapacité à choisir et je trouve ça à la fois injuste et triste.

Peut-être que c’est un complexe bien personnel que je ressens  face à ça, mais si cette citation d’Einstein est si populaire, ce ne doit pas être parce que je suis la seule.

Einstein a aussi dit plein d’autre belles choses réconfortantes qui sont bien plus simples à comprendre que l’équivalence entre la matière et l’énergie d’un système.

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Curieuse depuis toujours, Marjorie s’intéresse à un peu tout, avec un penchant marqué pour les mots, le féminisme, les phénomènes de culture populaire et les mystères de la vie. Elle est bachelière en littérature et cofondatrice du Fil rouge, à travers duquel elle tente de faire son petit bout de chemin, lire le plus possible et surtout, apprendre et connecter avec les autres. Naviguant tant bien que mal à travers la vingtaine, elle trouve ses assises dans la lecture et l’écriture, cherchant toujours à comprendre un peu mieux les contradictions qui rendent la vie intéressante. Elle croit que la littérature fait partie de ces choses qui peuvent changer une vie, la rendre un peu plus douce et mettre un baume là où il faut.

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