Au-delà des livres
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Quand tu deviens une adulte trop vite

Je n’ai jamais été de ceux qui ont eu tout cru dans le bec. Je n’ai pas de parents riches. Je ne suis pas enfant unique. Il y a dix ans, on aurait pu me regarder en pensant que je n’irais pas très loin dans la vie.

Heureusement, j’ai de l’ambition.

Lorsqu’il m’arrive de dire que je suis la première universitaire de ma famille, j’ai droit à diverses réactions. Les gens sont étonnés, admiratifs et/ou outrés.

C’est qu’à 17 ans, j’ai quitté le cocon familial pour voler de mes propres ailes. J’en connais très peu des comme-moi et pour ceux et celles qui en font partie, je vous lève mon chapeau. Combien de fois m’a-t-on dit: Tous les jeunes que je connais qui ont quitté la maison aussi rapidement reviennent inévitablement chez leurs parents la queue entre les jambes?

Il y a sept ans, je me suis promise que ce ne serait pas mon cas.

À 24 ans, je suis donc totalement indépendante et fière d’être la seule responsable de ma réussite. Durant toutes ces années, j’ai payé mes études, mon loyer, mon épicerie, mon électricité, mon transport et mes dépenses personnelles, sans l’aide de qui que ce soit ou presque.

Bien entendu, il m’arrive de jalouser mes amis et collègues qui peuvent profiter pleinement de leur été puisqu’ils vivent encore chez papa-maman et que ceux-ci paient l’entièreté de leur étude. Cependant, je ne regrette pas mon choix. J’ai l’avantage d’avoir mon chez moi, de ne devoir de compte à personne et d’avoir appris à gérer des responsabilités.

C’est que je suis devenue une adulte trop vite.

Souvent, on me demande comment j’y arrive. Aujourd’hui, je vous réponds grâce à quelques petits trucs qui se sont avérés très efficaces dans mon cas, particulièrement lors de la rentrée scolaire, car concilier travail et études c’est un boulot à temps plein.

En cette fin d’août, je vous offre donc la possibilité de devenir une grande personne un peu plus vite, mais avec la sagesse en prime.

Les prêts et bourses

Au Québec, nous avons la chance de jouir de l’aide financière aux études. Ce service m’a été vital durant mes six années post-secondaires. Bien que plusieurs voient les prêts et bourses comme une dette, je persiste à penser qu’il s’agit plutôt d’un investissement à long terme, puisque c’est grâce à cet emprunt que j’aurai un métier, celui qui me plaît. Bien entendu, encore faut-il être éligible aux critères établis par le gouvernement. Vous pouvez obtenir cette information en utilisant le simulateur de calcul sur le site de l’aide financière aux études. Si vous êtes curieux, c’est ici. Si vos parents ont un revenu trop élevé pour que vous soyez éligibles aux prêts et bourses, ne vous découragez pas. Après un certain nombre d’unités acquis lors de vos études universitaires, vous serez reconnus comme indépendants et vous ne serez plus considérés à la charge de vos parents. C’est donc le moment où jamais de faire la grande demande. Et si on a de la chance, dans un avenir rapproché, nous prendrons exemple sur Terre-Neuve et nous n’aurons jamais à payer nos frais de scolarité puisque la gratuité scolaire remportera enfin son combat.

Faire un budget

Faire un budget, c’est facile. Ce qui est plus ardu, c’est de se garder un coussin (en bon vieux québécois). Dans la vie, on ne sait jamais ce qui peut nous arriver. On peut perdre son emploi du jour au lendemain. Ou avoir un bazou qui nous fait faux bond par un lundi matin. Il est donc toujours préférable d’avoir une petite poche secrète où sommeille un montant d’argent qui sert aux imprévus du quotidien. Vous pouvez commencer par 50$. Puis, vous rendre jusqu’à 100$ le mois prochain. Si vous pouvez vous permettre une plus grande flexibilité, allez-y pour 300$ ou même 500$. Lorsque vous aurez passé le cap du 1000$, je vous garantis que vous ne craindrez plus jamais les aléas du train-train routinier. Pour en arriver là, encore faut-il calculer. Prenons ma personne pour exemple. L’été, je travaille à temps plein et je suis payée aux deux semaines. Dès que je reçois ma paie, je soustrais à ce montant toutes les dépenses que je ferai jusqu’à la prochaine paie. On passe donc par le loyer, l’épicerie, les factures, les paiements préautorisés et les dépenses personnelles. Par la suite, il reste un montant (il faut qu’il en reste un, sinon c’est signe que vous ne gérez pas bien vos priorités). Dépendamment du coussin que vous vous êtes fixés, vous devriez toujours vous garder une petite somme pour vous gâter. Par exemple, si mon coussin est de 1000$ et qu’après toutes dépenses payés il me reste 1200$, j’ai une petite somme pour manger au restaurant, aller voir un concert ou boire une bière entre amis. Alors à vos crayons et à vos calculatrices, on sort les factures des deux prochaines semaines.

