Littérature québécoise
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Le saint patron des backpackers

11998224_10153003908862413_556467382_nComme beaucoup de jeunes en quête d’identité, Jérôme, 19 ans, décide de prendre une année sabbatique pour aller visiter l’Europe. Il part donc seul, avec en tête une idée bien précise : ne pas revenir au Québec puceau. Entremêlée de rencontres sordides, de bières et de voyages, cette année sera pour Jérôme une coupure froide et net avec sa petite vie de région. Malgré la nostalgie d’un amour déchu resté au Québec, il vivra au cours de ces mois une fascination intense pour Dania, une employée de l’auberge de jeunesse dans lequel il est resté plusieurs semaines.

Est-ce que j’ai aimé ou pas ? J’ai de la difficulté à le dire clairement. En soi, l’idée me plaisait beaucoup. J’aime toujours les romans introspectifs et lorsqu’on parle de voyage et de retour vers soi, je suis presque toujours charmée. Dans ce cas-ci, je n’ai pas tant réussi à m’attacher à Jérôme. Dans le sens que oui, je comprenais son envie folle de rencontrer une fille et sa maladresse « trop gentille » qui l’en empêchait. En même temps, de lire à plusieurs reprises « Pense avec ta graine », ça détruisait toute la sensibilité et la profondeur de son désir. J’ai trouvé les réflexions du cégepiens parfois un peu cliché, en même temps, je suis consciente que cela complète le personnage. L’histoire nous mène quand même beaucoup plus loin que ce que je croyais au départ: meurtres, conspiration, cavale. Le parcours de Jérôme nous surprend pages après pages et nous entraîne dans un monde noir.

Entouré de son ami Nil (Je pousse peut-être loin ma référence, mais j’ai cru percevoir des traits de caractère de Neal Cassady de Sur la route), Jérôme est confronté à des amitiés naissantes, mais incroyablement intenses. Le fait de passer ses journées et ses nuits avec un ami à voyager et à découvrir une ville ne peut faire autrement que de créer des liens. Or, un certain dénouement remettra l’histoire entière en question et on aura l’impression que ce voyage à deux aura surtout été celui d’un seul homme : Jérôme entouré, mais toujours si seul avec lui-même.

Quant à l’écriture, elle est vraiment intéressante, car écrite au JE. Souvent vulgaire et essoufflant, Jérôme nous amène dans ses délires quotidiens, que ce soit à cause des effets de la bière, de la drogue ou simplement de la fatigue, l’écriture change et s’adapte aux émotions de ce dernier.

Bref, l’auteur, Dominique Stévez La Salle, nous offre un premier roman vraiment réussi, malgré quelques maladresses, et on sent que les thèmes de la folie, du voyage et de la découverte de soi lui sont chers. Comme ce sont aussi des thèmes qui m’attirent, je resterai informée de ses nouveaux projets!

En librairie depuis le 3 septembre 2015

 


 

Le fil rouge tient à remercier Camille Dupuis des Éditions XYZ pour la copie de presse

 

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Un commentaire

  1. Ping : En 2016, je lis un livre québécois par mois : Nos propositions de lecture pour janvier | Le fil rouge

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