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L’audace d’être un littéraire

Des études littéraires? Pourquoi? À ma première journée universitaire, j’ai eu un cours de création littéraire. D’entrée de jeu, le professeur nous a demandé pourquoi nous avions choisi des études littéraires. Quelqu’un a dit que c’est parce qu’il aimait lire, un autre, qu’il aimait écrire. Mais le professeur a insisté. Pourquoi sommes-nous ici? La classe est restée silencieuse un moment. Je pense que personne ne le savait vraiment. Le professeur a continué de nous regarder avec un sourire en coin. Et il a fini par nous dire : « Mais c’est parce que vous êtes audacieux! » Au début, je pense que personne n’a vraiment compris. Audacieux de quoi? Pourquoi? Il nous a expliqué sa façon de voir les choses, mais voici ce que j’en ai retenu. Parce qu’il ne peut en être autrement. Choisir d’étudier en Littérature, c’est sans cesse se faire demander « Pourquoi? » On ne demande pas à un étudiant en médecine pourquoi il a choisi cette branche : c’est bien évidemment parce qu’il veut améliorer la vie des gens. Un étudiant …

Un mot vaut mille images

Je n’ai pas encore de titre, de profession, de corps de métier, bref de carrière officielle, mais une chose est sûre : dans toutes les sphères de ma vie, j’ai besoin d’utiliser ma créativité. Mais parfois, sous la pression, elle tombe en panne. C’est alors que je me tourne vers les mots pour me guider. J’ai réalisé seulement récemment que les mots, les miens ou ceux des autres, étaient ma bouée de sauvetage lorsque les idées se perdent dans le brouillard. Pourtant, ce n’est pas d’hier que j’ai ce réflexe. Au cégep, le thème donné pour notre travail de fin d’études ne m’inspirait pas du tout, alors j’ai simplement sorti des expressions et des phrases en lien et j’ai décidé de les illustrer. Curieuse de cette découverte, je me suis demandé en quoi les mots m’étaient rassurants. Je crée principalement des images : je suis photographe et designer textile. Les images des autres m’inspirent donc beaucoup. Mais je suis aussi amatrice de littérature (sinon je n’écrirais pas sur ce blogue!), de musique, de danse et …

Le livre où tous se noient

J’ai déniché ce petit roman entre deux plus gros dans une grande bibliothèque de bois franc dans une librairie usagée. Le titre, Concerto pour petite noyée, m’a rapidement interpellée et la couverture représentant un beau poisson blanc crée un paradoxe entre le titre et la pureté que dégage cet animal de la mer. Et que dire de la poésie qui naît du titre, elle donne juste envie de lire tout le reste et de s’envelopper de ses mots. Concerto pour petite noyée est le cinquième roman d’Annie Loiselle, il est sorti en 2015 aux éditions Stanké. Le roman est une mosaïque de personnages, on y rencontre différents personnages colorés, mais qui partagent tous quelque chose de commun, le désespoir. Ce sont différents récits qui s’emboîtent merveilleusement, partageant les différents tracas des personnages, tout en laissant reposer l’histoire, passant d’un récit à l’autre. Malgré le désespoir des histoires, on s’attache aux personnages qui sont tous reliés, rendant la création d’une mosaïque encore plus puissante et on espère le mieux pour ceux-ci. Les personnages Agnès est une …

Mon amour pour Anna Karénine

J’ai découvert Anna Karénine au secondaire en écoutant une série télé où une citation de l’auteur y était mentionnée, mais quand j’ai vu cette grosse brique de littérature russe trainer sur l’étagère de la librairie, j’ai vite perdu espoir en me disant : « Quand je serai plus grande. » Et bien je suis plus grande maintenant, et malgré que j’aie terminé cette lecture il y a plus d’un an, ce livre m’a marquée à un tel point que tout est encore clair dans ma tête. C’est probablement l’un des meilleurs livres que j’ai lus de toute ma vie, et c’est à ce moment que mon amour pour Tolstoï a commencé. L’histoire de Tolstoï est habilement construite dans ce roman. Malgré le titre qui porte le même nom que la protagoniste principale, on pénètre l’univers de trois couples de la haute société de Petersburg : Kitty et Lévine, Daria et Oblonski et finalement Anna, Alexis et Vronski. Les trois histoires se partagent parallèlement les 858 pages, si bien qu’il est difficile de passer d’une histoire à l’autre …

L’insoutenable légèreté de l’être

« Son drame n’était pas le drame de la pesanteur, mais de la légèreté. Ce qui s’était abattu sur elle, ce n’était pas un fardeau, mais l’insoutenable légèreté de l’être. » L’insoutenable légèreté de l’être de Milan Kundera n’est pas un roman léger. Je ne conseillerais pas de le lire à la plage par exemple. C’est un livre qui se savoure et qui demande de prendre son temps. Il faut se concentrer car chaque phrase est lourde de vérité et plonge dans une réflexion mélancolique. Je l’ai découvert à l’adolescence dans la bibliothèque de mes parents et j’en avais été bouleversée. C’était mon premier roman mature; un vrai roman d’adulte dans lequel je ne comprenais pas encore tous les passages. Mais je percevais qu’il existe une diversité des points de vue chez les gens à un âge où on pense toujours qu’on a plus raison que les autres. J’ai vu qu’un mot simple comme Amour peut avoir tellement de définitions différentes dans l’imaginaire d’une personne et il faut essayer de se mettre à la place de l’autre pour parvenir …

