Défis littéraires
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Je ne tiens qu’à un fil mais c’est un très bon fil : Critique commune de la lecture d’octobre

Ce que j’en ai pensé :

Ce livre, à mi-chemin entre le récit autobiographique et l’oeuvre d’art, nous livre le fil de la vie de Sylvie Laliberté, de l’enfance à l’age adulte où elle doit prendre soin de son père vieillissant pris dans le mouroir. Elle est une enfant solitaire, marginale qui grandit dans une famille des plus classiques. Elle se réfugie dans les livres, dans les personnages et tente d’oublier la réalité de sa vie. Elle prend l’autobus très jeune pour se rendre à la bibliothèque et je ne peux faire autrement que d’y voir Matilda de Roald Hahl. En devenant une adulte, elle s’est créée une vie bien à elle, avec son amoureux, ses lectures, sa maison et toutes ces petites choses qui la rendent heureuse.

Je n’avais pas prévu d’être heureuse. Alors si ça arrive des fois, c’est déjà beaucoup

J »ai trouvé ma lecture savoureuse à plusieurs moments, spécialement à la page 132

À chaque jour suffit sa peine. Mais il arrive qu’un jour ne suffise pas à ma peine. Alors je ne me gêne pas, je prends deux ou trois jours de plus.

Je suis contente que dans le cadre du défi En 2015, je lis un livre québécois par mois, nous avons eu la chance de découvrir une oeuvre qui sort des sentiers battus au niveau de la forme. Le bouquin turquoise est présenté sous forme d’album jeunesse. On joue avec la typographique, avec la photographie beaucoup et aussi, avec les mots. Publié chez les Éditions Somme toute, Je ne tiens qu’à un fil mais c’est un très bon fil flirte avec l’autobiographie de manière originale et extrêmement intéressante. Les photographies appuient le propos et le rendent plus vivants, spécialement les passages sur l’enfance.
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Personnellement, c’est la première fois que j’entendais parler de Sylvie Laliberté, cette artiste montréalaise qui ne fait pas qu’écrire des livres, elle écrit aussi des chansons et j’en ressors satisfaite. Je suis contente de cette découverte littéraire, même si j’ai refermé le bouquin trop rapidement à mon goût! Petit bémol, il se lit siiiii rapidement !

Ce que Karina en a pensé :
Vous voulez vivre 30 minutes de pur bonheur ? Alors lisez le roman de sylvielaliberté et vous en sortirez heureux-se. Plus je tournais les pages, et plus j’avais le sentiment de me reconnaître dans l’histoire de sylvielaliberté.

Il est facile de s’attacher à ce petit livre, à sylvielaliberté, cette femme qui se livre à nous comme un livre ouvert. Elle s’amuse à jouer avec les mots et à créer de magnifiques phrases que tu as envie d’afficher partout. Elle joue aussi avec ses livres, qu’elle empile l’un par-dessus l’autre pour en faire aussi un jeu de mot.

Le livre que sylvielaliberté nous offre est très dynamique, que ce soit par les photos, les caractères différents ou les mots utilisés. sylvielaliberté a fait en sorte que j’aime encore plus les mots, leur signification et leur pouvoir réconfortant.12178035_641890785953893_2123059183_n

sylvielaliberté ne nous parle pas seulement de son amour pour les mots et de leur pouvoir. Elle nous parle beaucoup d’elle et ce qui fait en sorte qu’elle est comme elle est. Elle nous parle de son amour et des attentions particulières qui se portent l’une à l’autre (de quoi rendre jaloux-se les gens au cœur – un peu – quétaine. Elle nous parle également de sa relation avec son père. Cette partie du livre est particulièrement touchante, puisqu’on voit comment elle est significative pour elle.

En fait, le roman de sylvielaliberté porte sur l’identité. Elle nous explique ce qu’est une sylvielaliberté, comme si elle était une bête à part. Parce que pour elle, le mot liberté a une signification particulière qu’elle ne croit pas toujours accomplir.

Lire son livre nous aide à nous connaître également, à faire une introspection de tous ces mots qui nous entourent et qu’ils ont une importance pour nous. Pour terminer, je ne peux que vous conseiller ce petit bijou. Merci sylvielaliberté.

Ce que Marjorie en a pensé :

Comment ne pas aimer une oeuvre aussi belle et atypique que celle de Sylvie Laliberté. Comment ne pas apprécier une lecture qui joue aussi bien avec les mots, tant sur les pages que dans les phrases.

C’est court, peut-être trop, mais en même temps une partie du charme de ce roman se trouve dans sa brièveté, dans l’appréciation du moment pris pour lire chacune des pages, pour observer les détails dans les photos, pour relire certaines phrases, pour savourer les mots choisis pas l’auteure.
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Pour reprendre les mots de Karina « Elle joue aussi avec ses livres, qu’elle empile l’un par-dessus l’autre pour en faire aussi un jeu de mot. » Cette idée de jeu, de jeu de mots, d’images, est omniprésente dans l’oeuvre, je dirais que c’est ce qui la rend si unique et agréable. Considérant les maintes autres cordes à l’arc de Sylvie Laliberté – artiste visuelle, auteure-compositeure-interprète-vidéaste  (j’ai fait mes petites recherches), il n’est pas étonnant de se retrouver face à un roman qu’on pourrait facilement qualifier de multidisciplinaire.

Ce fut donc une belle découverte qui piqua ma curiosité. Je compte bien me procurer ma propre copie car c’est le type d’oeuvre à laquelle tu reviens, de temps à autre, par simple plaisir.

