Littérature québécoise
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La danse des obèses

 

11046914_632342760204940_448698800_nJe me suis procurée ce roman suite aux conseils de ma libraire de La librairie de Verdun. Je suis une verdunoise (même si je n’y habite plus depuis quelques mois) et mon cœur le restera toujours. Bref, ma libraire m’a convaincue dès qu’elle m’a dit que l’auteur de ce roman était l’un des libraires de la librairie.

Et puis, lorsque nous regardons la première de couverture, nous pouvons nous dire que la maison d’édition Leméac a réussi son travail. L’image est communicatrice et magnifique. Le titre est aussi très accrocheur à mon avis. C’est l’une des raisons de ce choix de lecture.

L’histoire se passe dans un Montréal actuel. Nous rencontrons un personnage dans la trentaine qui se cherche. Cet homme se trouve laid, parce qu’il est obèse. Il ne se retrouve pas dans son propre corps qui dit ne pas lui appartenir. Émile embarquera dans une aventure folle, dans «La danse des obèses» de Monsieur Jean-Marc Hudson. Ce dernier est un artiste très populaire dans l’univers de l’art visuel (photographe, peinture,) C’est lors de la fête de celui-ci, par la danse des obèses qu’il aura organisée, qu’il fera la rencontre d’Émile et qu’il en tombera amoureux.

Tout au long du roman, nous suivons Émile dans ses erreurs, ses aventures, ses amours, ses peines, etc. Ensemble, nous tentons de découvrir qui il est sous cette tonne de graisse.

«Je dansais. Une vraie danse, celle qui te saisit et te possède, qui te dénature. Chaque son, chaque instrument, chaque rythme correspondaient à un membre de mon corps, et ensemble ils bougeaient en parfaite harmonie. L’extase. Le vide. Le véritable vide. Comme si la musique était un grand trou noir qui m’aspirait et je tourbillonais dans son ventre, perdu dans le néant du rythme démoniaque qui venait frapper mon être. J’ai dansé, inlassablement, trempé de sueur, la mienne et celle de tous les autres autour de moi. Plus je dansais, plus je recevais l’énergie des autres comme un cadeau, comme une contagion. Nous sautions, à l’unisson, comme si nous formions une seule et même cellule. Une tribu en danse, hantée par le même démon. Interdépendants dans le reggaeton infernal qui martelait nos oreilles. » (p.129)

Puis, il est facile de se retrouver dans ce roman, parce que chacun d’entre nous vivons, à un moment de notre vie, un certain malaise avec notre corps. Nous pouvons aussi avoir le sentiment qu’il ne nous appartient pas. Je vis avec des formes, ces formes qui ne me portent pas toujours bonheur. J’apprends à vivre avec et à les accepter. Je me suis reconnue dans le personne d’Émile. Lorsque l’auteur, Patrick Isabelle, parle des mouvements du corps lourd, je sentais mon corps bouger dans les mouvements du personnage. Son écriture fluide nous emporte dans ce sentiment de malaise avec ce corps.

Je peux confirmer que je continuerai à faire confiance à ma libraire !

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Avoir une bibliothèque de plus en plus grosse est l’un des projets de vie de Karina. Apprendre et avoir plusieurs perceptions le sont également. Après avoir fait une technique en travail social au Cégep du Vieux-Montréal et travaillé quelques années dans des organismes communautaires (ce qu’elle continue de faire avec joie), elle poursuit ses études en faisant un certificat en études féministes à UQÀM. La littérature lui permet donc de voyager et d’avoir d’autres lunettes sur le monde.

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