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La méditation – Un espace à soi

Il y a deux ans, mon coeur a commencé à palpiter. De grosses palpitations. J’ai commencé à avoir des crampes dans le pied gauche, et puis c’était tout mon côté gauche qui irradiait de spasmes. En même temps, j’avais une douleur à la poitrine qui ne démordait pas. Après quelques visites (d’urgence) à l’hôpital, qui se sont avérées inutiles, je me suis rendue à l’évidence. J’étais plongée dans une angoisse perpétuelle. C’était littéralement invivable, crise de panique après crise panique, la peur de mourir me collait à la peau, peau que je ne pouvais malheureusement pas quitter. J’étais prisonnière de moi-même, de mon corps qui disjonctait, de ma tête qui perdait sans cesse la carte. Mais le vrai problème avec les crises de panique, c’est que chaque fois que t’en fais une, ton cerveau « oublie» qu’il s’agit seulement d’une crise et tu crois fermement que c’est la fin de ta vie. On est vraiment mal foutu. J’ai essayé l’ostéopathie, la massothérapie, la chiropractie, les suppléments de magnésium, j’ai acheté des roches spéciales (malachite, quartz), fait plus de yoga, j’ai consulté en psychologie. C’était rendu que j’avais peur de sortir seule de chez moi, no joke. Puis, je me suis initiée à l’Ayurvéda, cette grande médecine millénaire indienne, et par ma thérapeute, j’ai été initiée à la méditation védique (de ayur-véda).

Cette forme de méditation consiste en la répétition mentale d’un mantra qui est assigné personnellement par un enseignant; ce mantra est secret et doit le rester car il perdrait de sa puissance s’il était prononcé, étant conçu pour rester en tête. Pour les curieux, le mantra est en fait un mot sanskrit qui ne veut absolument rien signifier, mais dont la sonorité devient véhicule qui conduit à l’état de «sommeil éveillé» qu’est la méditation. La méditation védique se pratique deux fois par jour, idéalement matin et soir, durant vingt minutes.

Je peux dire que dès ma première méditation, mon esprit a transplané de dimension. Dès ma première pratique, j’avais cette impression d’un état océanique, d’être en marge du monde; plus que jamais en moi. Comme une descente en sous-marin dans des profondeurs internes encore inexplorées. Une sorte d’apaisement que j’associe au fait d’être bercé lorsqu’on est nouveau-né. Voici quelques améliorations que j’ai remarquées suite à mes premières méditations et celles que j’ai pu constater à long terme, car cela fait maintenant un an et demi que je pratique. Je ne crois pas que seule la méditation est en cause de ces changements, mais elle m’a indéniablement métamorphosée.

Dans l’immédiat :
– Disparition des palpitations cardiaques
– Disparition des pensées phobiques intrusives (ex : «j’ai un problème cardiaque»)
– Arrêt complet des crises de panique
Sur le long terme :
– Nul besoin de boire de stimulants (café, thé)
– Meilleure qualité du sommeil
– Meilleure concentration
– Stabilité émotionnelle et capacité de résilience améliorée
– Énergie supplémentaire!

Démystifier la méditation : 5 préjugés sous la loupe

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Même si elle est de plus en plus populaire et pratiquée en occident, la méditation est selon moi encore stigmatisée et méconnue par la grande majorité des gens. Je pense que pour désirer l’essayer, il faudrait d’abord la présenter davantage et surtout, la démystifier, car elle est victime de nombreux stéréotypes et préjugés douteux à saveur new age. Oui, la méditation a une essence spirituelle, mais elle a surtout de véritables et concrets effets physiques et psychiques. Elle m’a sauvée des médicaments anxiolytiques et antidépresseurs (que j’ai toujours refusés), je pense qu’elle pourrait potentiellement aider tout le monde qui voudra bien s’y adonner, et pas juste les angoissés finis. Je vais donc tenter d’éclaircir ici quelques-uns des mythes déjà entendus à son sujet…

1- Ça prend du temps
Tout dépend de notre définition de «prendre du temps», c’est un pensez-y bien; 40 minutes à flâner sur Facebook ou 40 minutes de repos inégalé, qui de plus, nous feront gagner en concentration et en productivité, et qui réduiront le temps de travail? Et au fond, la durée de nos méditations est à notre discrétion, on médite durant le temps que l’on veut (et peut)! Si on le souhaite, on peut tout aussi bien méditer une dizaine de minutes par jour, cinq minutes; je pense que déjà cela fait une différence. Pour ceux qui se demandent comment je fais pour « endurer » 20 minutes deux fois par jour, assise les yeux fermés sans rien faire, eh bien, cela passe vraiment vite. On perd carrément la notion du temps.