Travailler à temps partiel pendant l’année scolaire et à temps plein durant l’été

Les vacances? Qui a parlé de vacances? C’est l’énormité de la chose, mais parfois nous n’avons pas le choix. Personnellement, je ne pourrais pas me permettre de ne pas travailler, même avec l’aide des prêts et bourses, puisque je ne reçois aucune contribution parentale. Je suis donc dans l’obligation d’avoir un emploi étudiant. Ce n’est pas toujours facile, mais il est possible de concilier travail et études. Durant l’année scolaire, il faut d’abord prioriser les études. Ne jamais faire passer la jobine avant les résultats scolaires. Donnez un maximum d’heures à votre employeur et exigez qu’il ne vous en donne pas plus. Logiquement, vous ne devriez pas faire plus de 20 heures par semaine si vous êtes aux études à temps plein. Pendant l’été, vous pouvez choisir de travaillez 40 heures par semaine afin de pouvoir renflouer votre compte bancaire pour l’année scolaire à venir ou tout simplement augmenter très minimalement vos heures de travail afin de profiter au maximum des vacances d’été. Dans les deux cas, il y aura des sacrifices à faire, mais il paraît que c’est cela devenir adulte.

18871_257974153390_3673762_nUtiliser le transport en commun

Une voiture, c’est efficace. Mais elle se brise. Elle doit être dégivrée l’hiver. Elle doit pouvoir se stationner quand tu arrives de l’école à 18h parce que tu as été pris dans le trafic à l’heure de pointe. Elle boit beaucoup et elle coûte cher en essence. Alors, pourquoi ne pas emprunter le transport en commun? (je vous rappelle que c’est une Montréalaise qui écrit ce texte.) Vous payez une passe pour le mois et le tour est joué. Adieu les tickets de stationnement. Au revoir les interminables rendez-vous chez le garagiste du coin. Bonjour l’environnement et le porte-monnaie bien rempli.

Se garder une journée de repos pendant la semaine

Lorsque nous travaillons toute l’année, nous avons souvent l’impression de ne jamais vivre de moments de repos. C’est la raison pour laquelle il est important de se conserver une journée de congé par semaine sans boulot, ni cours. Il peut s’agir d’une journée où vous avancez des travaux à la maison. Vous pouvez également utiliser ce temps pour faire le ménage de votre chez vous afin de vous y sentir bien pour la semaine qui arrive. Mais vous avez également le droit d’en profiter pour ne rien faire du tout ou pour voir des amis, sortir, jouer aux jeux vidéos, faire l’amour… bref, mordre dans la vie à pleine dent.

Savoir distinguer le bon grain du mauvais

Il ne faut surtout pas vivre au-dessus de ses moyens. Pour se faire, il faut prioriser l’utilité. Les dépenses inutiles ne sont pas les bienvenues lorsque vous devez concilier travail et études. Les aspects vitaux doivent être au-dessus de la liste. On ne va pas au cinéma avec notre dernier 20$ si on n’a pas de pain ni de lait dans le frigo. Le gîte et la nourriture doivent donc être vos priorités. De plus, les excès peuvent mener à la perte. Il n’y a rien de mal à prendre une petite froide sur le balcon le vendredi soir, sauf si tu grattes tes cents pour payer celle-ci trois jours avant le paiement du loyer. En sommes, soyez des adultes et vivez selon vos moyens, non pas dans la luxure. D’ailleurs, la surconsommation ne fait qu’enrichir des multinationales qui n’ont pas besoin de nouveaux adeptes pour survivre.

