Féminisme
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Une féministe chez les marocain-e-s !

Mon intérêt pour cette culture souvent mal jugée ne date pas d’hier. Longtemps, je me suis faite amie avec des personnes d’origine marocaine, algérienne ou autre. J’aime apprendre d’eux, tout comme j’aime leur apprendre ce qui me définit comme québécoise et comme personne. Un des aspects qui me caractérisent le plus est le fait que je suis une féministe.

C’est une de mes amies qui m’a fait découvrir cette auteure, Fatima Mernissi. Elle est féministe et marocaine. Cela peut en surprendre plusieurs puisque, étant parfois ignorants, nous pouvons croire que le féminisme ne peut exister dans un pays où toutes les femmes semblent soumises. Je crois qu’il ne faut pas oublier qu’il existe plusieurs formes de féministes et que chacun d’entre nous peut l’adapter à nos valeurs et à notre culture. Il n’a pas UN féminisme, mais DES féminismes.

Bref.

J’ai donc lu deux œuvres de cette sociologue féministe. En fait, lorsqu’on regarde sa bibliographie, on constate qu’il a un thème récurant, le Harem. Ce mystère toujours présent encore de nos jours dans ce monde musulman. Ces hommes qui ont mille femmes à leur service, des femmes soumises. Ma première lecture fut «Le Harem et l’Occident». Cette lecture m’a fait prendre conscience qu’il y avait une perception différente de ce qu’est le Harem.

En Occident, le harem est représenté comme un lieu de plaisir où s’ébattent des femmes nues et lascives, odalisques d’Ingres et de Matisse, Schéhérazade en version hollywoodienne.

En Orient, le harem est au contraire le lieu de la réclusion des femmes qui ne rêvent que de s’en émanciper, en jouant de leur talent et de leur intelligence, qu’elles aient vécu au temps du khalife Haroun Al-Rachid ou dans le harem domestique des années 50 à Fès. – «Le Harem et l’Occident», Albin Michel

La description du quatrième de couverture me fait réaliser qu’il y a du vrai. Même si le livre commence à dater un peu, c’est, je crois, une réalité chez les occidentaux. Plusieurs œuvres d’art (peintures, textes) ont été créées avec cette perception du Harem. Des femmes nues, soumises et présentes pour plaire à l’homme. Et on peut interpréter que la vision de l’Orient qu’elle donne est celle de la féministe qu’elle est. Parce qu’il a sûrement des femmes qui acceptent ce mode de vie. Ainsi, dans les lunettes féministes de Mernissi, nous découvrons son Harem. Je l’ai également découvert dans un autre de ses livres, «Rêves de femme : Une enfance au Harem», où nous accompagnons une jeune Fatima dans le Harem de sa mère et de sa grand-mère. La perception de ces deux femme est complètement différente. L’une voit le Harem comme un plaisir de vivre en communauté et en famille, tandis que l’autre rêve d’être seule avec son mari et ses enfants. J’ai beaucoup apprécié le contraste entre ces deux femmes, ce qui me faisait me poser des questions sur ma propre perception du Harem. Parce que oui, il peut tout de même y avoir un côté positif (exemple : la vie en communauté). Il y a un passage qui m’a beaucoup marquée dans ce livre. Une fois, la grand-mère dit à sa petite fille qu’on ne peut appeler une fenêtre une fenêtre lorsque celle-ci nous emmène à la cour, parce qu’elle ne nous emmène pas au monde (à la liberté).

Photo : Karina

Photo : Karina

Tandis que ce que j’ai le plus apprécié avec «Le Harem et l’Occident», c’est de me faire dire qu’il existe aussi un harem en Occident. Mernissi, et je suis d’accord avec elle, nous dit qu’il existe sous une forme différente. Cette forme est l’exigence de la femme occidentale de devoir plaire, de se mettre en petit short, de se maquiller, de faire son aguicheuse. Autrement dit, d’être soumise à devoir plaire à l’homme. On nous laisse croire que c’est une forme de liberté, alors qu’au contraire c’est une forme de soumission.

«Allah n’a pas fait de cadeau aux chrétiens : leur climat est froid et rigoureux, ce qui les met de mauvaise humeur. Quand le soleil ne se montre pas pendant des mois, ils deviennent méchants. Pour se réchauffer, ils sont obligés de boire du vin et d’autres boissons fortes […]» – «Rêves de femmes : Une enfance au Harem», Fatima Mernissi

Finalement, ces deux livres de la sociologue Fatima Mernissi m’ont permis de me positionner sur certains préjugés que j’avais envers la culture musulmane et sur ce qu’est le Harem.

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