 Ce que Louba Christina en a pensé

Je ne tiens qu’à un fil, mais c’est un très bon fil est la dernière réalisation littéraire de l’écrivaine et artiste visuelle (plutôt multidisciplinaire) Sylvie Laliberté. Ce magnifique ouvrage m’a accompagnée durant mes quelques jours de saucette culturelle à Montréal au début de l’automne. De la Gaspésie, Montréal n’est pas la porte voisine, mais j’aime bien m’y retrouver quelques fois pour sortir de ma bulle et m’en créer une toute nouvelle. Me retrouver. Sorte de petit voyage identitaire.

Je ne tiens qu’à un fil, mais c’est un très bon fil, c’est comme qui dirait une quête ou un besoin de rassembler tous les morceaux pour se reconstituer dans le présent à partir de fragments. Revenir sur le passé pour se frayer un chemin dans le présent jusque dans l’avenir. C’est ce qu’a fait Sylvie Laliberté avec ce récit morcelé, qu’elle a brillamment illustré de photographies prises par elle.12179598_641890789287226_1448176896_n

Ça parle de la petite enfance, de la famille, d’être différent quand on est hypersensible ou artiste, ça parle aussi des autres, de l’amour, des choix de vie, de l’endroit d’où l’on vient et de l’endroit où l’on choisit d’habiter. C’est le parcours en vol plané de son histoire personnelle et de la nôtre aussi, habitants du monde.

Aux premières lueurs de ma lecture de ce récit, je ne savais pas quoi penser d’un livre où il n’y avait que des phrases courtes et larges écrites comme des slogans publicitaires ou comme des titres de livres accrocheurs, entrecoupés de photos d’où les thèmes semblaient se reproduire d’une page à l’autre.

Dans le passé, j’ai parcouru déjà Je suis formidable mais cela ne dure jamais très longtemps, paru en 2007. Je savais pourtant à quoi m’attendre. C’est peut-être mon habitude des romans plus classiques (sans image, avec du texte quasi sans espace pour respirer, pour réfléchir, pour m’évader…). Mais je suis ainsi, si souvent en confrontation avec ce qui me rentrera le plus dedans. Une forme de protection.12179370_641890815953890_912610_n

Les propos de l’artiste (écrivaine, artiste, auteure, femme) sont immensément loin d’être anodins. Ce n’est pas parce que ça semble simple aux premiers abords et que c’est écrit dans un vocable familier que c’est vide et sans intérêt. Loin de là !

Chaque passage de ce récit pèse une tonne dans mon esprit et dans mon cœur. Les propos sont vastes, si vastes que je n’ai aucun mal à entrer dedans, à faire mon nid et à observer et penser le monde, celui qui m’habite et celui que j’habite. Une brèche s’ouvre en chaque phrase pour nous donner tout l’espace nécessaire à la contemplation. Ils contiennent toutes les images, les émotions, les histoires et tous les mots, les époques, les rêves et les souvenirs, comme un trésor sans fin dans une petite boîte sans mur de carton brun.

Assise sur un banc, les doigts gelés par le vent, j’ouvrais le livre pour lire une phrase. Une page à la fois, une phrase ou une image. Et puis je refermais le livre pour voir le monde grouiller autour de moi et dans mes pensées. Je méditais longuement, avant de me replonger, emportée par la curiosité de poursuivre ma lecture.

J’ai l’envie folle de tapisser ma vie de phrases comme : «C’est là, dans les livres, que j’ai appris que je n’étais pas seule : j’étais avec moi.» «La nuit, j’écoute le silence. Celui situé en dessous du bruit des roues des camions. Il y a du silence partout mais souvent, il est en dessous.» «Ce matin, il n’y avait pas de papier d’amour. Il me téléphone pour me prévenir. Je lui réponds que j’ai bien lu sur la table déserte, qu’il m’aime mais qu’il était pressé. À la fin de notre conversation, je dépose le combiné très très doucement, comme s’il était dedans. Il est ma preuve de la vie sur terre.» «Des fois, je m’enflamme. Je prends en feu. Après, je dois renaître de mes cendres.»

La métaphore de la guerre menée aux livres est absolument parfaite. Les images parlent tellement fort qu’on a presque pas besoin de mots.

Sylvie, c’est la femme qui s’accroche à la fillette en elle pour garder toujours et à jamais, intacte un regard vrai et sien sur le monde qui l’entoure. Pur même, c’est rose et noir aussi. C’est le mélange du beau et du laid, avec bien de l’espoir (vert ou turquoise) et du temps. Un beau mélange à gâteau, oui !

Je retournerais avec plaisir entre les pages de cet objet aux couleurs éclatées quand j’ai le goût de pleurer ou de sourire aussi des fois. Et je les partagerais aussi, avec les gens que j’aime pour faire éclater des ballons aux fils longs comme des vies dans leur cœur d’enfant.


Merci à Louba pour les photos ! 

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Lectrice invétérée, Martine est bachelière en études littéraires et la cofondatrice du Fil rouge. Créative et inspirée, elle a l’ambition de faire du Fil rouge un lieu de rassemblement qui incite les lectrices à prendre du temps pour elles par le biais de la lecture. Féministe, elle s’intéresse aux paradoxes entourant les mythes de beauté et la place des femmes en littérature. Elle tentera, avec ses projets pour Le fil rouge, de décomplexer et de dédramatiser le fait d’être une jeune adulte dans une société où tout le monde se doit de paraitre et non d’être. Vivre sa vie simplement et entourée de bouquins, c’est un peu son but. L’authenticité et l’imperfection, voilà ce qui lui plait.

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