Trouver des colocataires fiables

 Il peut être difficile de vivre seul, particulièrement si vous demeurez à Montréal. Partager un logement avec des colocataires peut s’avérer une solution efficace. De cette façon, vous pouvez choisir un plus grand espace et diviser les factures. Il faut tout d’abord que vous choisissiez des personnes fiables autant financièrement que moralement. Faites régulièrement des rencontres entre vous. Ne laissez personne devenir le chef de l’appartement. Vous devriez tous être rois en votre demeure. Divisez adéquatement et de façon juste les tâches ménagères. Assurez-vous que les noms de tous les colocataires se retrouvent sur le bail (truc pour ne pas vous retrouvez seul en plein mois de janvier). Plusieurs personnes décident de déménager avec des gens de leur entourage, ce qui peut être très agréable puisque les locataires se connaissent déjà bien. Petite mise en garde: déménager avec son meilleur ami ou sa meilleure amie n’est pas toujours une bonne idée. Il arrive que ce genre de décision brise des amitiés pour toute une vie.

Savoir se gâterIMG_2662

Et malgré tout, vous êtes jeunes et beaux. Vous avez le vent dans les voiles et vous avez le droit de vous gâter. Prenez du temps pour faire une activité qui vous plaît durant la semaine. Passez par une librairie de quartier et achetez vous un livre que vous pourrez savourer pendant une journée de congé. Flâner chez le disquaire du coin pour en ressortir avec de nouvelles mélodies à ajouter à votre Ipod. Parfois, il suffit de si peu pour nous rendre heureux.

Alors, pour tous ceux et celles qui n’ont pas foi en l’avenir, qui craignent de ne pas y arriver et qui ne comptent pas poursuivre des études postsecondaires, car il ou elle serait le premier de la famille, je vous dis: ALLEZ-Y. Fermons le clapet de ces gens qui sont surpris d’entendre dire que vous êtes le premier à poursuivre vos études. Mettez-en leur plein la gueule. Parce que l’ambition, elle, peut porter loin et faire des petits. Parce que vous avez toutes les stratégies à votre disposition. Il suffit de savoir lesquelles vous conviennent et de les utiliser à bonne escient.  Vous pouvez utiliser les quelques trucs proposés précédemment, mais vous pouvez également trouver vos propres astuces. D’ailleurs, l’étudiante à temps plein et l’employée à temps partiel que je suis, est bien curieuse de connaître les vôtres.

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Mais qu’importe l’éternité de la damnation à qui a trouvé dans une seconde l’infini de la jouissance?» (Charles Baudelaire, Le Spleen de Paris) Les vers de Baudelaire auront été la source de son épanouissement en tant que bizarroïde de ce monde. La poésie, Marika la vit au quotidien à travers tous les petits plaisirs qui s’offrent à elle. Une grimace partagée avec une fillette dans le métro, la fabrication d’un cerf-volant dans un atelier strictement réservé aux enfants, un musicien de rue interprétant une chanson qui l’avait particulièrement émue par le passé, lui suffisent pour barbouiller le papier des ses pensées les plus intimes. Chaque jour est une nouvelle épopée pour la jeune padawan qu’elle est. Entre deux lectures au parc du coin, un concert au Métropolis et une soirée au Cinéma du Parc pour voir le dernier Wes Anderson, elle est une petite chose pleines d’idées et de tatouages, qui se déplace rapidement en longboard à travers les ruelles de Montréal. Malgré ses airs de gamine, elle se passionne pour la laideur humaine. Elle est à la recherche de la beauté dans tout ce qu’il y a de plus hideux. Elle se joint au Fil Rouge afin de vous plonger dans son univers qui passe des leçons de Star Wars aux crayons de Miron en faisant un détour par la voix rauque de Tom Waits et le petit dernier des Coen. Derrière son écran, elle vous prépare son prochain jet, accompagnée de son grand félin roux, d’une dizaine de romans sur les genoux et d’un trop plein de culture à répandre

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