« Celle que vous croyez » : Jeux de miroir amoureux

Camille Laurens (Laurence Ruel de son vrai nom) est une écrivaine française qui a signé plusieurs oeuvres intimistes avec des thèmes qui me parlent ; passion, amour, intimité. Elle est aussi membre du jury du prestigieux prix Femina. Dans plusieurs de ses oeuvres, elle touche à l’autofiction et s’amuse à jouer avec le réel, la vérité et la fiction. Son oeuvre Philipe où elle raconte le décès de son petit garçon en est un bon exemple. J’avais eu la chance de la découvrir, il y a de ça quelques années avec son roman Dans ces bras-là et j’avais bien aimé. C’est en lisant un petit billet (dont j’oublie la provenance!) sur son dernier roman que j’ai eu envie de me le procurer. On y faisait l’éloge tout en remarquant les thèmes actuels du roman ; identité virtuelle, relation amoureuse, paradoxes de la beauté, etc. Ça ne m’en prenait pas davantage pour que j’aille envie de me plonger dans sa dernière oeuvre. Avec Celle que vous croyez, Camille Laurens offre une oeuvre des plus modernes dans une …

Portrait d’un être fictif: Le cas de Fanfan

Ma progéniture féminine portera ce nom. L’inspiration ne vient pas de ce fameux personnage de Fanfan La Tulipe. Il s’agit plutôt de la Fanfan d’Alexandre Jardin. J’ai fait sa connaissance dans ma classe de quatrième secondaire. Il y avait cette petite bibliothèque dans laquelle nous devions choisir quatre livres à lire pour l’année en cours. Lire ne m’a jamais posé problème. Je pense que vous commencez à le comprendre. Or, les choix qui nous étaient proposés ne me rejoignaient pas et les romans dits à l’eau de rose pullulaient les quelques étagères qui nous étaient dédiés. J’ai tout de même laissé mes préjugés de côté et j’ai choisi le livre à la couverture la plus kitsch de la bibliothèque. Les choix qui nous paraissent les plus insensés se révèlent être parfois les plus importants. Le personnage principal de ce roman n’est pas Fanfan. Il s’agit plutôt d’Alexandre Crusoé, l’homme qui en tombe amoureux. D’ailleurs, ai-je le droit de parler d’amour? N’est-il pas plus question de passion dans ces 250 pages? Du moins, à mon égard, …

« Veiller la braise » de Sara Lazzaroni : Lecture du mois de septembre du défi littéraire

Suite au sondage proposé sur le groupe Facebook de l’événement, En 2015, je lis un livre québécois par mois, vous avez voté, nous lirons Veiller la braise de Sara Lazzaroni. Je dois avouer que je suis extrêmement contente de cette décision, car c’était aussi mon choix! Je n’avais jamais entendu parler de cette jeune auteure, mais la description du roman et la magnifitude du titre m’ont charmée.  Plus bas dans l’article, j’ai joint la description du roman et de l’auteure disponibles sur le site des éditions Leméac pour vous donner envie de vous joindre à notre groupe pour cette lecture de septembre! On se retrouve le 1er octobre pour un article commun où les collaboratrices du Fil rouge vous donneront leurs impressions sur ce roman! Bonne lecture à tous ! La tristesse a quelque chose de réconfortant. C’est un lit moelleux pour se faire du mal, pour se tailler les veines, écrasé entre le matelas et l’édredon. Le bonheur est toujours inquiétant. C’est un roman d’amour comme il ne s’en fait pas, un roman des visages de …

Le plaisir de créer

Lorsque je parle de mes projets d’écriture à des curieux, il m’arrive souvent d’entendre ces derniers soupirer et s’écrier: « Ça a l’air tellement l’fun de créer comme ça! C’est pas à moi que ça arriverait, tsé, j’suis pas créatif du tout. » Et pourtant… Bien des gens semblent oublier que la créativité n’est pas l’apanage des artistes professionnels ou des excentriques de ce monde ; souvent, on oublie que les scientifiques, les gestionnaires, les gens d’affaires, les enseignants et même les médecins doivent faire preuve de créativité à un moment ou un autre de leur carrière (quand ce n’est pas carrément sur une base régulière!) Il n’y a pas de loi obligeant une création à être une œuvre d’art concrète. Une décision innovatrice, une nouvelle manière d’effectuer telle ou telle manœuvre, un acte d’improvisation pour se sortir d’un mauvais pas, un geste risqué et audacieux pour sauver une vie… la créativité est partout. En cette période estivale, plusieurs profitent du beau temps (quand il est au rendez-vous…!) pour s’amuser à l’extérieur et faire le plein de …

Ce zèbre qui a changé ma vie

Vous m’avez un tantinet manqué. Ne vous méprenez pas , c’est pas un retour de l’impostrice qui lit pas de livres qui lui sont pas imposés par l’école, c’est pas non plus mon retour dans la psycho pop. Non, je passais juste par là après une (1e) relecture du livre qui a marqué ma vie à tout jamais, le zèbre d’Alexandre Jardin. Je lis souvent les critiques de mes ex collègues sur ce blogue, combien elles ont apprécié un moment passé sur le coin d’une table à se transporter dans un autre univers. Bien sûr, ça me donne envie de faire pareil, mais j’ai pas ce besoin-là de découvrir tout plein d’autres univers. Je l’ai fait, à l’occasion. Mais je retourne toujours à cet univers crée à merveille par Jardin, où l’amour est encore possible, où on a érigé un temple à la folie. J’avais treize ans la première fois que j’ai lu le livre. Je le trouvais fou le monsieur. Fou, parce que tout ce qu’il faisait fittait pas dans les standards de l’idée …