2- C’est du temps perdu
Est-ce que l’on dit que voyager ou aller au spa est du temps perdu? Je peux affirmer qu’au final, les 40 minutes par jours investies dans la méditation mon rapporté gros! J’irais même jusqu’à dire que méditer est un temps gagné, car c’est un temps évadé qui n’appartient qu’à soi et qui, en bout de ligne, nous permet d’être plus réceptif aux autres, à la vie, à nos tâches quotidiennes et nos créations. Méditer nous inscrit dans le moment présent, présent qui est le contraire d’un temps perdu.
3- C’est compliqué
Rester confortablement assis, fermer les yeux, répéter (ou non) un mantra, respirer. Compliqué? Tout le monde peut méditer, même un jeune enfant. L’objectif: faire le moins d’efforts possibles! Rien n’aura jamais été aussi simple. Mais j’avoue que la simplicité de l’inertie peut avoir l’air complexe tant elle est aux antipodes de nos mentalités formatées par nos modes de vie contemporains occidentaux.

4- Faut avoir un endroit « zen »
Je médite chez moi, dans ma cours, dans le bus, le métro, à la bibliothèque, dans un parc, en auto (quand je ne conduis pas!) Même quand ça parle autour de moi, qu’il y a du monde. Cela peut sembler intense mais l’impression d’insularité méditative est telle que l’on sombre dans une forme d’insonorisation agréable, comme si les bruits de la vie s’éloignaient en sourdine. On peut vraiment méditer n’importe où, cela n’empêche pas le monde de vivre autour de nous et nous, de toute façon, nous sommes quelque part ailleurs, à l’intérieur.

5- J’ai déjà essayé le yoga et j’ai pas aimé ça
Pas de problème, ça n’a rien à voir! Oui, les deux viennent de l’Orient et font très grano-zen, mais là s’arrête la ressemblance. Le yoga peut impliquer une forme de méditation, mais la méditation n’est pas le yoga. Même pas besoin de s’assoir en lotus pour méditer! C’est vraiment autre chose, et je le répète, il s’agit de rester assis les yeux fermés et de respirer. C’est tout. Pas besoin de skills d’équilibre ou de tapis – le matin je médite assise dans mon lit.

6- Ça prend de la discipline
Je mentirais si je disais que ça n’en prend pas un peu, surtout au début, mais j’appellerais plutôt cela de la volonté. Volonté d’intégrer cette pratique à notre hygiène de vie, car au bout d’un certain temps elle s’y installe toute seule, comme de se laver les dents ou de se brosser les cheveux. Le sentiment que la méditation procure devient en quelque sorte addictif, notre corps et notre esprit vont vouloir définitivement recréer cet état sur une base quotidienne. Plus besoin de discipline rendu-là, la méditation s’impose d’elle-même, elle fait partie intégrante de notre vie. Bien sûr, on peut sauter des jours, des semaines, des mois; ce n’est PAS une religion et cela n’entraîne aucune conséquence. C’est avant tout un lieu de bien-être aux portes toujours ouvertes comme un espace à soi où rien ne peut nous atteindre, et que la conscience même de la disponibilité de ce refuge en nous fait en sorte que, même lorsque l’on n’est pas couramment en train de méditer, l’apaisement est là, émanant du fait qu’il y aura toujours un endroit bien tranquille pour nous accueillir.

Sur ce, j’espère vous avoir inspiré à essayer, ne serait-ce qu’une seule fois, n’importe quelle forme de méditation! Il faut surtout se rappeler que l’important, c’est d’apprécier l’expérience méditative et que peut-être celle-ci ne vous conviendra pas. Pas plus grave que ça.

Cette méditation qui m’a sauvée, puisse-t-elle aider des multitudes d’autres adaptes…Namasté!

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Fanie est étudiante au 3e cycle en Études littéraires à l’UQÀM. Enfant, elle avait tendance à se battre avec les ti-gars dans la cour d’école, ce qui expliquerait peut-être pourquoi elle rédige une thèse sur les figures de guerrières des productions de culture populaire contemporaine. Son arc comporte quelques cordes; en plus de faire partie de l’équipe des joyeuses fileuses, elle codirige le groupe de recherche Femmes Ingouvernable, collabore à la revue Pop-en-stock, à la revue l'Artichaut, ainsi qu’au magazine Spirale. À part de ça, elle a écrit le roman "Déterrer les os" (Hamac, 2016). Dans son carquois, on trouve un tapis de yoga élimé, un casque de vélo mal ajusté, trop de livres, un carnet humide, un coquillage qui chante le large et une pincée de cannelle – son arme secrète ultime contre les jours moroses. Féminisme et végétalisme sont ses chevaux de batailles quotidiens.

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