Littérature québécoise
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Le parfum de Janis

janis

@marjorierheaume

Tout de ce roman m’a attirée au premier coup d’oeil. Autant le titre qui, dans mon esprit, m’a fait penser à Janis Joplin -qui est en effet la Janis en question- que le quatrième de couverture. La couverture elle-même, fidèle aux  publications  du Cheval d’août, capte aussi les regards.

Les années cristalliseront ce tableau de ma mère. Un tableau figé et flou en même temps. Figé, car il comporte la scène de l’enfance, celle qui a laissé l’empreinte. Flou, car avec le temps on dirait que la mémoire en a grugé les rebords, comme si elle avait faim d’oubli.

Le parfum de Janis est à la fois un roman du présent et du passé.  Une quête sur le passé pour mieux comprendre le présent, un roman sur le désir de fouiller son histoire pour l’écrire. Ici, le passé c’est la famille, c’est l’implosion de ce modèle familial, c’est la rupture, la dépression, l’image qui se fixe est celle d’une mère trouble, d’un sentiment d’impuissance que ressent tout enfant face à la misère d’un parent.

C’est aussi un roman de remises en questions, de choix, de besoin d’évasion et d’écriture. En fait, c’est un roman d’un peu tout ce qui me plaît à la fois, il aurait donc été un peu difficile de ne pas en apprécier ma lecture. L’espace d’un moment, d’un voyage, l’auteure fait le point sur sa vie et sur son passé pour mieux l’écrire, résultant ainsi en ce roman qui se balade entre les moments de son enfance et son voyage d’écriture à Lisbonne .

L’écriture y est juste, simple et poétique à la fois. Trio qui, à mon avis, sert bien à donner vie aux extraits qui fusent du passé et qui se prête bien au genre autofictionnel de l’œuvre.

Le parfum de Janis n’est pas tant un roman de rencontre, il n’y a pas de point A, ni de point B, c’est plutôt un amas de souvenirs, de moments qui ne cherchent qu’à exister. En lisant ce roman, j’ai eu l’impression de ressentir de la part de l’auteure un besoin de mise en mots, un besoin de coucher sur papier souvenirs et instants. Le désir d’immortaliser son passé pour passer à autre chose, peut-être. C’est, à mon avis, dans ces désirs et ces besoins que naissent les plus belles phrases, les plus beaux écrits et c’est le cas dans Le parfum de Janis.

Il y a quelque chose qui, entre la récollection de moments et l’instant présent, entre l’exil à Lisbonne et l’enfance à Québec, qui a résonné en moi. Autant dans le processus d’écriture que dans le regard adulte posé sur les moments de l’enfance.

Bref, Le parfum de Janis est une belle découverte, un roman bien construit, qui se joue dans l’intime, dans l’introspection et dans le temps.

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Curieuse depuis toujours, Marjorie s’intéresse à un peu tout, avec un penchant marqué pour les mots, le féminisme, les phénomènes de culture populaire et les mystères de la vie. Elle est bachelière en littérature et cofondatrice du Fil rouge, à travers duquel elle tente de faire son petit bout de chemin, lire le plus possible et surtout, apprendre et connecter avec les autres. Naviguant tant bien que mal à travers la vingtaine, elle trouve ses assises dans la lecture et l’écriture, cherchant toujours à comprendre un peu mieux les contradictions qui rendent la vie intéressante. Elle croit que la littérature fait partie de ces choses qui peuvent changer une vie, la rendre un peu plus douce et mettre un baume là où il faut.

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